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La Guyane adhère à la Communauté des Caraïbes pour renforcer son intégration régionale
©Collectivité territoriale de Guyane

Après la Martinique en 2025, la Guyane a rejoint mardi, en qualité de membre associé, l'organisation internationale de la Communauté des Caraïbes (Caricom), renforçant ainsi l'intégration régionale de cette région française.

La signature est intervenue lors de la 51e Conférence des chefs de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (Caricom), organisée à Sainte-Lucie. Fondée en 1973, cette organisation internationale regroupe 15 Etats membres, dont Haïti et le Guyana où siège la Caricom.

Elle est structurée autour d'un organe décisionnel exécutif et d'une myriade d'agences spécialisées sur les sujets de sécurité, de gestion des catastrophes naturelles, de santé ou encore d'éducation.

Elle possède en outre une banque de développement, une cour d'arbitrage des conflits et fonctionne sur un modèle de consensus entre États souverains, sans mécanisme de transfert de compétences.

« La Caricom n'est pas la seule organisation des Caraïbes, mais c'est la plus ancienne et la mieux structurée », a souligné auprès de l'AFP Olivier Plançon, ambassadeur au Guyana et représentant permanent de la France auprès de la Communauté des Caraïbes. « Elle propose des coopérations et des services concrets aux 18 millions d'habitants qu'elle englobe ».

Comme membre associé, la Guyane pourra bénéficier des programmes de coopération de l'organisation et participer à l'ensemble des discussions politiques, sans néanmoins disposer d'un droit de vote du fait de son statut qui comporte plusieurs limites légales balisées par Paris.

Ainsi, la Collectivité territoriale de Guyane (CTG) ne pourra pas intervenir dans les débats régaliens de politique étrangère, ni sur la politique commerciale, compétence exclusive de l'Union européenne.

« Tous les engagements pris par la collectivité dans cette organisation se feront au nom de la France et devront être en conformité avec le droit national et communautaire », précise une source diplomatique. « Par exemple, nous ne pourrons accepter la libre circulation des personnes », autorisée dans plusieurs États membres de la Caricom ayant développé un passeport commun.

Malgré ce bornage, cette adhésion ouvre « de nouvelles perspectives de coopération dans des domaines stratégiques tels que l'éducation, la santé, l'innovation numérique, le développement économique ou encore la lutte contre les conséquences du réchauffement climatique », a fait valoir auprès de l'AFP Gabriel Serville, président de la CTG.

La demande d'adhésion de la Guyane datait de 2012. À l'instar de la collectivité de Martinique, l'entrée de la Guyane dans la Caricom devra être ratifiée par une loi soumise au vote des parlementaires.

Avec AFP