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Transition écologique, cohésion sociale, souveraineté : Hervé Tonnaire, directeur Outre-mer de la Banque des Territoires décline les trois priorités pour les territoires
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Malgré un contexte budgétaire contraint, la Banque des Territoires entend maintenir son engagement dans les Outre-mer. En 2025, elle y a mobilisé 850 millions d’euros de prêts et 20 millions d’euros d’investissements. Des montants qui traduisent, selon Hervé Tonnaire, directeur Outre-mer de la Banque des Territoires, l’attention particulière portée à ces territoires : « Les Outre-mer ont des fragilités, ont des sujets particuliers et méritent une attention », rappelle-t-il.

Invité de 360 Éco, l'emission d’Outremers360 réalisé en partenariat avec la BRED Banque Populaire, Hervé Tonnaire revient sur la singularité d’un modèle capable d’investir sur le temps long et identifie trois grandes priorités : l’adaptation au changement climatique, la cohésion sociale et territoriale, et la souveraineté.

Un modèle qui permet d’investir dans le temps long

Dans un contexte marqué par les contraintes budgétaires de l’État, Hervé Tonnaire rappelle la force du modèle lié à sa singularité du modèle de la Caisse des Dépôts. « ni sur l’impôt, ni sur les taxes ». Ses ressources proviennent notamment des fonds qui lui sont confiés, comme ceux du Livret A et du Fonds d’épargne, ainsi que de ses fonds propres.

Cette organisation lui permet, ainsi « de conserver une trajectoire stable et d’enjamber les différentes séquences politiques et budgétaires. » Elle lui permet également d’intervenir sur des durées particulièrement longues. Pour certains projets, notamment liés au foncier, les prêts peuvent aller jusqu’à 80 ans. Pour les infrastructures liées à l’eau, les durées peuvent atteindre 60 ans.

Transition écologique : « On ne peut surtout pas baisser la garde »

La transition énergétique et écologique reste l’un des axes majeurs d’intervention de la Banque des Territoires. « On ne peut surtout pas baisser la garde en matière de transition énergétique et écologique », affirme Hervé Tonnaire. Pour lui, les investissements qui ne sont pas réalisés aujourd’hui auront un coût demain. À l’inverse, investir dès maintenant dans la transition énergétique doit permettre de maintenir une économie compétitive à l’avenir.

La Banque des Territoires entend notamment mobiliser des financements plus incitatifs pour accompagner les projets liés à la rénovation des écoles, à l’eau ou à la transition énergétique.

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En Nouvelle-Calédonie, Hervé Tonaire cite notamment l’utilisation de scories issues du nickel dans le cadre d’un projet concernant le port autonome. Il évoque également des actions liées à la reforestation et à la préservation du littoral en Polynésie française.

Cohésion sociale : une feuille de route pour le logement étudiant d’ici fin 2026

Le logement social reste ainsi au cœur des interventions de la Banque des Territoires. L’action concerne aussi bien les personnes âgées, les publics fragiles, la protection de l’enfance ou encore les étudiants.

Une attention particulière est portée au logement des étudiants ultramarins. Une feuille de route spécifique doit être élaborée d’ici la fin de l’année. L’objectif est de mieux prendre en compte les difficultés rencontrées par les étudiants qui doivent quitter leur île ou leur territoire pour poursuivre leurs études, mais aussi par ceux qui rejoignent l’Hexagone.

« Je prends toujours l’exemple du Polynésien qui doit se former à Paris, qui subit le décalage horaire, qui ne voit pas sa famille, qui a des surcoûts et qui découvre un nouveau monde. Il n’est pas dans les mêmes conditions de chances. Donc, on essaie de réfléchir avec les acteurs concernés : les associations d’étudiants, la Direction générale des Outre-mer, les bailleurs sociaux, pour voir ce que l’on peut apporter. »

Souveraineté : ports et aéroports au cœur des enjeux

« Pratiquement tous les ports et aéroports ultramarins sont des objets géopolitiques majeurs », souligne Hervé Tonnaire.

Ces infrastructures nécessitent souvent des investissements lourds et inscrits dans la durée. La Banque des Territoires travaille également, avec Bpifrance, sur les enjeux liés à l’industrie de défense. Elle intervient aussi sur le logement des personnels civils et militaires, en lien avec les différents états-majors.

« Au-delà de l’effort de défense tel qu’on l’imagine, je pense qu’il est très important pour les territoires ultramarins d’être plus résilients. Plus on aidera à ce qu’ils soient autonomes en matière énergétique, alimentaire et économique, mieux ils se porteront. » précise le directeur.

Une stratégie déclinée pour chaque territoire

Si le logement social constitue un enjeu majeur à La Réunion, où les listes d’attente restent importantes, il est aussi au cœur des préoccupations en Nouvelle-Calédonie depuis la crise de 2024.

En Guyane, c’est la forte croissance démographique qui réinterroge le rééquilibrage entre l’Ouest et le centre du territoire. Tandis qu’aux Antilles, la dynamique est différente : « Il y a des transitions, non seulement climatiques, mais aussi démographiques, plutôt récessives. Comment les anticiper ? Il faut aussi faire évoluer les modèles de logement, avec peut-être des logements plus petits que les logements familiaux traditionnels. »

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Les enjeux liés à l’eau et à l’assainissement restent également très présents. Ils sont particulièrement marqués en Guadeloupe, mais aussi en Polynésie française, où le sujet suscite une forte mobilisation des élus. À Mayotte, l’ampleur des besoins a conduit la Caisse des Dépôts à mobiliser une enveloppe de 600 millions d’euros de prêts pour accompagner les acteurs publics et parapublics.

Dans le Pacifique, la Banque des Territoires intervient sur des leviers directement liés au développement économique des territoires. En Nouvelle-Calédonie, cela passe notamment par le financement du port autonome. Tandis qu’en Polynésie française, l’enjeu est davantage de conforter des secteurs structurants comme l’hôtellerie, en travaillant notamment avec des groupes privés.

Mobiliser les acteurs privés : le fonds d’investissement à impact

Face aux contraintes budgétaires, Hervé Tonnaire appelle aussi à « faire preuve d’imagination ». L’un des outils mis en avant est le fonds d’investissement à impact, qui doit permettre d’associer capitaux privés et objectifs d’intérêt général.

L’idée est de mobiliser des investisseurs privés qui ne recherchent pas uniquement la rentabilité maximale, mais acceptent « de faire un pari sur l’avenir » aussi de participer au développement économique et social des territoires. « Sur les Outre-mer, il faut être volontariste. Mais il n’y a pas de naïveté. Je pense qu’il y a de la confiance dans les Outre-mer. », conclut Hervé Tonnaire.