La Ville de Saint-Denis engage la réhabilitation de l’ancienne décharge de la Jamaïque, un site de huit hectares, situé entre la Rivière des Pluies et la Ravine du Chaudron. Exploitée jusqu’au début des années 1990, la décharge représente un volume estimé à 920.000 m³ de déchets. Le projet, financé intégralement par l’ADEME à hauteur de 9,45 millions d’euros, doit permettre de sécuriser durablement le site et de mieux protéger le littoral.
Longtemps située en retrait du trait de côte, la décharge de la Jamaïque s’est progressivement rapprochée du littoral sous l’effet de l’évolution naturelle de celui-ci. Aujourd’hui davantage exposé aux phénomènes d’érosion, le site fait l’objet d’un projet de réhabilitation porté par la Ville de Saint-Denis.
L’objectif n’est pas de répondre à une situation d’urgence ponctuelle, mais d’anticiper les évolutions du site et de limiter durablement ses impacts environnementaux. Le diagnostic réalisé met notamment en évidence la présence de déchets anciens de différentes natures ainsi que des interactions avec les sols, les eaux et le milieu littoral.
La maire de Saint-Denis, Éricka Bareigts, souligne la nécessité d’assumer cet héritage tout en préparant l’avenir du territoire : « La décharge de la Jamaïque appartient à une époque où Saint-Denis grandissait rapidement, où les besoins étaient nombreux et où les enjeux environnementaux n’étaient pas appréhendés comme ils le sont aujourd’hui. Notre responsabilité n’est pas de réécrire cette histoire. Elle est de prendre en charge ce dont nous avons hérité (…) C’est tout le sens de la réhabilitation que nous engageons aujourd’hui à la Jamaïque. Huit hectares, près de 920.000 m³ de déchets : le chantier est considérable. Je salue la mobilisation de l’État, de l’ADEME et de l’ensemble de nos partenaires qui nous permet aujourd’hui de passer à l’action ».
Un chantier prévu en trois étapes
La réhabilitation doit s’effectuer de manière progressive, en fonction des caractéristiques du site. Une première phase concerne la préparation du chantier, avec le débroussaillage, la sécurisation des accès et l’installation des équipements nécessaires.
La deuxième phase constituera le cœur de l’intervention. Elle prévoit notamment le remodelage et la stabilisation du site, la mise en place de dispositifs d’étanchéité, la gestion des eaux pluviales, la protection contre l’érosion ainsi que la maîtrise des émissions de biogaz.
Enfin, une troisième étape sera consacrée à la restauration et à la valorisation du site, avec son intégration paysagère et sa stabilisation durable.
Le projet s’appuie sur les études réalisées par ANTEA Group, maître d’œuvre de l’opération. Le groupe accompagne la Ville de Saint-Denis sur la réhabilitation du site depuis 2013.
Un financement intégral de l’ADEME
L’opération s’inscrit dans le Plan national de résorption des décharges littorales historiques 2022-2032, qui vise à accompagner les collectivités confrontées à d’anciennes décharges désormais exposées à l’évolution du littoral.
La Ville de Saint-Denis assure la maîtrise d’ouvrage, avec l’appui des services de l’État et de plusieurs partenaires techniques. L’ADEME finance intégralement les travaux et les études, pour un montant de 9.448.614 euros. Le Cerema apporte pour sa part son expertise technique et accompagne la collectivité tout au long du projet. La DEAL Réunion assure notamment l’accompagnement réglementaire et le suivi des enjeux environnementaux et littoraux.
Pour le préfet de La Réunion, Patrice Latron, cette mobilisation traduit l’engagement de l’État aux côtés des collectivités pour prévenir les risques et restaurer les espaces littoraux :
« Aux côtés de la Ville de Saint-Denis, les services de l’État sont pleinement engagés : la DEAL Réunion assure l’accompagnement réglementaire et le suivi environnemental, le CEREMA apporte son expertise technique et opérationnelle tout au long du projet, tandis que l’ADEME finance intégralement l’opération à hauteur de 9.448.614 euros, rendant possible cette intervention d’envergure ».
Des travaux jusqu’en 2028
Le calendrier présenté par la Ville prévoit une préparation du site entre avril et juin 2026, avant le lancement des marchés de travaux durant l’été. Les travaux de réhabilitation doivent ensuite se dérouler en 2027 et 2028, avec une remise en état du site prévue à la mi 2028.
À terme, l’opération doit permettre de mieux maîtriser les impacts environnementaux de cette ancienne décharge, de renforcer sa protection face à l’érosion et d’améliorer son intégration dans le paysage littoral.

