Le président du Département de La Réunion a été reçu par le Premier ministre puis la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, pour évoquer les sujets de la mobilité, du logement, de l’autonomie et du handicap.
Des rendez-vous qui ont succédé aux 80 ans de la Départementalisation célébrés lundi au Ministère des Outre-mer. Lors de son entretien à Matignon, le Président du Département a d’abord plaidé pour une exonération de la Taxe de Solidarité sur les Billets d’Avion (TSBA) dont l’augmentation récente alourdit considérablement le coût des déplacements entre les Outre-mer -dont La Réunion- et l’Hexagone.
« À cette occasion, il a remis un courrier au Chef du Gouvernement afin de solliciter une prise en compte des territoires ultramarins. Rappelant que l’avion constitue le seul moyen de transport permettant aux Réunionnais de rejoindre le territoire national » indique un communiqué du Département. « L’avion n’est pas un luxe à La Réunion. C’est notre route nationale. Toute hausse du prix des billets pèse directement sur les familles, les étudiants, les salariés et l’économie de notre territoire », a souligné Cyrille Melchior.
Le Président du Département a également défendu le principe d’une continuité territoriale pleinement adaptée aux réalités des Outre-mer : « l'augmentation de la TSBA apparaît en contradiction avec la politique publique de la mobilité. La lutte contre la vie chère passe aussi par la maîtrise du coût de cette mobilité ».
Cyrille Melchior a également abordé avec le chef du Gouvernement, plusieurs autres sujets prioritaires pour le territoire, dont la préservation des financements de la Ligne budgétaire unique (LBU), essentielle à la politique du logement social à La Réunion. Il a alerté sur la nécessité de sécuriser durablement ces crédits dans un contexte de fortes tensions budgétaires.
Au cours de sa rencontre avec Camille Galliard-Minier, Cyrille Melchior a attiré l’attention du gouvernement sur les défis auxquels La Réunion est confrontée en matière de vieillissement de la population et d’accompagnement des personnes en situation de handicap.
« La Réunion supporte aujourd’hui l’un des restes à charge les plus élevés de France pour le financement des politiques de l’autonomie », alerte-t-il. « Malgré les dispositifs de compensation existants, les dépenses liées à l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et à la Prestation de compensation du handicap (PCH) continuent de progresser fortement, la PCH enregistrant à elle seule une hausse d’environ 20 % par an ».
Dans ce contexte, le Département demande une meilleure prise en compte des réalités ultramarines dans les mécanismes de financement de la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), ainsi qu'un renforcement du coefficient géographique appliqué à La Réunion.
À l’issue de ces échanges, Cyrille Melchior a rappelé que les enjeux portés par le Département appellent des décisions rapides et adaptées aux réalités ultramarines. Il restera pleinement mobilisé afin que les attentes de la population en matière de mobilité, d’autonomie, de logement, de pouvoir d’achat et de solidarité trouvent une traduction concrète dans les politiques publiques nationales.

