Dans les Outre-mer, au deuxième trimestre 2026, le nombre de défaillances d’entreprises a progressé de 14,9% sur un an, contre +10,4% au premier trimestre, soit presque trois fois plus que dans l’Hexagone, selon une note de l'Institut d'émission des départements d'Outre-mer (IEDOM). Les conjonctures sont contrastées selon les territoires. Les défaillances sont particulièrement marquées en Guyane (+40%), suivies par la Guadeloupe, la Martinique et La Réunion. En dépit des conséquences des émeutes de 2024, la Nouvelle-Calédonie s’en sort plutôt bien avec une baisse de 12,5% des défaillances sur la période considérée.
Entre juillet 2025 et juin 2026, 3040 procédures de redressement ou de liquidation judiciaire ont été comptabilisées dans les Outre‑mer. Le nombre de défaillances augmente de 14,9% sur un an, contre +10,4% au premier trimestre 2026. Cette progression est sensiblement plus forte qu’en France hexagonale, qui comptabilise 70 803 défaillances, soit une hausse limitée à 5,1%. Ces dernières sont généralisées à l’ensemble des secteurs d’activité, à l’exception de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche, qui constituent les seuls domaines à ne pas enregistrer d’augmentations de défaillances.

Les secteurs qui contribuent le plus à la progression des défaillances des entreprises ultramarines sont le commerce et la réparation automobile, où le nombre de procédures collectives croît de 24,1%, l’enseignement, la santé, l’action sociale et les services aux ménages (+23,5%), le transport et l’entreposage (+47,2%) ainsi que les activités de conseil et de services (+12,3%). Toutefois, constate l’IEDOM, « La hausse du nombre de défaillances ralentit pour trois secteurs d’activité : la construction (+6,3% après +9,1 % au T1 2026) ; l’hébergement-restauration (stable au T2 2026 après +5,8%) ; et enfin le secteur conseils et services aux entreprises (+12,3% après +13,7%) ».

Bien évidemment, les situations varient selon les régions. En Guadeloupe, après un repli observé au premier trimestre 2026, les défaillances augmentent au deuxième trimestre, progressant de 29%, avec une accélération marquée dans le conseil et les services aux entreprises, le commerce, la réparation automobile ainsi que l’industrie. En Guyane, le nombre de défaillances atteint 175 procédures sur un an, soit une hausse de 40%, qui concerne quasiment tous les secteurs. En ce qui concerne la Martinique, l’augmentation est également prononcée mais moins importante : 18,5%, contre +8,5% au premier trimestre 2026. C’est le secteur de la construction qui est particulièrement touché, avec une progression de 71% des procédures de redressement ou de liquidation.

« La croissance des défaillances s’accélère à La Réunion au T2 2026 et atteint +17,7%. L’enseignement, santé, action sociale et services aux ménages et le commerce sont les secteurs d’activité qui participent le plus fortement à cette hausse », souligne l’IEDOM. Le cas de Mayotte est particulier. En effet, depuis le 1er janvier 2026, le Tribunal de commerce est inactif à cause de l’absence de juges consulaires. Cette situation a entraîné des retards dans l’analyse des procédures de liquidation et de redressement judiciaires. Cependant les auteurs de l’étude estiment qu’au deuxième trimestre 2026 les défaillances d’entreprises ont reculé de -58,3% dans l’archipel. Ce chiffre demande toutefois à être confirmé au vu des éléments mentionnés ci-dessus.

En Nouvelle‑Calédonie, le nombre de défaillances se contracte de 12%. Cette diminution concerne la majorité des secteurs, notamment dans le commerce et l’hébergement‑restauration. Enfin, après deux trimestres consécutifs de repli en glissement annuel, les procédures sont en progression en Polynésie au deuxième trimestre 2026. Cette inversion de tendance est largement portée par une forte hausse de 64% des défaillances dans le commerce.
PM

