Dans un communiqué publié ce mardi 18 août, la présidente de la Région Réunion Huguette Bello dénonce la réduction drastique de la Ligne Budgétaire Unique consacrée au logement social dans l'île. Malgré un premier réajustement obtenu après mobilisation, le compte n'y est pas.
La situation du logement à La Réunion est connue et s'aggrave : plus de 50 000 ménages attendent un logement, 150 000 personnes souffrent du mal-logement, et seulement 1 739 logements sociaux ont été livrés en 2024. À cela s'ajoute l'arrêt du dispositif des Logements Évolutifs Sociaux (LES), sans solution alternative proposée.
C'est dans ce contexte que la Région dénonce la trajectoire de la Ligne Budgétaire Unique (LBU), le principal outil de financement de l'État pour le logement social en outre-mer. Dotée de 85,65 millions d'euros en 2024 puis de 78,5 millions en 2025, elle devait être ramenée à 27 millions d'euros pour 2026, soit une coupe de près de 70 %.
Une mobilisation qui a obtenu un premier geste, insuffisant
Face à cette annonce, les acteurs du logement réunionnais se sont mobilisés : manifestation du 20 mai 2026, courrier au Premier ministre, motion co-signée par l'ensemble des acteurs déposée à la préfecture le 24 juin. La ministre des Outre-mer a indiqué travailler à une réévaluation.
Un premier complément de 16,4 millions d'euros aurait été obtenu pour La Réunion, portant la LBU 2026 à 43,5 millions d'euros. La Région reconnaît une « avancée », mais maintient que cela reste insuffisant : c'est près de la moitié du montant de 2024, et une baisse de 45 % par rapport à 2025.
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« Aucun acteur local ne pourra compenser »
Cette semaine, l'État organise une réunion avec l'ensemble des parties prenantes. La Région « salue cette initiative », mais prévient : elle ne peut « masquer le problème grave et urgent » que constitue la baisse de la LBU. Les ajustements possibles au niveau local « ne peuvent se déployer que dans un temps long ».
Le communiqué insiste sur la spécificité réunionnaise : 75 % de la population est éligible au logement social, 85 % des demandeurs au logement très social. « Aucun acteur local, aussi engagé soit-il, ne pourra compenser un désengagement significatif de l'État », écrit Huguette Bello.
La Région renvoie aux propositions du rapport parlementaire de Karine Lebon et François Jolivet comme feuille de route à suivre.
Ce que la Région engage de son côté
Sur ses propres compétences, la Région indique intervenir via plusieurs leviers : la révision du Schéma d'Aménagement régional, qui intègre un objectif de 170 000 logements à construire d'ici 2050 ; le FRAFU pour financer la viabilisation des terrains ; la gouvernance régionale de l'aménagement ; le label GIEP pour la gestion des eaux pluviales dans les opérations de construction ; les financements FEDER pour la rénovation énergétique des logements sociaux ; et 10 millions d'euros complémentaires mobilisés sur le POE FEDER pour des opérations identifiées avec les bailleurs.
« La capacité de résilience et d'adaptation ne signifie pas renoncement », conclut la présidente. « La mobilisation doit se poursuivre pour obtenir de l'État le renforcement de la LBU. C'est un impératif de justice sociale et de responsabilité nationale. »

