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Emploi en Nouvelle-Calédonie : après un repli historique, l’intérim affiche des « premiers signaux de reprise »
Archives LNC/Niko Vincent

En 2025, près de 300 entreprises calédoniennes ont fait appel à de l’intérim au bénéfice de 1 860 travailleurs. Si on est encore très loin des niveaux d’avant crise, « l’année 2025 laisse entrevoir un début de redressement », indique l’Isee. Un sujet de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.

L’intérim calédonien ne s’est jamais vraiment remis de la crise consécutive aux émeutes de mai-juin 2024. C’est ce que révèle une note de synthèse publiée par l’Institut des statistiques et des études économiques (Isee) vendredi 3 juillet.

Les chiffres sont éloquents : en 2025, deux fois moins d’entreprises ont eu recours à l’intérim par rapport à 2023 (288 contre 540). Cela représente 4 % des entreprises calédoniennes, contre 9 % deux ans plus tôt. Même repli concernant le nombre de missions, passé de 14 263 en 2023 à 7 897 en 2025.

« Depuis les exactions de mai 2024, le contexte économique incertain a conduit les entreprises à limiter leur recours à l’intérim », analyse l’Isee. Ainsi, il ne représente plus que 2,5 % de l’emploi salarié, contre 4,2 % en 2023.

La baisse du nombre d’intérimaires, déjà très marquée en 2024 (- 30,5 %) s’est poursuivie en 2025 (- 21,5 %). Ils ne sont désormais plus que 1 860 travailleurs à avoir exercé au moins une mission d’intérim en 2025, une perte de plus 1 500 personnes en deux ans. Cette chute touche l’ensemble des secteurs d’activité. 

« Entre 2023 et 2025, les effectifs ont été divisés par deux dans le commerce, l’industrie et les services, tandis que la construction, qui figurait parmi les plus gros employeurs d’intérimaires en 2023 derrière l’industrie, enregistre une chute encore plus marquée avec des effectifs divisés par trois », écrit l’Isee.

Des signaux encourageants

Malgré ces données inquiétantes, quelques indicateurs laissent espérer une reprise imminente. L’année 2025 s’est en effet achevée sur des signaux plutôt encourageants, fait remarquer l’Isee. « Entre le premier et le quatrième trimestre, le nombre d’intérimaires a augmenté de 14,9 %, le nombre de missions de 36,9 %, le nombre d’entreprises utilisatrices de 24,8 % et le volume d’heures travaillées de 32,2 % ». 

D’autre part, le nombre d’heures travaillées par les intérimaires a progressé de 30,9 % sur la même période, portant l’emploi intérimaire à 229 équivalents temps plein (ETP), tandis que le nombre de missions proposées affiche « une légère hausse de 1,8 % par rapport à 2024 ». Ainsi selon l’Isee, « l’intérim reste convalescent, mais les premiers signaux de reprise commencent à se dessiner ».

Les intérimaires, des travailleurs jeunes et majoritairement masculins

Dans sa note, l'Isee s'arrête également sur le profil des intérimaires. Premier enseignement : « trois intérimaires sur quatre sont des hommes », révèle l'institut. Ainsi « en 2025, les hommes réalisent près de 80 % des 7 900 missions proposées au cours de l'année ».

Une tendance qui s'explique notamment par la concentration des missions d'intérim dans l'industrie et le BTP, deux secteurs où les hommes sont surreprésentés. A l'inverse, les 1 540 missions d'intérim effectuées par des femmes en 2025 se concentrent à 86 % dans le commerce et le service. 

D'autre part, « 43 % des intérimaires ont moins de 30 ans », et l'âge moyen est de 33 ans, contre 40 ans chez les salariés. Enfin, les intérimaires en Nouvelle-Calédonie présentent une mobilité professionnelle et géographique limitée : ils interviennent souvent pour un seul employeur et « exercent leurs missions dans un seul secteur d'activité, généralement au sein d'une même commune ».

Baptiste Gouret pour Les Nouvelles Calédoniennes