"Il faut se bouger". Le Premier ministre Sébastien Lecornu a souhaité jeudi, en entamant sa deuxième journée à Mayotte consacrée à la reconstruction de l'archipel après le cyclone Chido, "créer un choc de mises en chantier".
«Il faut se bouger, il ne faut pas forcément bavasser tout le temps, il faut travailler» pour avoir «d'autres gymnases comme ça», a affirmé le Premier ministre aux côtés du maire de Mamoudzou, Ambdilwahedou Soumaïla, lors de la visite d'une salle de sport flambant neuve.
Après le passage du cyclone Chido sur Mayotte en décembre 2024, qui a fait au moins 40 morts et détruit de nombreuses habitations, une loi de programmation a été votée en août 2025 mais beaucoup de projets peinent à voir le jour.
Ce «choc» de reconstruction concernera aussi la relation financière entre l'Etat et les collectivités, selon M. Lecornu. Mais si l'Etat délègue «différemment, il faut que vous (les maires), derrière, soyez capables de vite délivrer les permis».
Sébastien Lecornu a également souhaité «industrialiser» la conception des bâtiments en prenant le même modèle de collège par exemple. «Si chacun veut son prix d'architecture, c'est plus cher et c'est 10 ans de plus. Si on prend un bon standard de construction, y compris sur les sujets environnementaux et énergétiques, et de résilience aux catastrophes climatiques, il faut industrialiser», a-t-il soutenu.
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Il a ensuite déambulé dans une allée déserte avant de rencontrer des écoliers, qui ont déjà effectué leur rentrée lundi.
Sa visite sur l'archipel a démarré dans un climat des tensions, sur fond de campagne présidentielle, avec une manifestation à l'issue de laquelle un syndicaliste a été mis en garde à vue, tandis que la députée Liot (indépendante) Estelle Youssouffa a laissé éclater mercredi sa colère contre la "com'" du gouvernement.
Jeudi, le Premier ministre a répondu vertement sur le réseau X à Mathilde Panot, cheffe de file des députés Insoumis, qui l'accusait de vouloir "jeter des gens à la mer" en proposant de "militariser" la lutte contre l'immigration clandestine, autre gros enjeu pour le département ultramarin.
"Laisser entendre que le rôle de nos armées serait de +jeter des gens à la mer+ est une infamie", a-t-il écrit.
Le Premier ministre s'était attaqué à son arrivée à la lutte contre l'immigration irrégulière, venue majoritairement des Comores voisines mais plus récemment également des pays des Grands Lacs.
Il a notamment annoncé que la France conditionnerait l'aide publique au développement pour les Comores et plusieurs pays africains (Burundi, Tanzanie, République démocratique du Congo, Rwanda, Somalie et Kenya) à une meilleure collaboration "dans la lutte contre les passeurs" et "la capacité de reprendre les étrangers en situation irrégulière".
Entouré de six ministres dont ceux de la Défense et de l'Intérieur, Sébastien Lecornu entend aussi engager une "militarisation" de la lutte contre l'immigration irrégulière, avec un recours aux drones et à des ballons captifs pour surveiller les approches, et davantage de navires intercepteurs.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez a visité jeudi le camp de Tsoundzou 2, où vivent dans une grande précarité entre 1.500 et 2.000 demandeurs d'asile, en provenance des pays africains des Grands Lacs.
Si le camp est démantelé, comme le réclament les élus mahorais, "ils se remettront ailleurs", a affirmé M. Nunez à la sortie du camp, en rappelant la volonté du gouvernement de réenclencher "des procédures de reconduites" avec les pays d'origine qui devront être "plus conciliants".
Sur l'eau, autre dossier prégnant à Mayotte, où les familles subissent régulièrement des coupures, Sébastien Lecornu a promis un plafonnement des prix des bouteilles.
Avec AFP

