Nommé à la tête du collège Gabriel-Païta, dans le Grand Nouméa, le 1er août 2026, Jean-Luc Elice arrive en Nouvelle-Calédonie avec la conviction que l’école ne doit pas seulement transmettre des connaissances, mais aussi former des citoyens et donner aux jeunes les moyens de se projeter. Partenariats, culture, éducation aux médias et échanges internationaux, le nouveau principal entend multiplier les passerelles pour élargir l’horizon des collégiens.
Lorsque Jean-Luc Elice choisit l’Éducation nationale, il y a bien sûr la volonté de transmettre des savoirs. Mais un article du Code de l’éducation va progressivement devenir la véritable clé de voûte de son parcours. L’article L111-1 rappelle que l’école a aussi pour mission première « de faire partager aux élèves les valeurs de la République ». Une conviction qui guidera ses choix professionnels, de l’enseignement aux fonctions de chef d’établissement, et qui prend aujourd’hui une résonance particulière en Nouvelle-Calédonie.
Originaire de Guadeloupe, passé par l’académie de Versailles, Jean-Luc Elice connaissait déjà le Pacifique avant de rejoindre la Nouvelle-Calédonie. « Entre 2018 et 2020, j’ai suivi mon épouse, nommée en Polynésie française. J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce territoire » Son arrivée en Nouvelle-Calédonie en plein milieu de l’année scolaire [le calendrier scolaire en Nouvelle-Calédonie s'étend de février à décembre, ndlr.] relève ainsi autant du projet professionnel que familial, avec une volonté affichée « d’aller à la rencontre d’une autre culture avec humilité et respect ».

Donner aux élèves les moyens de choisir librement leur orientation
Le collège Gabriel-Païta dans le Grand Nouméa, compte environ d’environ 600 élèves situé et une équipe « particulièrement engagée dans la réussite des jeunes » à travers notamment la lutte contre l’illettrisme et l’accès à la culture.
Mais son nouveau principal veut aller plus loin et permettre aux jeunes de dépasser les barrières géographiques pour s’orienter vers des formations qui correspondent véritablement à leurs aspirations. Pour Jean-Luc Elice, l’enjeu est donc aussi de travailler sur l’ambition et d’aider les élèves à envisager des possibilités qu’ils ne pensent pas toujours accessibles et, surtout, de comprendre que leur parcours peut aussi s’inscrire à l'échelle régionale et internationale.

Cette ouverture passera notamment par les partenariats. Jean-Luc Elice souhaite développer les liens avec des établissements étrangers, en particulier en Australie et au Japon, deuxième langue enseignée en Nouvelle-Calédonie.
Une semaine consacrée aux arts et à la culture
La culture constitue un autre pilier du projet. « Une culture qui ne se montre pas, c’est une culture qui n’existe pas », résume Jean-Luc Elice. Il souhaite notamment organiser une semaine consacrée aux arts et à la culture au sein du collège, en associant des acteurs et partenaires extérieurs ainsi que les autorités coutumières.
Éducation aux médias : au-delà de la question du smartphone
Afin de former les jeunes à l’esprit critique et à la compréhension de l’information, Jean-Luc Elice envisage la création d’une classe média. Un enjeu qui se pose toutefois différemment en Nouvelle-Calédonie. Car contrairement à de nombreux établissements de l’Hexagone, l’usage du smartphone ne constitue pas, selon Jean-Luc Elice, une difficulté majeure au sein du collège. La question porte davantage sur l’éducation aux médias, la manière dont les élèves s’informent et leur capacité à prendre du recul face aux contenus auxquels ils sont exposés.
Former les parents au harcèlement
Pour lui, former des citoyens suppose aussi d’associer davantage les familles à la vie de la communauté éducative. Dès octobre 2026, le collège proposera ainsi, sur la base du volontariat, une formation de « parents ambassadeurs » contre le harcèlement. Une dizaine de parents se sont déjà inscrits.
Jean-Luc Elice a déjà expérimenté ce dispositif dans ses précédents établissements, avec l’objectif de faire des parents des relais identifiés et reconnus par les élèves, les familles et les équipes éducatives. Accompagné par le vice-rectorat, le projet sera expérimenté à partir de la rentrée de février 2027. En Nouvelle-Calédonie, la lutte contre le harcèlement scolaire constitue une priorité pleinement prise en compte par le Vice-Rectorat, qui déploie des actions de prévention, de sensibilisation et d’accompagnement.
.« Permettre aux jeunes de prendre en main le pays »
Cette ambition prend une dimension particulière dans une Nouvelle-Calédonie encore marquée par les événements de 2024. De façon plus concrète, les difficultés se traduisent notamment par l’absence de transports scolaires sur certains secteurs. Les parents doivent alors s’organiser pour transporter eux-mêmes leurs enfants.
Dans ce contexte, Jean-Luc Elice veut aussi montrer aux collégiens des parcours de Calédoniens qui ont réussi et leur donner des figures auxquelles s’identifier. Car derrière les apprentissages se dessine l’ambition de donner aux jeunes la confiance nécessaire pour devenir eux-mêmes acteurs de l’avenir du territoire.
« Ils ont beaucoup de potentiel, beaucoup de compétences », insiste-t-il. Son objectif est de leur permettre de regarder les exemples qui existent autour d’eux et de comprendre qu’ils sont eux aussi capables, demain, de « prendre en main le pays ».
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