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Sargasses en Martinique : La Ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a dévoilé les contours du plan Sargasses 3
© RCI Martinique

En visite ministérielle en Martinique, la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou a rencontré, ce jeudi 2 juillet, les maires des communes les plus touchées, puis les collectifs de riverains à Trinité, face à l'urgence des sargasses. Une urgence qui plonge les communes dans l'asphyxie, notamment à cause des coûts de ramassage. Précisions avec notre partenaire RCI Martinique.

Ce jeudi 2 juillet, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a effectué une journée entièrement dédiée à la lutte contre les sargasses en Martinique.

Cette visite de terrain auprès des associations, des riverains et des élus locaux avait pour but de mesurer l'ampleur du phénomène et d'annoncer de nouveaux moyens de lutte.

Au Robert puis à La Trinité, la ministre a ainsi rencontré les acteurs locaux directement confrontés aux échouements massifs.

Une enveloppe de 1,4 million d'euros

La ministre des Outre-mer a d'abord échangé dans la matinée avec les collectifs et les associations de riverains du Robert et du François, notamment en compagnie de Mario Desirliste, président du collectif anti-sargasses du Robert.

Tous décrivent un quotidien particulièrement difficile et attendent désormais des mesures concrètes de l'État.

Pour les associations, cette rencontre était aussi l'occasion d'alerter sur les conséquences économiques, sociales et sanitaires du fléau. Sylvie Bécrit, présidente de l'ASMA, estime d'ailleurs avoir pu faire passer tous ses messages.

Après ces échanges, la ministre s'est dirigée vers la baie du Robert pour assister au ramassage des sargasses en mer.

Pour répondre à la crise, elle a annoncé l'acquisition d'un nouveau navire Sargator ainsi que la préparation du futur Plan Sargasses 3, un projet global qui prévoit une première enveloppe de 1,4 million d'euros.

La ministre des Outre-mer a clôturé sa séquence sargasses ce jeudi matin à la sous-préfecture de La Trinité par une table ronde avec les maires des neuf communes les plus touchées par les échouements.

Les maires face aux réalités

Ramassage, financement, santé, économie : les édiles ont dressé la liste de leurs priorités face à l'invasion algale.

Ils ont pu exposer leurs difficultés concrètes de ramassage, le coût exorbitant des opérations et les lourdes conséquences de ces échouements pour leurs administrés.

Au Marigot, la configuration spécifique du littoral complique encore un peu plus la lutte contre le fléau, car les algues s'accumulent directement dans le port avant de s'y décomposer.

Une contrainte majeure qui impose une réponse sur mesure, selon Cynthia Yerro, la maire de la commune : « Nous arrivons aujourd'hui sur la proposition d'une solution expérimentale avec un barrage fait de matériaux géosourcés. Ce que nous signalons à la ministre, c'est qu'il y a aussi un manque de flexibilité dans la mise en œuvre de ces solutions. J'ai le sentiment, effectivement, d'avoir été entendue et écoutée. Maintenant, nous attendons de voir comment on pourra être mieux accompagnés. Nous avons demandé également de meilleurs retours d'expérience, un meilleur accompagnement sur la recherche, et d'être mieux impliqués dans les décisions qui sont prises, notamment sur la mise en place du plan Sargasse 3. Nous avons demandé des moyens pour les solutions de répit pour notre population, pour que l'État prenne vraiment la mesure du problème. Aujourd'hui, on a l'impression qu'on laisse arriver les sargasses sur la bande des 300 mètres, et ce sont les maires qui en sont responsables. C'est vrai qu'on a des financements, mais il y a des restes à charge pour les communes qui ne sont plus supportables. Notamment dans une commune comme le Marigot, où nous sommes déjà un peu oubliés des politiques publiques, nous avons cette obligation de consacrer une partie de notre budget communal aux algues sargasses, alors que c'est un problème qui relève peut-être du régalien.»

En attendant le Plan Sargasses 3

Cette rencontre de haut niveau était l'occasion idéale pour défendre les besoins urgents de leurs territoires respectifs et de préparer les fondations du futur Plan Sargasses 3. 

À la sortie de la réunion, les élus locaux se sont sentis entendus, à l'image de Jimmy Farreaux, le maire du Vauclin : « Elle nous a dit que cela serait pris en compte dans le plan Sargasse 3, qu'ils allaient se battre au maximum pour pouvoir nous apporter un complément d'aide, une aide financière, bien sûr, mais aussi du matériel. Pour l'instant, on ne peut pas en dire plus parce qu'il faut qu'on puisse vraiment voir ce que ce plan Sargasse 3 va présenter. On a l'assurance, en tout cas, qu'elle a pris en compte nos demandes et qu'elle ira à Bercy pour batailler afin d'obtenir des financements supplémentaires. L'objectif est qu'on puisse lutter efficacement contre ces invasions qui sont de plus en plus longues, de plus en plus fortes, et qui ont un impact sur tous les pans de l'économie, de la santé, de l'écologie et, bien sûr, sur le bien-être en Martinique. Moi, ce que j'ai compris, c'est qu'ils ont enfin pris la mesure du phénomène sur la durée. C'est-à-dire que jusqu'à maintenant, on traitait le phénomène comme s'il allait s'arrêter. Aujourd'hui, je pense que tout le monde a compris que ça ne va pas s'arrêter et qu'il faut lutter durablement contre ce fléau. Est-ce que je suis satisfait des réponses ? Je suis satisfait qu'on nous ait écoutés. Je verrai le contenu du plan Sargasse 3, on verra avec les collègues ce qu'il en est, et on pourra s'organiser en fonction de ce qui sera présenté ou pas». 

Par RCI Martinique