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Guyane : Sonia Lecomte, nouvelle directrice des Douanes de Guyane, face au défi du narcotrafic

Depuis le 1er août 2026, Sonia Lecomte dirige la direction régionale des douanes de Guyane. Première femme à occuper ce poste sur le territoire, elle prend ses fonctions dans un contexte marqué par le renforcement des moyens de l'État pour lutter contre le narcotrafic. Focus avec son interview par nos partenaires de Radio Télé Péyi. 

Sa nomination intervient alors que le ministre des Comptes publics, David Amiel, est venu en Guyane présenter la déclinaison du plan Douane 2030. Quinze douaniers supplémentaires doivent notamment rejoindre les effectifs et un nouveau scanner mobile est attendu au port de Dégrad-des-Cannes. Un renforcement qui intervient alors que les saisies de stupéfiants restent importantes. En 2025, les douanes ont ainsi saisi 466 kilos de cocaïne en Guyane. 

Pour Sonia Lecomte, la lutte contre les trafics constitue la première priorité de son mandat. Le nouveau matériel doit notamment permettre de renforcer les capacités de contrôle, en complément des équipements déjà utilisés par les douaniers.

« À peine arrivés, nous avions la visite de mon ministre de tutelle qui a clairement donné les directives en matière de déclinaison du plan Douane 2030, qui est la feuille de route pour la douane pour les années à venir et bien évidemment déclinée aux Antilles-Guyane et à la Guyane. Renforcer les moyens pour lutter contre les trafics illicites en Guyane avec un nouveau moyen de scanner de contrôle non intrusif, qui est le scanner mobile, qui vient compléter un moyen que nous avons déjà, qui est le scanner mobile de basse intensité que nous opérons au port et depuis peu sur les routes. Ma mission prioritaire qui est en Guyane, celle de lutter contre les narcotrafics. Mais moi, ma feuille de route, c'est aussi de protéger le territoire guyanais, de protéger ses intérêts financiers, mais également ses citoyens »

Au-delà des équipements, la nouvelle directrice entend également renforcer la formation et l'organisation des services. La masse considérable de données à analyser conduit par ailleurs la douane à s'appuyer davantage sur les outils informatiques et l'intelligence artificielle pour orienter les contrôles.

« Ma mission première c'est de définir comment on travaille de la façon la mieux organisée possible pour répondre à l'ensemble de nos missions. Ça passe par l'organisation des services, par la formation aussi des agents. L'arrivée du scanner mobile, ça nécessite de former un certain nombre d'agents. On a besoin aussi, d'associer l'ensemble des forces vives, on va dire, pour être au bon endroit au bon moment et le plus efficace possible, en s'appuyant notamment de plus en plus sur des systèmes informatiques qui sont de plus en plus performants. On va avoir de l'intelligence artificielle aussi, de plus en plus, pour cibler. Vous avez une masse de données énorme, vous pouvez plus la traiter à la main aujourd'hui. Donc, on a des systèmes informatiques qui nous permettent aussi de travailler de façon plus efficace, mais ça repose beaucoup sur le professionnalisme et la bonne volonté des agents des douanes de Guyane »

Si le narcotrafic constitue une priorité, les missions de la douane guyanaise sont beaucoup plus larges. Les agents interviennent notamment contre le trafic de cannabis et de tabac, dans la lutte contre le blanchiment, mais également pour contrôler les marchandises, les personnes et les embarcations sur le territoire.

En 2025, 70 kilos de cannabis ont ainsi été saisis à l'entrée du territoire. La douane surveille également les mouvements d'argent liquide susceptibles d'être liés au blanchiment ou à la rémunération des « mules ». « L'année dernière, la douane a saisi 70kg de cannabis à l'entrée sur le territoire. On a aussi saisi de l'argent liquide qui revient en fait de l'Hexagone, qui est en général du blanchiment douanier, de l'argent de rémunération des mules. Donc, on est présent aussi sur les entrées et sur le contrôle des marchandises et des personnes à l'entrée sur le territoire, que ce soit à l'aéroport, mais pas uniquement. On est à Saint-Georges-de-l'Oyapock. À Saint-Laurent-du-Maroni, les douaniers contrôlent les pirogues, on protège les espèces protégées. On protège aussi les consommateurs puisque nous saisissons des marchandises qui ne répondent pas aux normes sanitaires. On travaille aussi dans la lutte contre le trafic de tabac. Là aussi, on est sur un enjeu de santé publique. À l'importation, on a 70.000 déclarations d'importation tous les ans. Ces déclarations, elles passent toutes à travers un crible de contrôle »

De l'aéroport aux postes-frontières, des routes au fleuve Maroni, les douaniers sont ainsi présents sur de nombreux points d'entrée et de circulation. Pour sa nouvelle directrice régionale, l'enjeu sera donc de conjuguer renforcement des moyens, formation des agents, exploitation des données et présence sur le terrain, afin de répondre à l'ensemble des missions de la douane en Guyane.