Dans la continuité de leur déplacement aux Antilles, Jean-Luc Vidon, Président de la Fédération nationale des associations régionales d'organismes d'habitat social (FNAR) et Vice-Président de l'Union sociale pour l'habitat (USH) ainsi que Brayen Sooranna, Directeur des Outre-mer de l’USH, sont allé à la rencontre de l’écosystème du logement social en Martinique.
Comme en Guadeloupe la semaine dernière, l’idée est de renforcer la proximité avec les organismes de logement social (OLS) Martiniquais, de mieux comprendre leurs réalités et de porter leurs enjeux au niveau national.
À travers plus d’une vingtaine d'échanges avec : les bailleurs sociaux (SIMAR, SMHLM, OZANAM, SEMSAMAR, SEMAAG, la Case Martiniquaise), les collectivités - dont le Président de la Collectivité Territoriale de Martinique, le Président de l’Association des Maires, la Mairie de Fort-de-France et l’Espace Sud - , les services de l'État, les représentants du monde économique, les acteurs de l'aménagement, les organisations professionnelles ( Fédération Régionale du Bâtiment et des Travaux Publics Martinique, Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment, Chambre des Métiers et de l’Artisanat, Conseil Régional de l’Ordre des Architectes de Martinique…) et les partenaires institutionnels, dont la Banque des Territoires, et les associations (Compagnons bâtisseurs,…) la délégation a pu mesurer les défis auxquels est confronté le secteur martiniquais mais également la capacité d'innovation et de mobilisation des acteurs locaux.
Une dynamique collective pour répondre aux besoins du territoire

La Martinique demeure confrontée à une forte tension sur le logement social. Près de 16 000 ménages sont aujourd'hui en attente d'un logement, tandis que le vieillissement de la population, la raréfaction du foncier disponible, l'augmentation des coûts de construction et les évolutions démographiques imposent une adaptation permanente des politiques de l'habitat.
Dans ce contexte, les organismes Hlm martiniquais jouent un rôle essentiel, non seulement pour produire et réhabiliter des logements, mais également pour accompagner les parcours résidentiels, soutenir la cohésion sociale et participer au développement économique de l'île.
Les rencontres organisées tout au long de cette mission ont permis de partager un diagnostic commun sur les enjeux du territoire et d'identifier les leviers nécessaires pour maintenir une production de logements adaptée aux besoins des habitants.
Consolider les conditions de production du logement social
Au cœur des échanges figurait la question du financement des opérations de logement social. Les acteurs ont rappelé les conséquences de la hausse des coûts de construction, de la fragilité économique des opérations et des tensions qui pèsent sur les financements publics, en particulier dans un contexte marqué par la forte diminution de la Ligne budgétaire unique (LBU).
Les discussions ont également porté sur les enjeux fonciers, l'accompagnement des collectivités dans leurs politiques d'aménagement, la mobilisation des établissements publics fonciers et la nécessité de renforcer l'ingénierie territoriale pour faciliter la sortie des opérations.
Les échanges avec les représentants du secteur du bâtiment, des chambres consulaires et des acteurs économiques ont souligné l'importance du logement social comme moteur de l'activité économique locale et de l'emploi.

« La Martinique dispose d'organismes de logement social pleinement mobilisés et porteurs de projets, mais ils doivent aujourd'hui relever des défis considérables. Répondre aux besoins de 15 800 ménages en attente suppose de sécuriser durablement les financements, à commencer par la LBU, qui demeure un levier indispensable pour produire et réhabiliter des logements. Il est également essentiel de mieux mobiliser le foncier afin de permettre la réalisation de nouvelles opérations. À ces contraintes s'ajoutent les réalités propres au territoire : le dérèglement démographique, marqué par le vieillissement de la population et le départ de nombreux jeunes, les risques naturels ou encore les échouements massifs de sargasses, qui imposent d'adapter nos politiques d'aménagement, nos modes de construire et de confortement des logements.», souligne Brayen Sooranna, Directeur Outre-mer de l’USH
Adapter le parc aux défis démographiques et climatiques

La visite de plusieurs opérations a permis d'illustrer les réponses apportées par les bailleurs martiniquais face aux nouveaux enjeux du territoire.
Au-delà de la construction neuve, les organismes investissent massivement dans la réhabilitation de leur patrimoine afin d'améliorer la qualité de vie des habitants, renforcer la performance énergétique des bâtiments et adapter les logements au vieillissement de la population.
Les projets développés intègrent également les exigences liées au changement climatique, aux risques naturels, à la qualité architecturale et à l'évolution des modes d'habiter, confirmant la capacité d'innovation du logement social martiniquais.
Une collaboration territoriale renforcée autour de l'ARMOS Martinique Ce déplacement a également témoigné d’une étape importante : la structuration de la gouvernance du logement social en Martinique.
Les échanges engagés avec les organismes de logement social ont permis de poursuivre les travaux autour de la création de l'Association régionale des maîtres d'ouvrage sociaux (ARMOS) de Martinique, appelée à devenir un acteur privilégié de coopération, de représentation et de dialogue entre les bailleurs et leurs partenaires.
Cette nouvelle dynamique viendra renforcer les liens entre les acteurs du territoire et faciliter le portage collectif des enjeux martiniquais auprès des pouvoirs publics, nationaux.
« La création de l'ARMOS Martinique constitue, à cet égard, une étape majeure. Elle permettra de renforcer la coordination entre les bailleurs sociaux, de porter une parole collective et de construire un dialogue encore plus efficace avec l'ensemble des partenaires publics et privés. La FNAR et l'USH seront pleinement aux côtés de cette nouvelle association pour accompagner son développement et faire entendre la voix du logement social martiniquais au niveau national. » Jean-Luc Vidon, président de la FNAR et vice-président de l'USH.
Réaffirmer la place des Outre-mer dans les politiques nationales du logement

À travers cette mission, la FNAR et l'USH réaffirment leur engagement aux côtés des organismes de logement social martiniquais et de leurs partenaires.
La diversité des rencontres organisées a permis de mettre en évidence une conviction partagée : les enjeux du logement social dépassent largement la seule question de la construction. Ils concernent également l'aménagement du territoire, le renouvellement urbain, le développement économique, l'adaptation au changement climatique, la revitalisation des centres urbains et la cohésion sociale.
Les enseignements de ce déplacement contribueront à nourrir les réflexions nationales sur l'avenir du logement social dans les Outre-mer et à renforcer le dialogue entre les territoires et les instances nationales.
En réaffirmant leur soutien aux acteurs martiniquais, la FNAR et l'USH poursuivent leur engagement en faveur d'un logement social adapté aux réalités ultramarines, au service des habitants et du développement durable des territoires.

