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Congrès de l’eau : ce qu’il faut retenir des résolutions votées par les élus de Guadeloupe
© RCI Guadeloupe

Ce mercredi 24 juin, le Congrès des élus consacré à l'eau s'est ouvert dans la matinée au Conseil départemental de la Guadeloupe. La reprise des échanges a été amorcée à 15 heures, avec la présentation du plan d'action et le débat autour des quatre résolutions, dont trois votées à l'unanimité. Détails avec notre partenaire RCI Guadeloupe.

La question de la gouvernance en matière d’eau et d’assainissement a fortement marqué la première partie de ce Congrès avec les différentes prises de paroles de Guy Losbar, du Préfet de Région ou encore du vice-président de la Région Guadeloupe.

Ce mercredi après-midi (24 juin), dans la continuité de cette même journée de Congrès de l'eau qui se tient au Conseil départemental de la Guadeloupe à Basse-Terre, les débats ont repris de plus belle.

L'objectif de l'après-midi était clair : trouver des actions concrètes pour sortir rapidement de la crise de l’eau et ramener le liquide au plus vite dans les robinets des usagers à travers un plan d’action à court, moyen et long termes.

Le plan d'action du cabinet ARFI

Arnaud Fidelin, dirigeant de la société ARFI, a pris la parole pour proposer un plan actif de sortie de crise et de résolutions possibles.

Il a notamment pointé du doigt un problème majeur de recouvrement sur les recettes du SMGEAG, avec 51% des compteurs qui dysfonctionnent.

Pour y remédier, son plan s'appuie sur un plan pluriannuel d’investissement et un contrôle actif des fuites par une recherche active sur le terrain.

Les chiffres de ce plan d'action

Le représentant a exposé l'impact des fuites en rappelant que 2 747 fuites sont actuellement connues selon le SMGEAG, mais qu'elles sont devenues impossibles à régler en raison des dettes.

Le plan d’action repose sur six piliers fondamentaux :

  • Eau disponible
  • Information fiable
  • Qualité sanitaire
  • Facturation juste
  • Réparations usagers
  • Suivi citoyen

Pour rénover le réseau d’eau, les estimations financières des actions prioritaires se chiffrent ainsi :

  • Un challenge de 5 millions d'euros par an pour poursuivre le renouvellement des compteurs d’eau
  • 15 millions d’euros par an pour poursuivre le renouvellement des branchements
  • 4,5 millions d’euros pour régler la pression du réseau des feeders et des réseaux à fort dénivelé, compte tenu des réservoirs qui sont parfois en hauteur
  • Un challenge de 5 millions d'euros par an pour lancer un programme de réparation de fuites après un compteur
  • Un challenge de 5 millions d’euros par an pour remplacer les « ficelles » par des antennes structurées.

Le cabinet note que le site de Vernou (Capesterre-Belle-Eau) est actuellement en surproduction, tandis qu'une volonté de renforcer la communication du SMGEAG a été affichée.

213,5 millions engagés sur cinq ans

La synthèse budgétaire sur cinq ans des actions prioritaires prévoit des investissements successifs de 213,5 millions, puis 54, 48, 41, et notamment 21 millions d’euros en dernière année.

Alors que 40% de la population est aujourd'hui impactée par les tours d’eau, la projection table sur 15% pour 2029 et une possible disparition des tours d’eau d’ici 2031 grâce aux différentes mises en place de ce plan sur cinq ans.

Ce dernier s'appuie sur quatre leviers pour gérer les fuites : la gestion des infrastructures, le contrôle actif des fuites, la rapidité et la qualité des réparations, ainsi que la gestion de la pression.

En parallèle, Harry Placide, directeur territorial du SMGEAG, a annoncé l'acquisition d'un logiciel qui permet de gérer le réseau en temps réel. La mise en service opérationnelle se fera dès le mois de juillet sur trois premières zones de distribution : au Gosier, à Pointe-à-Pitre et à Trois-Rivières.

