À l'occasion de ses 30 ans, la Mission Locale de Mayotte a réuni élus, institutions et partenaires pour restituer plusieurs mois de réflexion sur l'avenir de la jeunesse. Un anniversaire qui rappelle le rôle essentiel de cette structure dans un territoire où les besoins en formation, emploi et accompagnement restent considérables. Précisions avec notre partenaire France-Mayotte Matin.
Trente ans d'existence, mais surtout trente ans d'accompagnement de milliers de jeunes. La Mission Locale de Mayotte a officiellement lancé les célébrations de son anniversaire à l'occasion d'un séminaire de restitution réunissant élus, institutions, partenaires et professionnels de l'insertion.
Une journée destinée à partager les travaux conduits depuis plusieurs mois autour d'une question centrale : comment reconstruire Mayotte en donnant toute leur place aux jeunes ?
Depuis l'automne dernier, la Mission Locale a organisé plusieurs ateliers de réflexion associant les principaux acteurs du territoire. Les propositions issues de ces échanges ont été présentées devant un public composé notamment de représentants de la DEETS, de France Travail, de la DAFPI, du Carif-Oref ainsi que de nombreux élus locaux. Pour Nadia Djoumoi, directrice générale de la Mission Locale de Mayotte, cette mobilisation illustre l'intérêt croissant porté aux enjeux d'insertion de la jeunesse mahoraise.
Créées au début des an- nées 1980, les Missions Locales ont pour vocation d'accompagner les jeunes de 16 à 25 ans vers l'emploi, la formation, l'alternance ou encore la création d'activité. Leur intervention dépasse largement la seule recherche d'un travail. Elles proposent un accompagnement global prenant en compte les difficultés de logement, de mobilité, de santé, d'accès aux droits ou encore les freins sociaux qui empêchent une insertion durable.
À Mayotte, cette mission revêt une importance particulière. Le département est le plus jeune de France, avec une popula- tion dont près de la moitié a moins de 18 ans. Le chômage des jeunes y demeure très élevé, tandis que les difficultés d'accès à la qualification, à l'emploi, aux transports ou au logement compliquent encore davantage les parcours. Dans ce contexte, chaque jeune accompagné représente une chance supplémentaire d'éviter le décrochage et de construire un avenir pro- fessionnel.
Si la Mission Locale a accompagné plusieurs gé- nérations de Mahorais depuis sa création, les défis qui l'attendent sont sans doute encore plus importants que ceux des trois dernières décennies. Reconstruction du territoire après le cyclone, développement économique, besoins massifs en compétences et montée en qualification des jeunes placent désormais l'insertion au cœur des politiques publiques.
Les trente ans de la Mission Locale apparaissent ainsi moins comme l'aboutissement d'un parcours que comme le point de départ d'une nouvelle étape. Une étape où la jeunesse mahoraise devra plus que jamais être consi- dérée comme une richesse à accompagner plutôt qu'un défi à gérer.
Par France-Mayotte Matin.

