Le Président de la République, accompagné des ministres de la Santé et des Outre-mer, se sont entretenus ce jeudi en visioconférence avec les élus des territoires d’Outre-mer en état d’urgence sanitaire. Quelques annonces ont été faites à l’issue.
Cette réunion concernait les élus de La Réunion, de Mayotte, des Antilles y compris Saint-Martin et Saint-Barthélemy, et de Guyane. Elle réunissait à la fois les parlementaires de ces territoires, mais aussi les présidents de Région, Département, Collectivités, et les maires. Des échanges « francs et directs » commente L’Élysée, en « continuité des échanges bilatéraux ».
Plus concrètement, le gouvernement a annoncé l’envoi, dès ce soir, une mission de reconnaissance du service de santé des Armées afin d’évaluer la nécessité d’un envoi de renfort, et notamment du déploiement d’un module militaire de réanimation, pour soulager les Centre hospitaliers de La Réunion où la contamination bat des records. En effet, avec 5 480 contaminations pour 100 000 habitants au 21 janvier, La Réunion affiche le taux d'incidence le plus élevé de France, selon le site Santé publique France.
Alors que l'île est placée sous couvre-feu de 21h à 5h depuis le 1er janvier, elle a totalisé près de 47 000 cas de contamination et 38 décès entre le 15 et le 21 janvier. Mardi, sur 111 lits disponibles, « 65 lits de réanimation (étaient) occupés par des patients positifs à la Covid-19 et 36 par des patients présentant d'autres pathologies » soit un taux d'occupation de 91%, a précisé la préfecture. L’exécutif a également annoncé le maintien des évacuations sanitaires. La dernière en date a été effectuée ce mercredi, entre la Martinique et la Nouvelle-Aquitaine.
Sur la vaccination, dont les campagnes patinent aux Antilles et en Guyane, l’Élysée s’est engagé à l’envoi en priorité du vaccin classique Novavax dans les Outre-mer. Une façon de pallier la défiance que suscitent les vaccins à ARN messager. Pour l’heure, pas de calendrier ni de volume. Le ministre de la Santé Olivier Véran devrait apporter davantage de précision. Sur le pass vaccinal, s’il est déjà en application depuis lundi à La Réunion et Mayotte, il est au cœur de consultations aux Antilles et en Guyane. Des consultations qui devraient permettre de préciser son champ et sa date d’application.
Sur le volet économique, le gouvernement a une nouvelle fois assuré son soutien aux entreprises locales à travers le maintien du fonds de solidarité. L’exécutif se défend également d’une différenciation et d’une adaptation en fonction de la situation épidémique de chaque territoire. Ainsi, les mesures sanitaires devraient être bientôt allégées à Mayotte, où les indicateurs sont à la baisse. L’Élysée s’engage également à une évolution de l’état d’urgence sanitaire sur ces territoires.
Déception à La Réunion
Des côté des élus, les communiqués n’ont pas tardé à être diffusés, depuis La Réunion, après cette rencontre avec le président Emmanuel Macron. « La réunion qui vient de se terminer est loin de répondre pleinement aux préoccupations des Réunionnais » estime par exemple la présidente de la Région Huguette Bello, qui regrette des « réponses imprécises, notamment sur la question des moyens alloués à nos hôpitaux ».
Outre la gestion de l'épidémie, les élus de La Réunion ont aussi évoqué « la réévaluation du coefficient géographique » pour le financement des hôpitaux, qui, selon le président de l’association des maires, « n’a pas été réévalué depuis plus de 10 à La Réunion ». Sur ce sujet également, les élus réunionnais se disent déçus, bien que le ministre de la Santé se soit engagé à le réexaminer pour le PLF SS 2023.























