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Mayotte : L’hôpital de Mamoudzou, asphyxié par la crise, tourne avec de 50% de son personnel bloqué par les barrages
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La crise à Mayotte paralyse l'hôpital de Mamoudzou, entraînant des difficultés dans la continuité des soins et implique des retards médicaux qui ne seront pas sans conséquences pour les patients. Détails avec notre partenaire France-Mayotte Matin.

 

 La situation à l'hôpital de Mamoudzou est particulièrement difficile. Le Centre Hospitalier de Mayotte (CHM) fonctionne avec seulement 40% de son effectif, moins d'un agent sur 2 parvient à rejoindre son poste le matin. Les aides soignants, les ASH, et les techniciens rencontrent d'importantes difficultés. Par exemple, hier matin, aucun agent de stérilisation n'a pu traverser les barrages, empêchant la stérilisation du matériel de bloc. À court terme, les blocs opératoires risquent de fermer. 

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Actuellement, seuls les médecins et les infirmières parviennent à passer les barrages. Cependant, cette situation pose problème, car le bon fonctionnement de l'hôpital repose sur le travail d'équipe et la mobilisation de nombreuses compétences autour du patient. Les centres médicaux de référence, notamment la maternité de Mramadoudou et de Dzoumogné, restent fermés, impactant les accouchements qui sont possibles à Kahani et Mamoudzou. 

Le personnel hospitalier se concentre sur les urgences et les hospitalisations, mais la nuit, les ambulances du SAMU ont du mal à traverser les barrages, compliquant la continuité des soins. Les patients nécessitant une évacuation vers le Centre Hospitalier de Mayotte doivent attendre le matin pour que l'hélicoptère soit disponible, affectant la situation médicale des patients. Le CHM s'adapte autant que possible à la situation, tout comme le personnel qui fait preuve d'une grande résilience. Par exemple, le service 115 fonctionne avec seulement 4 personnes au téléphone 24 heures sur 24 depuis le début des barrages, ce qui représente pour ces personnels une implication hors norme. 

Le CHM a mis à disposition des personnels éloignés des prises en charge pour qu'ils puissent dormir à Mamoudzou. Les élèves infirmières peuvent également être hébergés sur place pour assurer la continuité de leur enseignement. Dans des conditions particulièrement difficiles, tout le monde s'adapte, mais la durée de cette situation reste une grande incertitude. Combien de temps le fragile équilibre pourra-t-il durer ? 

Par Anne-Constance Onghéna pour France-Mayotte Matin