La mission de suivi des enjeux relatifs aux conséquences des essais nucléaires créée début janvier, vient d’effectuer son premier déplacement aux îles Gambier, directement touchées par ces essais. Bilan : une dizaine de demandes d’indemnisation lancées. Un reportage de notre partenaire TNTV.
Mangareva est l’une des îles les plus touchées par les conséquences des essais nucléaires. Loin des administrations, il est difficile pour les victimes ou leurs ayants-droit de constituer un dossier de demande d’indemnisation. Depuis plusieurs années, l’association 193 se mobilise pour accompagner ces victimes dans leurs démarches. Mais depuis le début du mois, une mission de 4 agents d’État a été constituée, fruit d’un engagement pris par le président de la République en juillet dernier. Leur objectif : assurer la coordination, la traduction et le suivi des dossiers.
« Cette cellule a été créée suite aux engagements du président de la République pris en juillet dernier, de pouvoir aller vers les gens qui ne connaissent pas les contours de cette loi (Morin, NDLR) ou qui n’ont pas les capacités ou les moyens financiers de faire le dossier. On a aussi ici l’association qui aide à la constitution des dossiers, et on n’est pas là pour faire cette part du boulot, mais pour être en complémentarité avec les différents moyens qui existent aujourd’hui pour faire ce dossier. L’objectif pour nous, c’est que tous les habitants puissent avoir des renseignements concrets et pratiques sur comment monter un dossier et surmonter les difficultés administratives qu’ils pourraient rencontrer » explique Frédéric Sautron, administrateur d’État des Tuamotu-Gambier.
Les agents qui parlent tous le reo Tahiti ont tenu des permanences à la mairie et au centre médical, et organisé une réunion publique pour rencontrer une vingtaine de participants à Taku, de l’autre côté de l’île. Bilan : dix dossiers de demande d’indemnisation ont été ouverts. La date limite du dépôt des dossiers de demande d’indemnisation a été repoussée de trois ans fin 2021. Les ayants-droit ont donc jusqu’au 31 décembre 2024 pour se faire connaître auprès du Civen.
Cette mission n’intervient pas uniquement en faveur des victimes du nucléaire, mais elle prend aussi en charge les dossiers concernant la dépollution et la déconstruction des anciens sites du nucléaire. Elle accompagne également les communes de Gambier, Hao, Reao et Tureia dans leur développement, et participe à la mise en place du centre de mémoire ainsi qu’à la commission d’ouverture des archives nationales prévue début février. Cette mission se positionne en complément des associations, déjà à l’œuvre auprès des victimes du nucléaire.
Laure Philiber pour TNTV.























