La Collectivité territoriale de Martinique a organisé, vendredi 18 septembre 2026, une journée de réflexion consacrée à l’avenir de l’octroi de mer. Les échanges ont réuni des représentants du monde économique, des élus et des acteurs institutionnels autour de plusieurs enjeux, dont le pouvoir d’achat, la production locale et le financement des collectivités.
La question de l’avenir de l’octroi de mer a fait l’objet d’un débat ouvert, vendredi 18 septembre à l’Hôtel de la Collectivité, au Plateau Roy. Organisée par la Collectivité territoriale de Martinique, la journée a réuni plus d’une centaine de personnes lors de la séquence d’ouverture, avant que 78 participants ne prennent part aux travaux en ateliers.
La séance d’ouverture a notamment été marquée par les interventions de Serge Letchimy, président du Conseil exécutif de Martinique, de Lucien Saliber, président de l’Assemblée de Martinique, d’Étienne Desplanques, préfet de Martinique, et de Franck Zameo, représentant la Chambre de commerce et d’industrie de Martinique.
Trois ateliers autour de l’économie et des finances
Les participants, parmi lesquels des acteurs économiques et socioprofessionnels, des maires et élus municipaux, des élus de la Collectivité et des représentants institutionnels, ont ensuite travaillé autour de trois thématiques : le développement économique et l’intégration régionale, la vie chère et la production locale, ainsi que le financement des collectivités.
Les discussions ont notamment porté sur la nécessité de disposer d’un dispositif plus lisible, transparent et prévisible, ainsi que sur l’amélioration des données permettant d’en mesurer les effets. Les participants ont également évoqué les liens entre pouvoir d’achat et production locale, le financement du fonctionnement des collectivités et la protection de la production martiniquaise.
Autre enjeu soulevé au cours des échanges : le renforcement de la capacité des entreprises martiniquaises à produire, investir et créer des emplois, ainsi que le développement des complémentarités économiques avec la Guadeloupe, la Guyane et les autres territoires de la Caraïbe.
Le financement des communes a également été abordé, avec la nécessité, selon les conclusions présentées, de garantir aux collectivités des ressources et une visibilité suffisantes pour assurer la continuité des services publics et leurs investissements.
Plusieurs pistes à expertiser
Les ateliers n’ont pas abouti à une proposition unique concernant l’avenir de l’octroi de mer. Plusieurs pistes doivent désormais faire l’objet d’une expertise. Parmi celles évoquées figurent l’instauration d’une fiscalité écologique, la création d’une TVA régionale couplée à l’octroi de mer, la simplification et la numérisation du dispositif, ainsi que le réexamen de son assiette.
La coordination fiscale à l’échelle régionale et la mise en place de mécanismes de stabilisation des recettes pour les communes font également partie des pistes citées.
À l’issue de la journée, Serge Letchimy a déclaré : « Je me félicite de la teneur des débats et de la diversité des acteurs présents au cours de cette journée de réflexion sur l’octroi de mer. La question qui nous est posée n'est pas simplement de savoir s'il faut le conserver ou le supprimer. Elle est de définir quel outil fiscal nous voulons demain, au service de notre développement, de notre production, du pouvoir d'achat, de l'emploi et de nos collectivités. Nous devons construire, collectivement, les solutions les mieux adaptées aux réalités martiniquaises et les faire remonter au niveau national et au niveau européen. Cette journée constitue une première étape ».
Les contributions recueillies doivent désormais être regroupées dans une synthèse générale. Les différentes pistes seront ensuite expertisées en lien avec l’Université des Antilles, notamment au regard de leurs impacts économiques, sociaux, budgétaires et juridiques.
Les participants ont convenu de se retrouver pour une deuxième journée de réflexion d’ici la fin de l’année, à partir des analyses réalisées entre-temps.

