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Formation, innovation, conseil : Kevin Jean-Baptiste, nouveau président des Entrepreneurs de la Martinique, veut apporter des solutions concrètes aux entrepreneurs martiniquais

Élu à la présidence des Entrepreneurs de la Martinique, nouveau nom de la CPME Martinique, Kevin Jean-Baptiste veut renforcer l’accompagnement des chefs d’entreprise dans un contexte économique particulièrement tendu. Entrepreneur à la tête d’Alwego Martinique et engagé au sein de la CPME depuis 2018, il succède à Céline Rose, qui a présidé l’organisation pendant onze ans. Il entend désormais faire de l’organisation un lieu d’échange, de formation et de solutions concrètes pour aider les dirigeants de TPE-PME à mieux faire face aux difficultés de trésorerie, aux délais de paiement et au manque de visibilité, mais aussi à retrouver confiance en eux et dans leur capacité à agir collectivement. Un enjeu majeur sur un territoire qui compte près de 31 000 entreprises, les TPE-PME représentant 97 % du tissu économique local. L’organisation patronale rassemble aujourd’hui près de 200 adhérents.

Incarner l’entreprise

Pour Kevin Jean-Baptiste, le changement d’appellation n’est pas anodin. Impulsé au niveau national, le passage de la CPME aux Entrepreneurs de la Martinique marque la volonté de quitter un sigle institutionnel pour un nom plus directement identifiable et plus incarné et ainsi mieux représenter celles et ceux qui font vivre les entreprises au quotidien, des dirigeants engagés personnellement, juridiquement et financièrement dans leur activité. « Dire les entrepreneurs, c’est parler de gens qui s’engagent et qui sont directement impliqués », résume le nouveau président.

Bâtir la maison des entrepreneurs

Un positionnement qu’il entend traduire par des outils très concrets. Kevin Jean-Baptiste veut faire des Entrepreneurs de la Martinique une véritable « maison des entrepreneurs », un lieu où les dirigeants peuvent se retrouver, partager leurs difficultés mais aussi acquérir les bons réflexes pour mieux piloter leur activité.

Parmi les dispositifs qu’il souhaite développer figurent notamment les « basiques du chef d’entreprise », des ateliers consacrés à la comptabilité, au juridique, au social ou encore au pilotage de l’entreprise. L’objectif est de permettre aux dirigeants de prendre du recul, de mieux anticiper les difficultés et d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

Kevin Jean-Baptiste crée aussi la commission Innovation, poussée par Erol Élisabeth et destinée à aider les entreprises à gagner en compétitivité et en productivité. Elle s’inscrit dans un dispositif plus large destiné à couvrir l’ensemble des problématiques rencontrées par les entreprises. Les Entrepreneurs de la Martinique s’appuient notamment sur quatre grandes sections sectorielles, qui permettent de travailler de manière structurée sur les enjeux propres à chaque activité : Commerce, présidée par Nadine Jeannette ; Services, par Sylvie Maréchal ; Artisanat, par Jean-Louis Brival ; ainsi qu’une section dédiée à l’Industrie.

Des difficultés de trésorerie devenues structurelles et conjoncturelles

La première urgence concerne la trésorerie. Pour Kevin Jean-Baptiste, les difficultés rencontrées par les entreprises martiniquaises ne sont pas uniquement conjoncturelles. « Les difficultés de trésorerie sont d’abord structurelles. Beaucoup d’entreprises sont créées avec trop peu de fonds propres et donc trop peu de fonds de roulement. À cela s’ajoute aujourd’hui une crise conjoncturelle : les délais de paiement se multiplient, notamment de la part des donneurs d’ordre, et certains secteurs comme le BTP ralentissent. Cela crée un effet domino : quand une entreprise n’est pas payée, elle ne peut plus régler ses sous-traitants. Les délais de paiement sont devenus un véritable fléau, et les petites entreprises sont en première ligne. »

À ces difficultés Kevin Jean-Baptiste ajoute le manque de visibilité qui freine l’investissement : « Les gens ne peuvent pas investir s’il n’y a pas de stabilité fiscale », souligne-t-il. Plus largement, il appelle à remettre l’entreprise au cœur des préoccupations : « Si l’entreprise n’a pas la possibilité de se développer, il n’y aura plus d’activité ».

S’unir pour mieux agir

Face à ces situations, le nouveau président veut aussi pousser les entrepreneurs à ne plus subir seuls. Il cite notamment la possibilité de recourir au mandatement d’office lorsqu’une collectivité ne règle pas ses factures. Une démarche que certains dirigeants hésitent encore à engager, par crainte de détériorer leur relation avec leur donneur d’ordre. Mais pour Kevin Jean-Baptiste, l’enjeu peut aller jusqu’à la survie même de l’entreprise.

« Il faut apprendre à se faire confiance »

Mais au-delà des dispositifs, Kevin Jean-Baptiste insiste surtout sur un changement de culture. Dans une période de crise, estime-t-il, les entrepreneurs doivent davantage échanger, partager leurs expériences et se faire confiance.

« Souvent, les chefs d’entreprise restent seuls face à leurs difficultés », constate-t-il. Or la confiance joue directement sur la capacité à investir, à recruter et à se projeter. Se regrouper permet aussi de comprendre que les difficultés sont parfois communes et que des réponses collectives sont possibles.

C’est cette dynamique que le nouveau président veut insuffler à son mandat, dans la continuité du travail mené par sa prédécesseure, Céline Rose. Former les dirigeants, les aider à anticiper et recréer de la confiance constituent pour lui des conditions indispensables pour permettre aux entreprises de se développer.

Avec, en toile de fond, la conviction que l’entreprise ne peut pas être considérée comme une simple variable d’ajustement. Elle crée de l’activité, de l’emploi et de la valeur sur le territoire.