Près d’un millier de nouveaux cancers sont diagnostiqués chaque année en Polynésie française, où la maladie demeure la première cause de décès. Présenté lors du dernier conseil des ministres, le rapport 2019-2021 du Registre des cancers confirme la poursuite de la hausse du nombre de cette maladie, portée notamment par le vieillissement de la population. Mais il met aussi en évidence le poids des facteurs de risque évitables, des dépistages encore trop peu suivis et les principaux défis auxquels devra répondre le futur Plan cancer du Pays. Un sujet de notre partenaire Radio 1.
Responsable de plus d’un décès sur quatre en 2019 (27 %), le cancer a été diagnostiqué chez 963 personnes en moyenne chaque année entre 2019 et 2021, soit 481 femmes et 482 hommes. C’est l’un des principaux constats du dernier rapport du Registre des cancers de l’Institut du cancer de Polynésie française (ICPF), présenté la semaine dernière au conseil des ministres.
Une hausse portée par le vieillissement de la population
Le nombre de cancers diagnostiqués poursuit sa progression. Entre les périodes 2015-2019 et 2019-2021, le Registre des cancers enregistre une hausse de 11 % des nouveaux cas. Cette évolution ne signifie pas, à elle seule, que davantage de Polynésiens développent un cancer. Le rapport l’attribue avant tout au vieillissement de la population, à l’amélioration du recensement des cas, au recul d’autres causes de mortalité ainsi qu’à l’évolution des modes de vie. Le gouvernement rappelle que le lien avec les essais nucléaires « reste à établir de façon formelle » et relève du dispositif prévu par la loi Morin.
La répartition des cancers diffère également selon le sexe. Chez les femmes, le cancer du sein demeure de loin le plus fréquent, avec 198 nouveaux cas par an, devant les cancers du corps de l’utérus (44 cas) et du col de l’utérus (16 cas), dont l’incidence demeure supérieure à celle observée dans l’Hexagone. Chez les hommes, le cancer de la prostate arrive en tête avec 139 nouveaux cas annuels, suivi du cancer du poumon (90 cas) et du cancer colorectal (47 cas). Le cancer du poumon demeure la première cause de décès par cancer, devant ceux du sein et de la prostate.
Des facteurs de risque toujours très présents
Plus de la moitié des adultes polynésiens sont concernés par la sédentarité (57,9 %) et par l’obésité (51,1 %). Le tabagisme touche encore près d’un tiers de la population (32,8 %), tandis qu’une personne sur deux ne consomme pas suffisamment de fruits et légumes.
Le rapport met également en lumière les limites du dépistage. Moins de quatre femmes sur dix participent au programme organisé de dépistage du cancer du sein (38,5 %) et 43,2 % des femmes concernées participent au dépistage du cancer du col de l’utérus. Résultat : un cancer du sein sur quatre est encore découvert à un stade avancé, une proportion qui grimpe à près de deux sur trois pour le cancer du col de l’utérus. Le constat est similaire pour le cancer du poumon, diagnostiqué tardivement dans près de deux cas sur trois.
Le futur Plan cancer en ligne de mire
Le rapport doit désormais servir de feuille de route au futur Plan cancer de la Polynésie. Le gouvernement met notamment en avant la prise en charge à 100 % des mammographies dès 45 ans, la poursuite de la vaccination contre le papillomavirus (HPV), l’étude d’un dépistage organisé du cancer colorectal ainsi que le renforcement de la lutte contre le tabagisme, avec la récente loi du Pays encadrant les produits du tabac et du vapotage.