Première résolution : le plan d'urgence quadriennal de résilience hydrique

Le projet de résolution numéro 1, axé sur la discussion autour du plan d’action et de résolution pour la mise en œuvre d’un plan d’urgence de résilience hydrique visant à renforcer l’accès à l’eau contre les fuites et à moderniser les équipements d’assainissement, a été présenté par le maire de Capesterre-Belle-Eau, Jean-Philippe Courtois.

Les élus Fabrice Minatchy, David Nebor, Thierry Abelli, Olivier Serva et Christian Baptiste sont intervenus pour compléter en profondeur cette première résolution et apporter des amendements, en particulier sur les articles 4, 5, 6 et 7.

Après ces modalités mises en place, le projet de résolution numéro 1 a été adopté par un vote unanime des élus du Congrès au Conseil départemental.

Ce qu'il faut retenir de cette première résolution à travers ses huit articles :

Article 1 : Adoption d'un plan d'urgence quadriennale de résilience hydrique

Article 2 : Approuver le principe d'un plan d'urgence quadriennale visant l'amélioration tangible de la continuité du service et ciblé prioritairement sur la résolution de 10 000 fuites par an, la réfection des réseaux d'eau en Guadeloupe et la mise à niveau des unités de traitement pour garantir la qualité de l'eau distribuée

Article 3 : Ce plan d'urgence intègre les secteurs les plus exposés aux coupures, aux pertes en réseau et aux situations vulnérables

Article 4 : Programmation opérationnelle territorialisée.

Article 5 : Renforcement des aides aux équipements de résilience hydrique et d'assainissement. Les dispositifs d'aides à l'amélioration de l'habitat portés par la région et le département sous condition de ressources, incluront parmi les dépenses éligibles, l'installation des citernes d'eau de pluie, la mise aux normes des équipements d'assainissement non collectif ainsi que la réparation de fuites après compteur.

Article 6 : Programme pluriannuel sur 10 ans pour financer des forages sécurisés et l'interconnexion régional du réseau.

Article 7 : Équiper toutes les écoles de Guadeloupe de citernes tampons.

Article 8 : Comité de suivi trimestriel sur l'avancement des opérations

À l'issue du vote, le président du congrès des élus de Guadeloupe a été mandaté pour remettre officiellement cette résolution au gouvernement.

«L'eau ne peut pas payer l'eau»

Le maire de Lamentin, Jocelyn Sapotille, a ensuite présenté la 2e résolution de ce congrès, qui affiche la volonté d'un calendrier lié à ce plan d’action pour qu'il soit opérationnel au début de l’année 2027. Ce projet intègre deux nouveaux articles (les articles 9 et 10).

Au cours de la séance, Guy Losbar, président du Conseil départemental, a fait part de sa volonté de diminuer le déficit à partir des économies de charges.

L'intervention du représentant de l’État, le préfet de Région Thierry Devimeux, a marqué les esprits. «La vraie résolution, ce n’est pas le comptable, c’est l’assainissement», a déclaré le Préfet de Région, tout en prônant un programme d’investissement à hauteur de 100 millions d’euros par an. Statuant que «l’eau ne peut pas payer l’eau», il a martelé : « Le SMGEAG doit se restructurer ».

Le représentant de l'État demande de trouver un investissement lourd, un « pack financier », pour aider la lutte incendie, l’assainissement, et afin que le déficit de fonctionnement du SMGEAG puisse être pris en compte pour sortir les Guadeloupéens de cette crise.

Le Préfet espère une réduction du déficit du SMGEAG d’ici à 2031, soulignant qu'un transfert de plus de 79 agents à 109 agents doit être retransféré vers les collectivités qui avaient elles-mêmes transféré la compétence aux syndicats il y a quelques années.

Les détails de la seconde résolution

L’État pourra apporter 14 millions d’euros via le plan COROM, mais il compte sur l’engagement des collectivités locales à ses côtés pour atteindre cet objectif de redressement à l’horizon 2031.

