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Ils faisaient transiter des Syriens par la Guyane: un réseau présumé de passeurs démantelé dans les Vosges
Dans l'ancien hangar de "La Fabrique", à Cayenne, 36 demandeurs d'asile et refugiés vivent dans une dizaine de boxs, séparés à l'aide de fines cloisons et de rideaux © InfoMigrants

Un Syrien de 36 ans, suspecté de diriger un réseau de passeurs faisant transiter des migrants par la Guyane avant de rejoindre la France hexagonale, a été placé en détention provisoire, a annoncé jeudi le procureur d'Epinal, Frédéric Nahon.

L'enquête a démarré après un renseignement fourni en octobre 2025 à l'Office de lutte contre le trafic illégal de migrants (OLTIM) de Metz, à propos d'une filière de passeurs de migrants syriens, a expliqué le magistrat dans un communiqué. Le dirigeant présumé de cette structure, également de nationalité syrienne, habitait à Epinal.

Le parquet a ouvert une enquête préliminaire et les investigations ont établi que «le réseau de passeurs, dirigé depuis Epinal, faisait voyager des migrants de nationalité syrienne depuis leur pays d'origine jusqu'en Guyane française, en passant par la Turquie, le Venezuela et le Brésil».

La plupart déposaient une demande d'asile à Cayenne, avant de rejoindre la France métropolitaine et de s'installer le plus souvent dans la région Grand Est.

Quelque 400 à 600 migrants sont passés par ce réseau entre 2021 et 2025, selon les enquêteurs, qui ont également identifié des flux financiers vers l'étranger et notamment le Brésil, via différents intermédiaires. Le parquet d'Epinal a adressé une demande d'enquête pénale internationale aux autorités brésiliennes.

Placé en garde à vue lundi, le suspect dirigeait une société baptisée "La Sultana Tours", qui proposait aux candidats à l'exil de payer entre 800 et 1000 dollars pour arriver sur le territoire français. Les enquêteurs ont trouvé des "vidéos promotionnelles" de cette société sur le réseau WhatsApp.

Il a été déféré jeudi et placé en détention provisoire dans l'attente de sa comparution le 3 septembre devant le tribunal correctionnel notamment des chefs d'aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier d'un étranger en France en bande organisée.

Avec AFP