Avec TER’ECO, dont la première édition se tiendra les 16 et 17 septembre 2026 à Saint-Denis de La Réunion, l’agence réunionnaise EVENTGO change d’échelle. Après avoir développé plusieurs salons thématiques à La Réunion, ses dirigeants veulent désormais créer un rendez-vous économique et institutionnel capable de rapprocher collectivités, entreprises et décideurs ultramarins. Pour Outremers360, Gérald Oviode, cofondateur de l’agence, détaille les ambitions de cette première édition, pensée comme un catalyseur de rencontres, de projets structurants et de création de valeur durable pour les territoires.
Photo EVE-164 + Logo TER'ECO date 2026 légende pour la photo : Gérald OVIODE et Jérôme MANICOM
Fondée en 2015 par Gérald Oviode, rejoint rapidement par Jérôme Manicom, EVENTGO s’est progressivement imposée dans l’organisation d’événements d’envergure à La Réunion : Salon des Seniors Réunion, VEEZIT, OÉLIA, Village du Diabète, … L’agence a construit son modèle autour d’un principe : « On se positionne sur l’organisation d’événements de grande ampleur qui créent de la valeur pour notre territoire économiquement et socialement », résume Gérald Oviode.
Avec TER’ECO, cette logique franchit un cap et change d’échelle. Premier rendez-vous des collectivités des Outre-mer et des entreprises, l’événement se tiendra les 16 et 17 septembre 2026 au Parc des expositions et des congrès Auguste Legros de Saint-Denis. Il rassemblera plus de 150 exposants et intervenants et accueillera gratuitement plus de 1 000 décideurs issus des collectivités, institutions, entreprises et autres acteurs économiques.
Répondre à un besoin de dialogue et de partage
L’idée de TER’ECO est née de nos échanges avec les élus réunionnais et mahorais, notamment dans le cadre d’INITIATIS OCEAN INDIEN, centre de formation agréé pour les élus que Gérald Oviode dirige également. « Il y a cette volonté, pour les élus ultramarins, de se rencontrer pour parler des problématiques communes et pour dégager des opportunités qui leurs sont spécifiques », souligne-t-il.
Aménagement du territoire, gestion de l’eau, ressources énergétiques, transition écologique, dépendance aux importations, exposition aux catastrophes naturelles : La Réunion, Mayotte et les autres territoires ultramarins sont confrontés à des défis similaires : « Chacun expose ses difficultés et essaie de savoir comment, de façon résiliente, on peut tirer bénéfice des connaissances et des retours d’expérience des uns et des autres. Mais pour cela, il est important de mieux se connaître », insiste-t-il.

Ouvrir les perspectives
Le deuxième enjeu fort du salon est de rapprocher la commande publique et les acteurs privés. Selon Gérald Oviode, les entreprises réunionnaises ont besoin de connaître la vision des décideurs publics pour investir, se former et s’organiser. Dans un contexte économique incertain, TER’ECO doit donc rassurer les entreprises. « Leur montrer que des projets existent, qu’ils peuvent être viables, et qu’ils peuvent s’inscrire dans une trajectoire à long terme ».
Le fil rouge du salon, « La France océanique à l’horizon 2050 », traduit cette volonté de projection. « C’est déjà donner de la perspective à la population. Nous, on ne fait pas des événements pour nous, on fait des événements pour les futures générations », affirme Gérald Oviode.
L’expression dit aussi une ambition politique et économique : positionner les Outre-mer dans une vision nationale, comme des territoires stratégiques. Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, les perturbations logistiques et les fragilités d’approvisionnement, « Les Outre-mer sont directement impactées dès lors qu’il y a un contexte compliqué à l’autre bout du globe », rappelle-t-il.
Une économie durable
Gérald Oviode assume « Nous partons sur une vision qui est économique et durable ». L’objectif n’est pas seulement de générer du business pendant deux jours, mais de faire émerger des activités durables, créatrices d’emplois et de valeur ajoutée.
Cette approche se retrouve dans les onze villages thématiques prévus par le salon TER’ECO : collectivités et institutions, transports et mobilités, environnement et cadre de vie, technologie et innovation, sécurité et prévention, construction et aménagement, développement et attractivité, énergie et climat, action sociale et santé, industrie et manufacture, agro-business et alimentation.
Deux espaces de conférences sont prévus, l’un davantage tourné vers les collectivités, l’autre vers les entreprises, ainsi qu’un espace de formation dédié aux élus et cadres des collectivités. De nombreuses thématiques seront ainsi couvertes par des experts locaux et nationaux : réalisation de projets territoriaux, transition écologique, optimisation des ressources, appels d’offres, gestion du patrimoine foncier, octroi de mer, lutte contre les drogues et la criminalité…