Les différents articles de cette seconde résolution se déclinaient ainsi :

Article 1 – Adoption d’un plan pluriannuel de retour à l’équilibre du SMGEAG : Adopter le principe d’un plan pluriannuel de retour à l’équilibre de fonctionnement du SMGEAG, fondé à la fois sur la maîtrise de ses charges, l’amélioration de ses recettes et une solidarité financière assumée entre ses membres, l’Etat et d’autres partenaires publics.

Article 2 – Adaptation de l’organisation et des ressources humaines du SMGEAG : Affirmer le principe d’une adaptation progressive des moyens humains et de l’organisation du SMGEAG, reposant sur la mutualisation de certaines fonctions, les mises à disposition ou reprises d’agents par des institutions et collectivités membres et l’appui partagé en matière de gestion, sans suppression d’emplois et dans le respect des garanties statutaires.

Article 3 – Mise en œuvre d’un pacte de solidarité financière pour le service public de l’eau : Demander aux membres de confirmer leur contribution au déficit prévisionnel de 30 Meur par an du SMGEAG selon la clé de répartition suivante : • Etat : 14 M€ • Région : 4 M€ • Département : 4 M€ • EPCI : 8 M€

Article 4 – Elaboration et suivi du plan de redressement du SMGEAG : Volet spécifique du plan de retour à l'équilibre : reprise de 79 à 109 agents par les collectivités et institutions, dans le respect des garanties statutaires, en vue d’alléger la masse salariale du syndicat sans suppression d’emplois. La reprise des agents pourrait s’effectuer sur les bases suivantes : Région Guadeloupe : 5, Département de la Guadeloupe : 5, EPCI : 7 par EPCI (soit un total de 35 agents), Communes : 1 à 2 (soit un total de 32 à 64 agents).

Article 5 – Sécurisation de la trésorerie et mobilisation des financements : Demande au Syndicat Mixte d’Alimentation en Eau et d’Assainissement de la Guadeloupe, de procéder aux démarches nécessaires pour mobiliser la deuxième tranche d’un montant de 25 M€ du prêt contracté en avril 2022 auprès de l’AFD et de la Caisse des Dépôts et Consignation ; DEMANDE à l’Etat, en cas d’impossibilité de recourir au dispositif susmentionné, de renouveler la procédure dérogatoire utilisée en 2022 pour permettre la réalisation d’un nouveau prêt au bénéfice du SMGEAG. La Région et le Département apporteront leur garantie dans les mêmes termes que précédemment.

Article 6 – Accompagnement de la préfiguration et du déploiement de la régie Archipel’Eau : Accompagnement de la préfiguration et du déploiement de la régie Archipel’Eau. Le congrès demande aux collectivités et EPCI membres du SMGEAG de s’engager pour doter dès le départ la régie des moyens nécessaires au bon exercice de ses compétences ; ATTEND du SMGEAG et de la régie Archipel’Eau qu’ils utilisent la phase de préfiguration pour définir des mesures en termes de gouvernance future de la régie, d’organisation des services et de transfert des ressources humaines du syndicat vers la régie, à même de garantir le bon fonctionnement ultérieur de la Régie ; RECOMMANDE que ces mesures fassent l’objet de larges consultations préalables tant auprès des collectivités membres du SMGEAG, et de l’Etat que des collectifs et associations d'usagers.

Article 7 – Renforcement de la gouvernance et de la participation des usagers : Initier le processus de refonte des statuts du SMGEAG permettant d’intégrer un représentant des usagers au conseil syndical avec voix délibérative.

