La Guyanaise Alice Mathieu-Dubois, première femme noire médecin, figurera parmi les 72 femmes scientifiques inscrites sur la Tour Eiffel

La Guyanaise Alice Mathieu-Dubois, première femme noire médecin, figurera parmi les 72 femmes scientifiques inscrites sur la Tour Eiffel

Alice Sollier, connue aussi sous le nom d’Alice Mathieu-Dubois, figure parmi les 72 femmes de science, dont les noms seront inscrits au frontispice de la Tour Eiffel, le monument le plus célèbre de France. Une reconnaissance pour celle qui a été la première femme noire médecin et la première femme à diriger des établissements de santé, mais victime, à l’instar de ses consœurs scientifiques, de la minimisation voire du déni de la contribution à la recherche des femmes scientifiques.

Portée par le Comité « Femmes et Sciences », l’inscription du nom de 72 femmes scientifiques sur la structure de la Tour Eiffel, le plus célèbre monument de France, va devenir réalité. Un projet initié en 2025 par la ville de Paris qui vise à rendre hommage aux contributions des femmes dans le domaine scientifique.

« Réparer linvisibilisation volontaire des femmes dans le domaine scientifique », pour reprendre les termes de la maire de Paris, Anne Hidalgo. Un juste retour des choses quand on sait qu’il y a 130 ans, Gustave Eiffel, le père de la Tour éponyme, avait fait graver au premier étage la Dame de Fer 72 noms masculins scientifiques parmi les plus connus de France, oubliant, volontairement ou pas, l’apport des femmes à la science. 

Désormais, 72 noms de femmes scientifiques vont les rejoindre et seront apposés au niveau du premier étage du célèbre monument avec une typologie identique à celle des noms masculins. Les noms des femmes choisies ont été dévoilés ce début de semaine. 

Alice Mathieu –Dubois doublement victime de « l’effet Matilda »

Parmi ces oubliées de la science qui vont être réhabilitées, un nom retient notre attention, celui d’Alice Sollier, connue aussi sous le nom d’Alice Mathieu-Dubois, guyanaise par son père, première femme noire médecin et première femme à diriger des établissements de santé, dans le domaine des affections nerveuses et des toxicomanies.

De par son parcours remarquable, Alice Mathieu-Dubois est à bien des égards une femme méritante qui a doublement été victime de « l’effet Matilda », c’est-à-dire de la minimisation voire du déni de la contribution à la recherche des femmes scientifiques, théorisée par l’historienne des sciences américaine, Margareth Rossiter en hommage à son compatriote, l’essayiste et militante féministe, Joslyn Gage. 

Une démarche à valeur d’exemple 

Car non seulement Alice Mathieu-Dubois a été invisibilisée par ses pairs qui n’ont jamais accepté qu’une femme, qui plus est métisse, devienne médecin, mais également par son propre mari, Paul Sollier, dont elle a été la fidèle collaboratrice sans jamais être associée aux publications de ce dernier, pourtant devenues célèbres, et bien qu’ayant dirigé avec lui et sans lui deux établissements renommés. 

Ce projet qui permet que la pensée intellectuelle des femmes, dont celle d’Alice Mathieu-Dubois, pionnière en matière des responsabilités institutionnelles dans des établissements de santé, ne soit plus dévalorisée ou accaparée, va voir le jour en 2027. 

Il faut espérer que cette démarche puisse servir d’inspiration et d’exemple pour des générations entières de scientifiques et que la contribution à la science des femmes ne soit plus jamais minorée ou ignorée.

La liste complète ici

E.B.