C’est un dommage collatéral du passage de Lala à Hawaii : les nombreuses coupures d’électricité sur l’archipel américain ont affecté le câble sous-marin numérique Honotua qui, depuis 2010, relie Oahu et Tahiti et fournit à la Polynésie sa première source de haut débit. Des difficultés qui tombent au moment où Manatua, le câble de secours de la Polynésie est en arrêt. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
C’est exactement ce que redoutait le ministre de l’Économie Warren Dexter. Une panne sur Honotua alors que le câble Manatua est lui-même en arrêt. Depuis le 4 août, le câble censé être le « back-up » de la Polynésie française fait face à une « sévère défaillance ».
250 millions de francs sont prévus dans le collectif budgétaire 3, qui doit être étudié en commission de l’assemblée territoriale mercredi, pour l’OPT afin d’assurer les réparations. Le ministre répétait qu’il y avait « urgence » puisque si jamais il y avait un problème sur Honotua, cela laisserait Tahiti coupée du monde.
Une situation dont on s’est dangereusement approché ce lundi matin alors que de grosses perturbations ont fortement ralenti la connexion Internet. Vodafone a alerté ses usagers par SMS dans la nuit que c’était le résultat de la tempête Lala qui a balayé Hawaii ce weekend.
De fortes pluies et des vents violents ont laissé une partie de l’archipel sans électricité, ce qui a également affecté les installations du câble Honotua sur place. « Des améliorations sont constatées depuis ce lundi matin 9 heures, mais la situation reste instable et peut évoluer en fonction des conditions sur place où l’état d’urgence a été déclaré », précise Onati, qui prévient que « des lenteurs ou des perturbations » peuvent encore être observées.
La filiale de l’OPT informe également que « le 7 août 2026, l’ensemble des membres du Consortium Manatua, dont l’OPT, a validé la solution opérationnelle de réparation. Un navire câblier spécialisé a été sollicité pour intervenir dans les meilleurs délais ». Entré en service en 2020, Manatua relie la Polynésie aux Samoa en passant par les îles Cook. Ce câble est lui-même relié au câble Hawaiki, entre les États-Unis, la Nouvelle-Zélande et l’Australie.
Ce sont les représentants de l’assemblée qui doivent maintenant se prononcer sur le collectif 3 qui permettra notamment de financer une partie de ces travaux. En attendant, ces deux incidents sur les câbles internationaux qui assurent les connexions en Polynésie illustrent la nécessité pour le territoire de multiplier les liaisons numériques.
La Polynésie attend notamment l’entrée en service de deux câbles sous-marins financés par le géant Google. Le premier, Bulikula, est prévu pour cette année et doit relier la Polynésie aux Fidji, à Guam, aux Mariannes et à Hawaii. Le second, Humboldt, est attendu pour 2027, et reliera le Chili, la Polynésie et l’Australie.
Lucie Rabreaud pour Radio 1 Tahiti