Article 8 – Information des usagers, continuité du service et convergence tarifaire : Mettre en place un dispositif généralisé d’alerte en faveur des usagers. Ces alertes feront l’objet de diffusions préalables par SMS au moins 24 heures avant l’événement objet de l’alerte. Elles concerneront la qualité de l’eau et les tours d’eau. Des informations statistiques sur les tours d’eau seront publiées. Au-delà de 48 heures de coupure, la mise en place, à la charge du SMGEAG, de toutes les mesures nécessaires à l’alimentation en eau potable des usagers impactés : distribution de packs d’eau, livraison par des camions-citernes, mise en place de points de distribution.

Article 9 – Mise en place d’un comité de suivi : Convergence vers un tarif unique de l’eau soit engagée et stabilisée avant fin 2027.

Article 10 : Mettre en place un comité de suivi trimestriel permettant de présenter aux collectivités et partenaires financeurs ainsi qu’aux représentants des usagers, la trajectoire des différentes mesures de redressement.

La question du transfert des agents du SMGEAG

Les débats se sont longuement poursuivis autour de la question du retransfert d’une centaine d’agents vers les collectivités, un sujet qui a occupé une large partie du débat. Si les élus y sont globalement favorables, certains ont tiré la sonnette d'alarme.

C'est le cas de Gabriel Foy, le maire de la commune de Terre-de-Bas, aux Saintes, qui a averti que toutes les mairies n’ont pas les moyens financiers d’aider le syndicat.

Les modalités du plan d’action ont été validées : la résolution numéro 2 a été adoptée par la majorité des élus, à une voix contre près (un seul élu du congrès a voté contre cette deuxième résolution qui prévoit la reprise d'une partie du personnel par les collectivités).

Troisième résolution : vers une Opération d'Intérêt National (OIN)

Enfin, la sénatrice Solanges Nadille a présenté la résolution numéro 3. Après l'examen des différents amendements posés pour cette troisième résolution, les articles retenus s'articulent ainsi :

Demande au Gouvernement de prendre ses responsabilités dans le cadre d’une Opération d’intérêt national (OIN) afin de conduire un programme, exceptionnel par son ampleur et sa durée, de reconstruction du système d’eau et d’assainissement de la Guadeloupe.  L’OIN constituerait un outil de maîtrise d’ouvrage exceptionnelle, limité dans le temps, destiné à reconstruire les ouvrages. Une fois les ouvrages livrés, ceux-ci reviendraient immédiatement dans le patrimoine du SMGEAG qui continuerait à les exploiter. 

Demande à l’Etat d’assurer le pilotage stratégique de l'Opération d'Intérêt National et de mobiliser les moyens financiers, techniques et administratifs nécessaires à sa mise en œuvre. À ce titre, l’Etat coordonnera les financements, garantira la cohérence du programme de reconstruction et accompagnera les collectivités et le SMGEAG dans sa réalisation. L’Etat devra s’engager à apporter 70% des financements nécessaires à la mise en œuvre de l'Opération d'Intérêt National. Le SMGEAG demeurait l’autorité compétente en matière d'eau potable et d'assainissement 

Demande au Gouvernement et au Parlement de mettre en œuvre, dans les meilleurs délais, les adaptations législatives et réglementaires nécessaires permettant :  - la création, en Guadeloupe, dans le cadre d’une Opération d’Intérêt National (OIN) dédiée à la réfection et au renouvellement des infrastructures d’eau potable et d’assainissement, d’un dispositif dérogatoire de portage financier des investissements structurants réalisés pour le compte du SMGEAG ; - la définition d’un régime budgétaire, comptable et fiscal spécifique associé à ce dispositif, notamment en matière de traitement de la dette (existante et nouvelle), afin de préserver la soutenabilité financière du SMGEAG et d’éviter tout effet d’éviction sur ses capacités d’emprunt ; d’éligibilité au Fonds de compensation de la taxe sur la valeur ajoutée (FCTVA) des dépenses d’investissement réalisées dans ce cadre, quelle que soit la structure de portage retenue (État, établissement public national, opérateur habilité ou collectivité porteuse), de manière à sécuriser et maximiser l’effet levier des financements publics.

