« Du visible à l’essentiel » de Fred Eucharis, « Intemporelle, Un temps pour elle » et « Rêve diurne » de Michaël Bé Caruge, trois univers picturaux d’artistes martiniquais présentés à la Fondation Clément

© Fondation Clément

« Du visible à l’essentiel » de Fred Eucharis, « Intemporelle, Un temps pour elle » et « Rêve diurne » de Michaël Bé Caruge, trois univers picturaux d’artistes martiniquais présentés à la Fondation Clément

Jusqu’au 5 juillet 2026, la Fondation Clément présente trois expositions personnelles « Du visible à l’essentiel » de Fred Eucharis, « Intemporelle, Un temps pour elle » d’Hector Charpentier et « Rêve diurne » de Michaël Bé Caruge. Trois artistes martiniquais qui déploient leurs univers picturaux différents dans un espace commun et une réflexion commune où la femme occupe une place centrale.

Depuis de nombreuses années, la Fondation Clément, Fondation du Groupe GBH, s’est positionnée comme un acteur majeur de la vie culturelle en Martinique en présentant notamment des expositions d’art contemporain et en menant des actions de mécénat en faveur du patrimoine culturel à la Martinique. Depuis 2011, on compte plus de 150 expositions dans tous les domaines de l’art proposées par la Fondation Clément.

C’est dans cette dynamique culturelle que s’inscrivent ces trois expositions personnelles présentées jusqu’au 5 juillet prochain de trois artistes –peintres martiniquais qui, malgré des univers picturaux distincts, ont en commun un espace pictural basé sur leur interrogation entre la figuration et l’abstraction, l’esprit et la matière, et une volonté de valoriser la figure féminine.

« Intemporelle, un temps pour elle » d’Hector Charpentier

A commencer par Hector Charpentier avec son concept de « figurabstration » créé au début des années 90 comme une réponse critique à l’opposition historique entre figuration et abstraction. Un concept qui s’affirme comme une troisième voie, comme un espace pictural où la représentation du visible et l’expression du monde mental coexistent selon une organisation rigoureuse et pensée.

Dans cette exposition intitulée « Intemporelle, Un temps pour elle », Hector Charpentier nous donne à voir une construction de l’image par strates successives où la figure humaine, souvent féminine, y occupe une place centrale. Une façon d’affirmer, par la « figurabstration » la peinture comme « un lieu de synthèse entre matière, esprit et mémoire ».

© Robert Charlotte

« Du visible à l’’essentiel » de Fred Eucharis

Passer « Du visible à l’essentiel », c’est à un voyage rempli de couleurs et de formes auquel nous convie Fred Eucharis qui, à l’instar d’Hector Charpentier, se veut un adepte de la « figurabstraction » et se dit fasciné par « l’équilibre des formes et des couleurs » qu’il expérimente depuis son plus jeune âge. S’inspirant d’artistes célèbres tels Vassily Kandinsky, Roland Chanco, Maurice Estève, Diego Rivera ou encore le maître Pablo Picasso, Fred Eucharis, artiste autodidacte, tente de parvenir à une synthèse de tendances multiples de l’art contemporain.

© Robert Charlotte

« Je produis des œuvres simplifiées et tactiles sur des fonds indéfinis et abstraits », explique- t-il, faisant état d’une écriture enrichie des apports du fauvisme, du cubisme et de l’expressionnisme qui, selon lui, reste « une quête de cohérence et d’authenticité, à travers des thèmes variés : mythes, croyances, sacré, symboles, scènes de vie quotidienne ».

« Rêve diurne » de Michaël Bé Caruge

Quant à Michaël Bé Caruge, dans « Rêve diurne », il nous propose une galerie de portraits féminins. Sans se poser en porte-parole des femmes, l’artiste, nous dit Claude Cauquil, autre artiste-peintre et plasticien martiniquais, « porte sa propre parole des femmes, en se faisant le témoin de leurs vies, de leurs espoirs, de leurs joies, de leurs douleurs » et en racontant ce qu’il voit de « leur force, et surtout de leur dignité ».

Ici, les femmes sont présentées en individus libres et de toute contrainte liée à leur genre car l’artiste refuse de les représenter en quelconque objet de désir sexuel et de les reléguer au rôle social réducteur de génitrice sacrifiée sur l’autel de la reproduction ou de l’éducation.

Dans « Rêve diurne », Michaël Bé Caruge nous propose des tranches de vies de femmes et « fait renaître des lieux, des époques, des engagements à travers une promenade ponctuée de références géographiques et culturelles », s’émerveille Claude Cauquil. Trois beaux voyages picturaux dans un même lieu et dans un même esprit qui sont de nature à générer autant matière à découvertes, à réflexion, que d’émotions à ressentir et à partager.

Mickael Bé Caruge ©Adagp, Paris, 2026 Crédit Photo : Robert Charlotte

« Du visible à l’essentiel » de Fred Eucharis, « Intemporelle, Un temps pour elle » d’Hector Charpentier et « Rêve diurne » de Michaël Bé Caruge

Jusqu’au 5 juillet 2026

Tous les jours de 9h à 18h30

Fondation Clément

Domaine de l’Acajou

97240 Le François – Martinique

Renseignements : www.fondation-clement.org

Entrée gratuite