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Guadeloupe: les autorités appellent à un "sursaut" après déjà 31 homicides en 2026
© DR

Le préfet et le procureur général de Guadeloupe ont appelé jeudi «à un sursaut de la société contre l'hyperviolence et la circulation des armes» dans l'archipel, qui a déjà enregistré 31 homicides depuis le début de l'année. 

Le dernier en date est survenu dans la nuit de mardi à mercredi aux Abymes, commune de la Grande-Terre. Il a été filmé et diffusé sur les réseaux sociaux.

Sur les 31 homicides enregistrés, «27 ont été commis par arme à feu», écrivent dans un communiqué commun Thierry Devimeux, préfet de Guadeloupe, et Eric Maurel, procureur général de la cour d'appel de Basse-Terre.

En 2025, le taux d'homicides a atteint 11,5 pour 100.000 habitants en Guadeloupe, un chiffre huit fois supérieur à celui enregistré pour la France entière (1,4), selon le service statistique du ministère de l'Intérieur.

Les autorités s'alarment d'une circulation massive des armes sur fond de narcotrafic dans les Antilles françaises, devenues un point de transit privilégié entre l'Amérique du Sud, les États-Unis et l'Europe.

En Guadeloupe, le préfet et le procureur général relèvent que «les auteurs n'hésitent plus à employer des armes en plein jour, quel qu'en soit le motif».

« Au total, 203 armes à feu ont été saisies depuis le début de l'année en Guadeloupe», ajoutent-ils, en rappelant l'existence d'un dispositif permanent permettant d'apporter des armes dans un commissariat sans risquer de poursuites.

«La seule possession d'une arme à feu est dangereuse et peut conduire à commettre l'irréparable, qui se paie en années de prison ferme», avertissent-ils.

Le préfet propose de renforcer la couverture en caméras de vidéosurveillance grâce à un plan de 3 millions d'euros, financé par l'État et déjà annoncé depuis plusieurs mois.

Le procureur général «rappelle l'action des magistrats dans les établissements scolaires pour favoriser une culture de rejet de la violence», selon le communiqué.

Il en appelle aussi aux parents et aux associations, jugeant nécessaire une «mobilisation collective».

Le 11 septembre, déjà aux Abymes, au moins un coup de feu a été tiré à l'heure de la sortie des classes de deux lycées voisins, après une rixe. Six jeunes majeurs et un mineur ont été mis en examen, et le tireur présumé a été placé en détention provisoire, avait indiqué lundi le parquet.

Le 12 septembre, un homme a été tué par balle dans son véhicule à Baillif, commune de la Basse-Terre: il s'agissait du 30e homicide de l'année.

Avec AFP.