Une récente étude des Comptes Économiques Rapides pour l’Outre-mer (Cerom) observe une conjoncture légèrement meilleure à La Réunion en 2025 par rapport à l’année précédente. Produit intérieur brut en hausse, diminution de l’inflation, augmentation de la consommation des ménages et de l’emploi salarié, exportations de biens et de services favorables. Seules ombres au tableau, la baisse des exportations de marchandises et une progression des importations.
En 2025 à La Réunion, l’activité économique connaît un léger embellissement. Le produit intérieur brut (PIB) est en hausse de 1,1% en euros, contre +0,5% en 2024. La croissance est même plus importante qu’au niveau national (+0,8%). Le PIB par habitant s’élève à 28 300 euros en 2025, en progression de 2% sur un an. Comme en 2024, les principaux facteurs de la croissance sont les dépenses des administrations publiques (à hauteur de 1,1 point de l’augmentation du PIB), la consommation des ménages (0,8 points), et dans une moindre mesure, l’investissement (+0,3 point). Le commerce extérieur obère cependant la conjoncture économique (-0,9 point).

Sur le plan de l’inflation, les prix à la consommation diminuent par rapport à 2024 (+2,8%) pour s’établir à 1,4% en moyenne annuelle. L’augmentation des prix des services représente la cause essentielle de l’inflation annuelle en 2025. Leurs prix sont en hausse de 3,2% en moyenne sur l’année (+3,1% en 2024). « En revanche, la croissance des prix de l’alimentation ralentit nettement (+2,1% après +5,4% en 2024). Les prix des produits manufacturés décélèrent de nouveau et se stabilisent en 2025 (+0,1% après +0,5% en 2024). Pour la première fois depuis quatre ans, les prix de l’énergie diminuent (-7,6% après avoir augmenté de 4% en 2024), sous l’effet conjugué d’une baisse des prix des produits pétroliers et des tarifs de l’électricité », constate le Cerom.
En 2025, la consommation des ménages progresse mais plus modérément que l’année 2024 (+1,2% en volume après +1,5%). La masse salariale globale n’est quant à elle en hausse que de 1,4%, contre +3,4% en 2024 et +6% en 2023. Ce repli est notamment dû à une moindre augmentation de l’emploi salarié en 2025 : celui-ci croît de 0,4% sur un an, nettement moins que les deux années précédentes. L’emploi salarié est toutefois plus élevé par rapport au niveau national où il se contracte de −0,2%. Sur l’année étudiée, 54% des Réunionnais de 15 à 64 ans sont en emploi.

Les exportations de biens et services sont bien orientées et favorables à la croissance. Elles augmentent de 3,6% en volume en 2025, contre 3,4% en 2024. L’Hexagone et l’Asie demeurent les principaux clients de biens et marchandises exportés par La Réunion. Toutefois on observe des contrastes : ces exportations déclinent de 2,5% en 2025, tandis que les recettes issues de la dépense des touristes en visite à La Réunion sont en progression (+3,5 % en valeur au premier semestre 2025 en comparaison au premier semestre 2024, contre +0,2% un an plus tôt). La fréquentation des hôtels et autres hébergements collectifs a par exemple augmenté de 5%.
« Les exportations de biens et marchandises baissent principalement à cause de la chute des exportations de sucre à destination de l’Hexagone, de l’Italie ou du Portugal. Ce constat tient à la mauvaise campagne sucrière suite au cyclone Garance. Les exportations, vers l’Asie ou l’Amérique du Nord, de poissons de la pêche australe placés sous le régime d’entrepôt douanier diminuent également », souligne le Cerom. Ces baisses ne sont pas atténuées par la progression des exportations de biens d’équipement et intermédiaires par La Réunion. Ce sont principalement des exportations vers les îles proches de l’océan indien (Mayotte, Madagascar, Maurice, Comores et Seychelles) pour un taux de 18%, principalement des voitures et des matériaux à destination de Mayotte.

En ce qui concerne les importations de biens et services, elles sont en hausse de 3,5% en 2025, contre 1,6% en 2024. Cette situation participe négativement à la croissance du PIB (−1,1 point). La France hexagonale demeure le principal fournisseur de La Réunion avec 59% des marchandises, alors que les importations des îles voisines de l’océan Indien sont peu importantes. Celles de biens dits intermédiaires augmentent le plus fortement (+5% en valeur, notamment les importations de biodiesel de l’Hexagone et de pellets de bois d’Australie destinées à la production électrique), suivies de biens d’équipement (+3,5%, voiture en provenance d’Asie entre autres).
PM

