Vingt nouveaux policiers adjoints viennent d’achever leur formation à l’école de police de Nouméa. Âgés de 19 à 28 ans, huit femmes et douze hommes composent cette 158e promotion, qui s’apprête désormais à rejoindre les rangs de la police nationale. Focus grâce au reportage de nos partenaires de CALEDONIA.
Durant quatre mois, les élèves ont été formés aux fondamentaux du métier de policier adjoint. Au programme notamment, le cadre juridique, les techniques d’intervention et la gestion des situations auxquelles ils pourront être confrontés sur le terrain.
Pour Kacoco Saihnyie, policier adjoint et major de la 158e promotion, cet engagement répond avant tout à une volonté d’être au contact de la population et d’aider les Calédoniens. Au micro de Caledonia, il souligne également la diversité des missions proposées par l’institution :
« Le métier en lui-même, c’est être sur le terrain, pouvoir aider les gens, la proximité. C’est une institution au sein de laquelle on peut trouver plusieurs métiers, il y a une diversité des missions ».
Pour d’autres, le choix de rejoindre la police nationale est directement lié aux événements vécus en Nouvelle-Calédonie. C’est notamment le cas d’Aude Walewene, 28 ans, dont la décision a été motivée par les émeutes de 2024 : « Juste après les émeutes, j’ai vu mon pays longer dans un chaos, et je ne pouvais pas rester comme ça, inactive, face à la violence gratuite ».
À 23 ans, Sylvie Zeiwe explique pour sa part avoir longtemps eu une image négative de la police, notamment en raison de son enfance dans les quartiers de Rivière Salée. Son engagement est aujourd’hui porté par la volonté de contribuer à faire évoluer cette relation entre la population et les forces de l’ordre : « Au début je ne voulais pas être dans la police, parce que j’ai grandi dans les quartiers de Rivière Salée, et je ne voyais pas la police comme quelque chose de bien, je voyais vraiment l’injustice derrière la police. Pouvoir changer les choses, c’est ça qui me donne envie, c’est pour ça que je veux rester dans la police ».
La sortie de l’école marque une nouvelle étape pour les vingt jeunes recrues. Certains sont déjà lauréats du concours de gardien de la paix et envisagent donc de poursuivre leur parcours au sein de la police nationale. Pour les autres également, cette formation constitue une première étape dans un engagement qu’ils souhaitent inscrire dans la durée.
Frédéric Moeljokario, chef du service territorial au recrutement et à la formation, constate de son côté un intérêt renouvelé de la jeunesse calédonienne pour les métiers de la police : « Aujourd’hui on a cette chance d’avoir un réel attrait de la police de la part de la jeunesse (…) l’intérêt aujourd’hui c’est de pouvoir faire rayonner notre institution dans toute la Calédonie, de Yaté à Poum, en passant par les Îles ».
La relève est déjà en préparation. Vingt nouveaux élèves intégreront la 159e promotion de policiers adjoints à compter du 7 septembre prochain, avec le début d’une nouvelle session de formation à l’école de police de Nouméa.

