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Euro de natation : privé de jambes, le Calédonien Maxime Grousset a musclé le mental
Maxime Grousset lors du Giant Open de Saint-Denis en mars dernier ©KMSP / Philippe MILLEREAU

Gêné par une blessure au pied pendant sa préparation pour les Championnats d'Europe, Maxime Grousset a profité de sa convalescence pour explorer de nouvelles méthodes d'entraînement. « Tout ce que je ne pouvais pas faire sur les jambes, je l'ai fait dans ma tête », explique-t-il.

Alors qu'il était dans une forme optimale, le triple champion du monde a subi un gros coup dur deux mois avant l'Euro en se fracturant un os du pied gauche à l'entraînement. Forfait pour les Championnats de France, il a tout de même été retenu pour la compétition continentale grâce à ses performances de la saison.

Le Calédonien aborde donc les Championnats d'Europe, qui démarrent lundi au Centre aquatique olympique de Saint-Denis, avec peu de repères. « Je n'ai plus de douleurs, je n'ai plus de soucis avec mon pied en lui-même », a-t-il expliqué lors d'un stage des Bleus au début du mois à Vichy. « Après j'ai quand même pris du retard à l'entraînement parce que je ne pouvais pas travailler les jambes. »

Imagerie mentale

Une fois le diagnostic posé, il a fallu digérer la nouvelle, ce que Grousset est parvenu à faire rapidement, a apprécié son entraîneur Michel Chrétien. « Ça a été dur une demi-journée », a-t-il raconté. « Il s'est blessé le matin, ça a été dur l'après-midi et le lendemain, c'était fini. »

Puis le nageur de 27 ans a dû se résoudre à suivre les ordres des médecins qui lui ont interdit de travailler les jambes. « Même s'il a nagé, il n'a pas eu le droit de poser le pied par terre pendant un mois », a poursuivi le technicien. Résultat : « des raideurs au niveau articulaire au niveau de la cheville, une perte musculaire au niveau du mollet et du quadriceps et pas de travail sur les départs. »

Pour aller de l'avant, Grousset a donc mis à profit cette période pour explorer de nouvelles méthodes de préparation. « C'était sympa dans le sens où j'ai fait des choses un peu nouvelles. Je n'ai pas fait les mêmes entraînements que d'habitude. »

« Cela m'a permis de travailler sur l'imagerie mentale : tout ce que je ne pouvais pas faire sur les jambes, je l'ai fait dans ma tête », a-t-il détaillé. A l'aide d'un professionnel présent pour le guider, certains entraînements se sont ainsi transformés en en séance de méditation. « Au début, on fait des respirations. Après, il y a un moment où on essaye de visualiser le vide... C'est compliqué de visualiser le vide ! »

Les émotions, le corps et l'esprit

« Une fois qu'on est assez calme et serein dans sa tête, on passe sur autre chose et on essaie de visualiser la course dans son ensemble, c'est-à-dire dans les émotions, dans son corps, dans son esprit ». Et les bénéfices se sont fait sentir au moment de la reprise. « Finalement, quand j'ai repris, j'ai tout de suite été bien. Je manquais un peu d'explosivité, mais au niveau de la coordination, c'était pas mal », a-t-il apprécié.

A Saint-Denis, Grousset va ainsi défier la concurrence, notamment les références du papillon Kristof Milak et Noé Ponti sans être à 100% de ses moyens physiques. « Au début, je n'avais pas trop envie (de m'aligner face à eux) dans le sens où, si je ne suis pas prêt à le faire, je n'ai pas envie de perdre face à ces mecs-là. Mais dans ma forme actuelle, ça va. »

Inscrit pour le moment sur quatre distances (50 et 100 m nage libre et papillon), Grousset pourrait toutefois ajuster son programme en fonction de ses sensations. « Certes, je n'ai pas fait la meilleure préparation possible. J'arrive en outsider (...) mais je n'enlève pas la possibilité de faire des très bons championnats. »

Avec AFP