Le gouvernement de la Polynésie française renforce sa stratégie de prévention des inondations alors que le phénomène El Niño est désormais installé dans la région, et atteindra son pic en fin d’année. La direction de l’Équipement assure ainsi intensifier son effort de curage des rivières et d’entretien des ouvrages hydrauliques afin d’améliorer l’évacuation des eaux, de limiter les perturbations de circulation et de protéger les habitations. Les particuliers sont appelés à la responsabilité, et à l’entretien de leurs caniveaux, buses et arbres afin de limiter les risques de crues et de dégâts. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
À l’approche de l’épisode El Niño, le Pays met l’accent sur la prévention des inondations. Le phénomène météorologique qui peut entraîner de fortes pluies est désormais « installé » dans le Pacifique équatorial. Les prévisions indiquent un possible pic entre la fin d’année et le début d’année prochaine. Le ministre des Grands travaux, de l’Équipement, chargé des transports terrestres et maritimes et de la décentralisation, Jordy Chan, a présenté dans un communiqué transmis ce vendredi, les mesures engagées pour améliorer l’écoulement des eaux et réduire les risques pour les habitants.
Depuis l’an dernier, la Direction de l’équipement (DEQ) a accru ses opérations de curage des rivières, ainsi que l’entretien des caniveaux et des ouvrages hydrauliques situés le long des routes territoriales. L’objectif est de favoriser l’évacuation des eaux pluviales afin de limiter les coupures de circulation lors d’épisodes de fortes pluies et de garantir l’accès des services de secours. Ces interventions visent également à protéger les habitations situées à proximité des cours d’eau.
Une enveloppe annuelle de 200 millions de Fcfp
En 2025, la DEQ a réalisé 316 curages d’entretien, contre 120 en 2024. À Tahiti, plus d’une centaine de rivières et d’exutoires ont bénéficié de ces travaux, représentant un budget de fonctionnement de 140 millions de Fcfp. « Pour 2026, les efforts sont maintenus avec une fréquence d’intervention et un budget similaires », indique le Pays.
Parallèlement, les capacités d’intervention des équipes de terrain sont renforcées grâce au renouvellement progressif du matériel. Une enveloppe annuelle de 200 millions de francs a été consacrée, en 2025 comme en 2026, à l’acquisition de nouveaux engins de chantier « afin d’assurer l’efficacité des interventions des agents et de les sécuriser sur le terrain ».
Le ministre souligne toutefois que ces investissements ne permettront pas d’éliminer totalement les conséquences d’événements météorologiques « d’une intensité exceptionnelle ». Il rappelle que la prévention repose également sur la participation des particuliers. « Ainsi, il appartient à chacun d’entretenir les buses et caniveaux des servitudes privées afin que le réseau public dans lequel ils se déversent, ne soit pas saturé lors de fortes précipitations », peut-on lire.
Le ministre « appelle à la plus grande vigilance »
Même constat concernant les arbres implantés sur des terrains privés. Leur élagage incombe aux propriétaires, qui doivent également faire évacuer les troncs coupés lorsqu’ils se trouvent à proximité des rivières. En cas d’abandon, ces derniers peuvent former des embâcles sous les ponts, entraver l’écoulement de l’eau et provoquer des débordements, à l’origine de dégâts matériels parfois importants.
Jordy Chan « appelle à la plus grande vigilance et à l’implication de chacun afin de réduire les dommages matériels liés aux crues, et particulièrement pour l’épisode d’El Niño annoncé pour les prochains mois ».
Alexandra Perrini pour Radio 1 Tahiti

