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En déplacement à Saint-Laurent-du-Maroni, ville frontalière avec le Suriname, David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, est venu constater le travail mené par les douanes, la gendarmerie et la police aux frontières dans la lutte contre les différents trafics. Face à des réseaux qui adaptent leurs méthodes pour contourner les contrôles, le ministre mise notamment sur une plus grande mobilité des agents et le déploiement d'un scanner mobile dans l'ouest guyanais. Focus grâce au reportage de nos partenaires de Radio Télé Péyi. 

La visite ministérielle a notamment conduit David Amiel au poste de contrôle de la crique Margot, sur la RN1, avant une immersion au cœur du dispositif ATIPA sur le Maroni. Pour le ministre, la lutte contre les trafics doit reposer sur plusieurs niveaux de contrôle. « C'est avec ces lignes de défense en plusieurs profondeurs qu'on peut protéger le territoire national et le territoire guyanais contre tous les trafics, la contrebande, la contrefaçon, le trafic d'espèces protégées et évidemment, le narcotrafic. Et tout cela est évidemment très, très dangereux », a déclaré David Amiel, au micro de Radio Péyi. 

©Credit: Radio Télé Péyi

Miser sur la mobilité des douaniers 

Si les points de contrôle fixes restent essentiels, ils conduisent également les trafiquants à rechercher de nouveaux itinéraires. Pour David Amiel, les forces engagées doivent donc être capables de s'adapter rapidement à leurs déplacements. « Avoir des points de contrôle fixes, ceux qu'on a par exemple sur la route, avoir des dispositifs 100 % contrôle, comme à l'aéroport, et évidemment, les trafiquants essayent de s'en détourner. Mais ça permet en revanche de les repérer aussi plus facilement. On sait que quand on est proche d'un point de contrôle, il y a des personnes qui se mettent à descendre de leur véhicule, à passer par la forêt, par les criques, etc. Évidemment, ça attire l'attention, et donc ça permet là aussi de pouvoir cibler des opérations. C’est une des consignes fermes que j'ai données à la douane, c'est d'être tout le temps très mobile, parce que les trafiquants le sont, donc il faut qu'on soit en capacité de surprendre, toujours, en permanence ». 

Cette stratégie doit notamment s'appuyer sur de nouveaux moyens matériels. Le scanner mobile actuellement utilisé au port de Dégrad-des-Cannes doit prochainement être remplacé. Il pourra alors être redéployé sur l'ensemble du territoire guyanais, notamment dans l'Ouest, en fonction des besoins opérationnels. « C'est la raison pour laquelle j'ai aussi renforcé ses moyens en demandant à la douane de pouvoir utiliser ce scanner léger pour pouvoir faire des contrôles surprise, de pouvoir être tout le temps mobile, parce que c'est comme ça qu'on est évidemment dissuasif. Le scanner mobile qui est aujourd'hui utilisé sur le port de Cayenne pourra ensuite être déployé dans l'ensemble du territoire guyanais en fonction des besoins opérationnels, puisqu'on aura désormais un scanner lourd, scanner mobile spécial qui pourra être utilisé sur le port lui-même », a précisé le ministre. 

©Credit: Radio Télé Péyi

Une frontière particulièrement difficile à contrôler 

Cette volonté de renforcer la mobilité des services est accueillie favorablement par le maire de Saint-Laurent-du-Maroni, Lénaïc Adam. L'élu rappelle cependant la difficulté de contrôler une frontière fluviale particulièrement étendue, tout en préservant les déplacements quotidiens des populations du bassin du Maroni. « On a une frontière qui est beaucoup trop large. Donc forcément, pour la contrôler, c'est difficile, mais il faut faire un certain nombre de tests, voir si ça fonctionne ou pas. Aujourd'hui, ils essaient tant bien que mal. Je pense qu'il y a des méthodes. Et puis on va améliorer les choses au fur et à mesure. Parce qu'effectivement, il faut que la population garde sa liberté de vivre sur cet espace. Mais aussi, il faut qu'il y ait de la réglementation. Il faut qu'on puisse contrôler ce qui va et ce qui vient sur notre territoire », estime le maire. 

À Saint-Laurent-du-Maroni, vingt agents des douanes et une centaine de gendarmes sont actuellement mobilisés. Le gouvernement annonce un renforcement progressif des moyens dans le cadre du plan Douane 2030, avec pour objectif d'accroître la pression exercée sur les réseaux de trafic dans l'ouest de la Guyane. 

Damien CHAILLOT