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Guyane : Les travaux de la future maison funéraire qui accueillera les restes humains Kali'na et Arawak lancés à la mi-octobre
© DR

lls sont morts à Paris en 1892, après avoir été exhibés dans un zoo humain. Six Kali'na et Arawak vont enfin rentrer chez eux. Une loi votée au mois de mai 2026 les fait sortir des collections nationales, où ils étaient retenus depuis 134 ans au musée de l’Homme. Le retour est prévu au début du mois de décembre. D'ici là, une maison funéraire doit être construite à Iracoubo, sur un terrain cédé par l'évêché. Les plans ont été validés le 9 septembre et les travaux doivent débuter à la mi-octobre. Focus grâce aux propos de Corinne Toka-Devilliers, présidente de l'association Moliko Alet+Po, recueillis par nos partenaires de RadioTéle Péyi. 

Avant la validation des plans, le projet a fait l'objet de deux années de réflexion avec les autorités coutumières. La conception de cette maison funéraire constitue en effet une première, selon Corinne Toka-Devilliers, présidente de l'association Moliko Alet+Po, qui porte le projet.
« Ça a été un travail qui a été commencé il y a deux ans avec une première visite à Iracoubo (…) la réflexion avait été portée il y a deux ans. Comment fait-on ? Parce qu'il fallait innover. C'est une première. Première dans l'histoire de la France, première dans l'histoire de la Guyane. Donc, il fallait innover cette maison funéraire. Donc pendant deux ans, nous avons apporté nos réflexions, nos différentes idées. Mais après, il fallait voir ce qui était possible sur la Guyane, dans le matériel, dans tout ce qui pouvait entourer et pour la longévité de cette maison. Donc il y a eu deux ans de travail, de réflexion qui aujourd'hui a apporté ses fruits, tout en sachant que l'association Moliko est le porteur de ce projet (…) Il y a eu vraiment un discours et un travail commun pour que cette maison funéraire pour le repos éternel ressemble vraiment à la culture Kalina et Arawak »

Le futur bâtiment doit notamment reprendre les codes architecturaux et artistiques des deux peuples concernés. Un carbet traditionnel est prévu, ainsi que des fresques et des sculptures. Deux artistes, l'un arawak et l'autre kali'na, doivent participer à la réalisation des fresques.
« C'est un carbet traditionnel, kalina et arawak, avec des fresques qui représenteront la culture kalina et la culture arawak, puisqu'il y a deux artistes, arawak et kalina qui vont travailler sur les fresques, sur le bâtiment central et sur les poteaux. Et puis après, nous avons aussi nos sculpteurs qui sculpteront nos animaux en référence au deuil et qui seront les gardiens de nos ancêtres. On coupe le mètre carré en deux et chacun fait son travail en symbole avec la mort, toute l'intégration de l'histoire avec les symboles, les fresques que vous retrouverez le 4 décembre. Nous avons chacun et chacune nos cultures ancestrales, mais qui se doivent d'être respectées »

Une cérémonie prévue à l'Élysée 

La restitution débutera à Paris. Une cérémonie officielle devrait e tenir au palais de l'Élysée debut décembre, avant le retour des dépouilles en Guyane. Une délégation d'environ 50 personnes venues de Guyane et du Suriname doit participer à cette cérémonie selon Corinne Toka-Devilliers.

Corinne Toka-Devilliers indique avoir échangé avec des représentants de la présidence de la République sur l'organisation de cette étape.
« Nous avons rencontré le conseiller du président de la République, Olivier Jacob et monsieur Gobin Déobald, qui nous ont dit autour de la table que l'Élysée prenait tout en charge, qu'ils géraient tout, et que la cérémonie officielle à l'Élysée, c'est Paris qui gère. C'est le palais de l'Élysée qui gère. Mais je dois quand même apporter certaines informations. Par exemple, recouvrir nos ancêtres d'un tissu rouge pour le symbole. Donc c'est pour ça je dois me déplacer prochainement au Musée de l'Homme afin de faire ce recueil, parce que je ne veux surtout pas qu'il y ait trop de manipulation de nos ancêtres entre le musée et l’Élysée »

La cérémonie doit durer environ deux heures. La délégation annoncée réunira notamment des représentants coutumiers, des descendants, des élus et des représentants d'institutions de Guyane et du Suriname.
Après cette étape parisienne, les six dépouilles doivent être ramenées en Guyane, où elles seront accueillies dans la maison funéraire d'Iracoubo. Le calendrier prévoit le début des travaux à la mi-octobre, quelques semaines seulement avant la cérémonie officielle et le retour annoncé des dépouilles.