Demander au Gouvernement de procéder à la création d’une structure de défaisance, à l’exemple de la Caisse d’amortissement de le dette sociale (CADES) créée par l'ordonnance nᵒ 96-50 du 24 janvier 1996, ayant vocation à reprendre tout ou partie de la dette historique héritée du SIAEAG ainsi qu’une partie des dettes accumulées par le SMGEAG depuis sa création. Cette structure aurait pour objet : • de cantonner les passifs historiques ne relevant pas directement de l’exploitation courante du service ; • de sécuriser le redressement financier du SMGEAG ; • de restaurer sa capacité d’investissement et d’emprunt ; • de préserver les équilibres financiers des EPCI membres ; • de permettre la mobilisation prioritaire des ressources du SMGEAG vers les investissements indispensables à la reconstruction et à la modernisation des infrastructures d’eau et d’assainissement.  La gouvernance, les modalités de financement, la durée de vie ainsi que les conditions d’extinction de cette structure feront l’objet d’un dispositif spécifique défini par l’État en concertation avec les collectivités de Guadeloupe. SOLLICITE que ce dispositif soit applicable aux : • exploitations agricoles ; • éleveurs ; • restaurants ;

Demander au Gouvernement de mettre en œuvre une adaptation législative permettant la création en Guadeloupe d'un dispositif fiscal renforcé en faveur des investissements de récupération et de valorisation des eaux de pluie ; • entreprises agroalimentaires ; • bouchers, poissonniers et métiers de bouche ; • établissements touristiques ; • activités artisanales et de services consommant des volumes significatifs d'eau ; Et que soient éligibles : • Les citernes et réservoirs de stockage ; • Les équipements de collecte et de filtration ; • Les systèmes de pompage ; • Les réseaux séparatifs ; • Les dispositifs de traitement adaptés aux usages autorisés ; • Les études préalables et frais d'ingénierie ; 

PROPOSE que le bénéfice du dispositif soit concentré en priorité sur les communes et secteurs identifiés par le SMGEAG comme connaissant les tensions les plus importantes en matière d'alimentation en eau ;

DEMANDE que ce dispositif puisse prendre la forme : • D’un crédit d'impôt renforcé ; • D’une déduction fiscale exceptionnelle ; • Ou d'un mécanisme de défiscalisation analogue à ceux déjà mis en œuvre outre-mer pour les investissements productifs ;

INVITE l'État, la Région, le Département, le SMGEAG, l'Office de l'Eau et les chambres consulaires à élaborer un programme coordonné d'accompagnement technique des porteurs de projet ;

Instauration d’un comité de suivi De mettre en place un comité de suivi trimestriel permettant aux collectivités et partenaires, de s’assurer de l’état d’avancement des mesures de la présente résolution. 

A la suite des débats, cette troisième résolution a été adoptée à l'unanimité des élus lors cet hémicycle.

Quatrième et dernière résolution votée :

Aux alentours de 19 heures, ce 20ème Congrès des élus s'est clôt sur un vote unanime des élus de la quatrième et dernière résolution, lors de cet hémicycle. Celui-ci se présente comme suit :

Article 1 – Solidarité envers les usagers D’approuver le principe de la mise en place, sous l’égide du SMGEAG, d’un dispositif de tarification sociale de l’eau destiné aux ménages en situation de précarité.

Article 2 – Soutien aux populations lors des épisodes de pénurie De créer un dispositif de solidarité financé notamment par le Département, la Région, les EPCI et les autres partenaires publics, permettant la mise à disposition de cartes prépayées destinées à l’achat de bouteilles d’eau ou de tout autre mécanisme adapté afin de faciliter l’accès à l’eau potable lors des épisodes de pénurie prolongée.

Article 3 – Mise en place d’un « Chèque Eau » De mettre en œuvre à l’initiative du Conseil départemental, un dispositif de « Chèque Eau » destiné à accompagner les foyers en grande précarité dans le règlement de leurs factures d’eau, selon des critères sociaux objectifs définis en concertation avec les organismes compétents.  Article 4 – Développement des compétences dans les métiers de l’eau.

