Guadeloupe : Le procureur général appelle à un «sursaut collectif» après le meurtre en marge du carnaval

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Guadeloupe : Le procureur général appelle à un «sursaut collectif» après le meurtre en marge du carnaval

Après la mort d’Anthony Sarazin, 18 ans, tué par balle en marge du carnaval à Pointe-à-Pitre dimanche 4 janvier, le procureur général de Guadeloupe, Éric Maurel, s’est exprimé. Il estime que la réponse judiciaire, à elle seule, ne suffira pas face à la violence armée et appelle à une mobilisation collective. Détails avec notre partenaire RCI Guadeloupe.

 

Le drame s’est produit dimanche soir, aux alentours de 21 heures, dans le quartier de Mortenol à Pointe-à-Pitre. Anthony Sarazin, âgé de 18 ans, a été mortellement touché par balle. Quelques minutes plus tard, d’autres détonations ont été entendues non loin du boulevard Légitimus, à l’entrée de la rue Frébault.

Ces faits sont survenus alors que de nombreux habitants participaient aux festivités carnavalesques.

Une violence qui dépasse le cadre judiciaire

Pour le procureur général de Guadeloupe, Éric Maurel, la justice ne peut pas, seule, répondre à un phénomène qu’il qualifie d’enjeu de société.  «Il ne faut pas se faire d'illusions. Ce n'est pas la justice seule qui pourra trouver des solutions à cet enjeu de société, ni contenir ce phénomène. Ce n'est pas simplement une répression, même accrue, qui nous permettra d'inverser la tendance. Ce ne sont pas simplement des victimes individuelles qui sont frappées par ces homicides, par ces meurtres, ces assassinats ou les tentatives. La première victime, c'est la société Guadeloupéenne.»

Un appel à la population

Le procureur général lance un appel à la population. Il estime que l’avenir du territoire est directement concerné par cette montée de la violence. «J'en appelle à un sursaut collectif. Il y va de l'avenir de la Guadeloupe. On ne peut pas se satisfaire dans l'indifférence la plus totale, parce que c'est un petit peu de ça qu'il s'agit, de voir un jeune homme de 18 ans être abattu d'une balle en pleine tête dans la rue lors d'une activité festive traditionnelle de Guadeloupe, qui est le carnaval.»

Un drame survenu dans un contexte censé être dédié au partage et à la fête. « Là où il devrait y avoir de la joie, de la libération, de la convivialité, de l'harmonie. Ça se termine par un drame sanglant. Ça suffit ! C'est un véritable fléau qui est en train de faire un mal fou à la jeunesse Guadeloupéenne, et nous sommes responsables de cette jeunesse.»

Par RCI Guadeloupe