Air Tahiti Nui a programmé à 2027 l’installation d’un Wifi via Starlink dans ses quatre Boeing 787, ainsi qu’un « rétrofit » complet des cabines entre fin 2028 et mi-2029. Les classes éco et premium devraient y gagner, entre autres, de nouveaux sièges, plus confortables, et des systèmes de divertissement plus modernes. La classe business sera, elle, réorganisée pour monter en gamme et gagner 4 sièges par avion. Des plans pas encore chiffrés, mais qui permettent de se donner du temps de réflexion sur le renouvellement de la flotte, repoussé à 2035 ou 2036. Détails de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
Évoquée depuis déjà plusieurs années, la remise à neuf des cabines des quatre Dreamliners d’Air Tahiti Nui a été validée lundi 29 juin en conseil d’administration de la compagnie. « À l’unanimité des administrateurs, publics comme privés », précise Lionel Guérin, nommé directeur général en février.
Pour l’ancien dirigeant du groupe Air France, les cabines d’origine des appareils mis en service entre 2018 et 2019 ne seront bientôt plus adaptées au marché et surtout aux ambitions de reconquête d’Air Tahiti Nui (ATN). Des contacts avec Boeing, ces derniers mois, ont permis d’envisager un début de ces importants travaux, qui prennent généralement deux à trois semaines par avion, à la fin 2028, l’objectif étant d’avoir une flotte entièrement « retrofitée » pour la haute saison 2029.
« Initialement, les études donnaient 2031 pour le début du rétrofit, on les a rencontré, et on a réussi à programmer ça avant », note Lionel Guérin qui parle d’une « étape importante pour la compagnie ».
« On s’occupe de tout le monde »
Le directeur général, qui rappelle que fin 2028 correspond aussi aux 30 ans d’ATN, annonce déjà une modernisation générale du système de divertissement en vol, écrans compris, et surtout de nouveaux sièges au confort « nettement amélioré » pour les classes Moana Economy et Manava Premium.
La classe Poerava Business aura aussi le droit à une montée en gamme générale, mais avec en prime une réorganisation des sièges en « 1 – 2 – 1 » – contre « 2-2-2 » actuellement – qui doit permettre, avec des orientations améliorées, de rajouter 4 sièges business par avion, sans perdre de place pour les autres classes.
« On s’occupe de tout le monde », confirme Lionel Guérin, qui explique au passage que la compagnie a fait en sorte d’être plus compétitive, ces derniers mois, sur les tarifs de sa classe éco, avec déjà une bonne « réponse des passagers ». Les intérieurs doivent être aussi repensés, dans le respect de « l’identité de la compagnie », et même en insistant sur « l’immersion polynésienne qui fait la force d’Air Tahiti Nui ».
Les détails de ce « retrofit », annoncé en interne ce jeudi et sur lequel a été missionné un groupe de travail rassemblant du personnel dans plusieurs domaines d’expertise, doivent être arrêtés d’ici le mois d’août. Côté finances, l’enveloppe dédiée au projet n’est pas révélée à ce stade : un chiffrage précis, assorti d’un plan de financement doit être présenté en conseil d’administration avant la fin septembre.
Pas de renouvellement de la flotte avant « 2035 – 2036 »
Ce grand chantier va permettre de donner de l’air à un autre : le renouvellement de la flotte, qui fait l’objet de réflexions depuis l’arrivée, début 2025, du président du conseil d’administration Hiro Arbelot, et la nomination de Lionel Guérin, d’abord comme administrateur, puis comme directeur général.
« Nous avions imaginé remplacer les avions en 2032. C’était un peu short par rapport à l’âge des avions », précise Lionel Guérin. « On peut les pousser avec facilité jusqu’à 2035 – 2036 », dates auxquelles la flotte de Dreamliners aura entre 16 et 18 ans. Pas question pour autant d’oublier la réflexion : vu les délais de commandes, des choix devront être faits aux environs de « 2029 -2030 ».
La direction d’Air Tahiti Nui s’était montrée intéressée, ces derniers mois, par des Airbus A350, très demandés dans le monde pour sa fiabilité et ses larges capacités en passagers, particulièrement adaptées pour les lignes Tahiti - États-Unis - Paris. L’idée n’est pas oubliée, d’autres options restent sur la table, mais le nouveau calendrier va permettre de prendre des décisions « moins précipitées », précise le directeur général.
L’évolution de l’activité de la compagnie, si elle est à hauteur des ambitions du dirigeant, qui veut reconquérir « aux moins 50% » du marché de la desserte de Tahiti, et qui réfléchit à l’ouverture d’une deuxième destination américaine pour remplacer Seattle, pourrait quoiqu’il arrive pousser ATN à se doter d’un cinquième avion avant ce terme.
Starlink à bord
Avant cette remise à neuf des cabines, les passagers pourront profiter, courant 2027 d’une nouveauté attendue : le wifi à bord. Le conseil d’administration a validé, là aussi, un recours à l’internet par satellite de Starlink, dont l’utilisation au sol en Polynésie est au centre d’importants débats, mais qui équipe déjà de nombreuses compagnies dans le monde, dont Air France.
« C’est une nécessité. Ce qui était demandé par nos clients, c’est une Wifi rapide, accessible, et gratuite. Et on voit bien que Starlink est le premier de loin dans le monde et a été adopté par tous nos concurrents. Panasonic fonctionnait, mais pas suffisamment par rapport à Starlink », explique Lionel Guérin.
Charlie René pour Radio 1 Tahiti

