Mayotte : Ben Issa Ousséni rappelle l'urgence d'une transition claire au Port de Longoni

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Mayotte : Ben Issa Ousséni rappelle l'urgence d'une transition claire au Port de Longoni

À moins de 9 mois de la fin de la délégation de service public du port de Mayotte, fixée à septembre 2026 par une décision de justice, les inquiétudes demeurent vives. Interrogé dans la Matinale de notre partenaire l'Info Kwezi sur la stratégie à venir, le président du Conseil départemental, Ousseni Ben Issa, assure qu’une gestion provisoire sera mise en place, dans l’attente d’une décision de l’État sur l’avenir du port. 

L’avenir du port de Mayotte reste suspendu à une série de décisions majeures, à commencer par celle de l’État sur une éventuelle transformation en grand port maritime. Une question structurante, inscrite dans la loi Mayotte, mais qui, à ce stade, n’a pas encore trouvé de réponse définitive. « La décision de transformation ou non du port ne dépend pas du Conseil départemental, mais de l’État », a rappelé Ousseni Ben Issa, précisant qu’une évaluation est en cours et que le territoire attend toujours les conclusions officielles. Dans l’intervalle, une certitude s’impose : la délégation de service public actuelle prendra fin en septembre 2026, conformément à une décision de justice. À cette échéance, une nouvelle organisation devra impérativement être opérationnelle. « Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura du changement au port à partir de septembre 2026 », affirme le président du Conseil départemental, soucieux de rassurer élus, acteurs économiques et population. 

L’enjeu est de taille. À Mayotte, près de 95 % des marchandises consommées transitent par le port de Longoni. Les pénuries constatées par le passé ont rappelé à quel point toute rupture de gestion aurait des conséquences immédiates sur la vie quotidienne. Conscient de ces risques, Ousseni Ben Issa assure qu’« il n’y aura pas de rupture de travail » et qu’une gestion provisoire est en cours de préparation. Le directeur général des services du Départe- ment travaille déjà sur plusieurs scénarios, en lien avec les services de l’État, afin d’aboutir à une position claire d’ici la fin février ou le début du mois de mars, a expliqué le président Ben Issa Ousséni. 

Reste la question sensible de la durée de cette phase transitoire. Trop courte, elle limiterait la capacité d’action. Trop longue, elle pourrait freiner les investissements indispensables alors que le port atteint aujourd’hui ses limites de capacité. « Tout dépendra de la durée de cette transition », souligne le président, rappelant que tout opérateur appelé à gérer le port devra pouvoir rentabiliser les investissements engagés. Sur le plan juridique, la prudence est de mise. Le Département a engagé un travail avec ses avocats pour préparer la sortie de la DSP actuelle, en tenant compte des investissements réalisés, des biens de retour et de nonretour, afin de parvenir à un accord conforme au droit et à la décision de justice, qui sera strictement respectée en septembre 2026. Le président s’est montré ferme et clair sur ce point. 

Selon une source proche du dossier, une piste sérieuse serait actuellement étudiée : la création d’une société publique locale ou d’une structure publique dédiée, placée sous l’égide du Conseil départemental de Mayotte, pour assurer la gestion de cette phase de transition. La Chambre de commerce et d’industrie de Mayotte ainsi que l’Union Maritime de Mayotte pourraient être associées à cette gouvernance transitoire, afin de sécuriser l’approvisionne- ment et de rassurer les opérateurs économiques.

Par France-Mayotte Matin