Nouvelle-Calédonie : Paul Néaoutyine, président de la province Nord, prend ses distances avec Bougival et Élysée-Oudinot

©Anthony Tejero / Les Nouvelles Calédoniennes

Nouvelle-Calédonie : Paul Néaoutyine, président de la province Nord, prend ses distances avec Bougival et Élysée-Oudinot

Lors de l’assemblée de la province Nord du 28 janvier, le président et chef du Palika, Paul Néaoutyine, a publiquement affirmé qu’il ne voyait « pas de continuité » entre l’Accord de Nouméa et les accords récents, pourtant signés par l’UNI dont son parti est membre. Un sujet de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.

Sa parole publique est rare, et à la tribune de l’assemblée de la province Nord, le mercredi 28 janvier, Paul Néaoutyine a choisi ses mots. « Je ne suis pas près d’avaler qu'on parle de continuité, alors qu’il n’y en a pas », a déclaré le président de l’institution et chef du Palika, en référence aux accords de Bougival et d’Élysée-Oudinot. « Il n’y a pas beaucoup de continuité entre l’Accord de Nouméa et ces textes », a-t-il insisté.

Ces accords ont pourtant été signés par des représentants de l’Union nationale pour l’Indépendance (UNI), coalition à laquelle appartient le Palika. Le président du Nord ne conteste pas cette légitimité. « Nos représentants ont pris leurs responsabilités, moi j’ai pris les miennes à l’époque », a précisé le signataire de l'accord de Nouméa. Une déclaration qui traduit une vision politique bien différente de celle affichée par l’Uni.

Fédéralisme et fiscalité

Le président de la province critique sans détour l’orientation institutionnelle ébauchée dans le projet d’accord signé à Paris. Il évoque notamment « le fédéralisme préconisé à Bougival » et s’interroge sur ses conséquences. « La fiscalité va être déclinée, ce ne sera plus la fiscalité de la Nouvelle-Calédonie », craint-il. À l’inverse, il réaffirme ses « fondamentaux » : « le rééquilibrage » et « l’unicité du pays ». Même inquiétude concernant la « doctrine nickel » et le rôle des provinces.

« C’est la première fois que je me permets de parler du contexte institutionnel », a-t-il ajouté, rappelant qu’il s’est tenu à l’écart des discussions après que le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, aurait évoqué la possibilité de « contourner légalement » le président de la province Nord. « Je m’y tiens », ajoute-t-il.

Le Palika en assemblée générale ce samedi

Dans son intervention, Paul Néaoutyine est également revenu à l’esprit de l’Accord de Nouméa. « Il n’y avait pas que deux options », rappelle-t-il, évoquant l’idée d’un « destin commun décolonisé » et soulignant que la lecture binaire du débat institutionnel actuel ne correspond pas, selon lui, à l’architecture initiale.

Sans remettre en cause la signature de l’UNI, le président de la province Nord semble cependant prendre ses distances avec cette ligne politique. « Chacun a le droit à son libre arbitre », précise-t-il. Une déclaration qui sera, à n'en pas douter, évoquée ce samedi 31 janvier du côté de la tribu de Tchambouène, à Pouébo, où le Palika est réuni en assemblée générale.

Julien Mazzoni pour Les Nouvelles Calédoniennes