Article 4 – Développement des compétences dans les métiers de l’eau : D’affirmer que le redressement durable du service public de l’eau doit s’appuyer sur une politique ambitieuse de développement des compétences, de formation, d’insertion et de profesionnalisation.

Article 5 – Lancement d’une démarche EDEC Eau : DEMANDE à l’État, à la Région, aux branches professionnelles, aux opérateurs de compétences et aux partenaires économiques d’engager une démarche de type Engagement de Développement de l’Emploi et des Compétences (EDEC) dédiée à la filière de l’eau en Guadeloupe afin : • d’anticiper les besoins en compétences ; • d’accompagner les mutations du secteur ; • de sécuriser les parcours professionnels ; • de favoriser l’emploi local dans le cadre des investissements programmés.

Article 6 – Clauses d’insertion et emploi local INVITE l’ensemble des maîtres d’ouvrage publics, le SMGEAG, les collectivités et les entreprises attributaires de marchés liés à l’eau et à l’assainissement à intégrer des objectifs d’insertion, d’alternance et de développement de l’emploi local dans leurs opérations. 

Article 7 -Comité de suivi DECIDE de mettre en place un comité de suivi trimestriel permettant de présenter aux collectivités et partenaires financeurs ainsi qu’aux représentants des usagers, la trajectoire des différentes mesures.

Article 8 – Transmission MANDATE le Président du Congrès des élus afin de transmettre la présente résolution au Premier ministre, aux ministres compétents, au Préfet de la Guadeloupe, au Président du Conseil régional, au Président du Conseil départemental, aux présidents des EPCI, au Président du SMGEAG, au Président de l’Office de l’Eau, ainsi qu’aux parlementaires de la Guadeloupe. 

Réactions

Charles-Édouard Nicaise, référent eau de l'association pour le redressement et le développement de Bas-du-Fort : « L'initiative est bonne parce qu'elle correspond effectivement à de fortes attentes et beaucoup des usagers que nous représentons. Nous demandions à être la voix des usagers, à être reçus, à être entendus, ce qui a été fait. Maintenant, on ne va pas se contenter de bonnes paroles si étayées ou détaillées qu'elles aient pu être à un certain moment. Mais encore une fois, ce sont des résolutions et même si elles sont votées ici en plénière, il faut qu'elles deviennent effectives, ces résolutions. Nous, on ne juge pas simplement les intentions ni les résolutions, on juge les actes et les résultats. Je l'ai dit en séance, nous serons les vigiles du robinet. Nous allons suivre effectivement chaque mesure. Nous voulons déjà avoir mis à disposition de façon très structurée et documentée l'ensemble des résolutions qui seront traduites par des engagements et des plans opérationnels. Nous allons les suivre et tous les trimestres, nous rendrons compte de l'exécution réelle ou non des dispositions qui viennent d'être reprises dans des résolutions qui restent encore générales, qui restent à préciser.»

Jean-Claude Malo, président de la Commission de surveillance du SMGEAG : « Ce qui a manqué cet après-midi, c'est la précision. Pour nous, la Commission de surveillance, je l'ai expliqué ce matin, l'article 2 n'est pas bien précisé. L'intervention qu'il a fait disant que nous avons pris en compte, c'est que quand ils nous disent: représentants les usagers, ça ne peut être que les membres de la Commission de surveillance ou la Commission de surveillance. C'est le respect de la loi et la défense de la commission de surveillance. Maintenant, nous avons déjà entendu beaucoup de belles paroles et nous serons vigilants pour que ce qui s'est dit soit effectivement mis en pratique réelle. Il y a une chose que j'ai déploré, c'est que quand vous chiffrez et que vous n'avez pas tous les éléments, il faut faire très attention à avancer de chiffres parce que ça peut se retourner contre les élus»

Par RCI Guadeloupe