Numérique, IA : éviter une nouvelle fracture
TER’ECO entend aussi traiter la question du numérique et de l’intelligence artificielle. L’IA y sera abordée sous l’angle de l’usage, de la protection des données, de la cybersécurité, de l’impact environnemental et de la formation des agents.
Pour Gérald Oviode, le numérique est « au cœur de la transformation de la chose publique », mais il peut aussi accentuer les écarts entre collectivités bien équipées et petites communes moins armées. L’objectif sera donc de « dédramatiser, former » et donner des pistes concrètes. « L’IA pose question sur la stratégie à appliquer, la souveraineté numérique, la protection des données et son impact écologique ». Le fil conducteur des conférences numériques sera : « Gouverner, sécuriser, inclure : Construire un numérique de confiance au service des territoires. »
Un livre blanc pour prolonger le salon
Les organisateurs prévoient d’éditer un livre blanc issu des conférences, ateliers et échanges. Il devra permettre d’identifier les problématiques, d’informer, d’alerter et de proposer des pistes de réflexion. Il sera remis au Gouvernement.
« Ce livre blanc doit être une première étape de réflexion et de travail », explique Gérald Oviode. L’idée est d’en faire une caisse de résonance auprès des pouvoirs publics, notamment à l’occasion d’événements nationaux réunissant élus et décideurs.
Changement d’échelle
« Les entreprises ont besoin de connaître la vision des décideurs publics. Pour se positionner aujourd’hui, elles doivent savoir à quoi ressembleront toutes les régions d’outre-mer en 2050, et quels grands projets vont structurer ces territoires. », interroge-t-il.
Aussi, la période choisie pour le salon n’est pas anodine. TER’ECO arrive en début de mandat municipal, au moment où de nouveaux élus prennent leurs fonctions, découvrent leurs délégations et construisent leurs projets. « Mieux se connaître, c’est mieux travailler ensemble plus tard », résume Gérald Oviode.

L’entrée des visiteurs est gratuite sur inscription au salon. Des formules premium et VIP seront proposées pour les repas, les petits-déjeuners ou certains temps de networking. Les exposants peuvent encore s’inscrire pour participer à cet première édition (www.tereco.org) .
EVENTGO Connect, l’application pour faire durer la rencontre
Pour renforcer l’efficacité du salon, EVENTGO développe également une application : EVENTGO Connect. L’objectif est de préparer les visiteurs en amont, de faciliter la réservation de rendez-vous et de favoriser les échanges avant, pendant et après TER’ECO. « On va faire un matching un peu comme un LinkedIn », explique Gérald Oviode. L’application doit permettre aux participants de créer leur profil, d’identifier les interlocuteurs pertinents et de programmer des rencontres. « C’est un catalyseur de rencontres », ajoute-t-il.
L’agence veut aussi penser l’événement au-delà des deux jours officiels. TER’ECO se tiendra en milieu de semaine afin de « permettre aux participants venant de Mayotte ou d’autres territoires de prolonger leur séjour, participer à des formations, rencontrer des collectivités, aller sur le terrain et nouer des contacts plus approfondis. »
La passion du territoire comme moteur
Derrière TER’ECO, il y a enfin une histoire entrepreneuriale et humaine entre Gérald Oviode et Jérôme Manicom. « On est une direction bicéphale, confient-ils. Notre complémentarité nous permet de voir plus loin et d’explorer des idées et concepts nouveaux pour notre île. »
Cette dynamique repose sur une passion commune pour La Réunion et pour les projets qui peuvent faire avancer le territoire. « On n’a pas peur d’être ambitieux », affirme le dirigeant.
C’est justement l’ambition de TER’ECO d’offrir ce qui manque parfois aux entreprises et aux citoyens : un cap. « Il faut donner de la perspective pour les territoires ultramarins qui devront, d’ici 2050, répondre à des défis démographiques, climatiques, économiques et sociaux majeurs. » insiste Gérald Oviode.

