En 2025, selon un récent bilan de l’Agence française de développement (AFD), cette dernière a engagé 882 millions d’euros pour les territoires ultramarins, plus un prêt garanti par l’État (PGE) de 800 millions en faveur de la Nouvelle-Calédonie afin d’assainir ses finances publiques. Hors PGE cependant, ce montant est en baisse de 10 millions par rapport à 2024. Dans un contexte de crise économique, ce repli s’explique par la diminution des ressources budgétaires octroyées à l’AFD. Les financements ont principalement soutenu des projets environnementaux et sociaux mis en place par les collectivités locales et les entreprises privées.
Les investissements portent sur les infrastructures essentielles (santé, eau et assainissement), et mobilisent des Facilités Multi-Tranches (FMT). Celles-ci, instaurées en 2024, permettent de subvenir aux besoins des collectivités en accompagnant les politiques publiques (climat, genre et gestion budgétaire…). Elles sont dotées d’une enveloppe pluriannuelle sur les tranches successives. « Nous avons, par exemple, financé le projet Triton-Petit-Saut, en Guyane, qui permettra la construction d’une centrale biomasse afin de couvrir 8% de la production totale guyanaise. (…) La ville de Koungou, à Mayotte, a bénéficié d’un financement de l’AFD de 15 millions pour son projet de rénovation/construction de logements et bâtiments scolaires afin d’améliorer la qualité de vie des habitants et l’accès à l’éducation des enfants », souligne Matthieu Discour, directeur du département Trois océans de l’AFD.
L’AFD a maintenu son appui aux maîtrises d’ouvrage publiques grâce au Fonds Outre‑mer (FOM), doté de 9,4 millions d’euros par le ministère des Outre‑mer et ayant permis le financement de 37 projets. Cette dotation a également rendu possible la mise en place d’une facilité dédiée à la coopération, visant à renforcer l’intégration et la participation des territoires ultramarins aux initiatives régionales. Par ailleurs, le FOM a reconduit son soutien au Plan eau DOM (PEDOM) pour un montant de 600 000 euros, ainsi qu’au Partenariat pour l’efficacité énergétique des bâtiments (PEEB), financé à hauteur de 800 000 euros.
Les chiffres clés
« 882 millions d’engagements dans les Outre-mer en 2025, hors PGE pour la Nouvelle-Calédonie ; 556 M € pour le secteur public ; 169 M € pour le secteur privé, dont 107 M € de prêts à conditions de marchés aux entreprises et 62 M € de refinancement du secteur bancaire ; 156 M € de garanties pour le secteur privé ; 163 projets accordés en 2025, dont 37 soutenus par le Fonds Outre-mer (FOM), un fonds d’ingénierie géré par l’AFD pour le compte du ministère des Outre-mer ; 14 projets régionaux (entre territoires ultramarins et États étrangers voisins) ; 39% des projets financés présentent un co-bénéfice climat, un chiffre en progression continue depuis 2021 ; 1 M € pour la phase pilote du programme Coopérations régionales ultramarines (Coréom) à destination de la société civile pour appuyer des projets de coopération ». (Source AFD).
Les prêts directs en direction des entreprises ont atteint 107 millions en 2025, soit une progression de 14%. La transition énergétique demeure le centre de l’activité, avec des investissements pour une centrale géothermique en Guadeloupe et de projets photovoltaïques aux Antilles-Guyane. L’AFD a également appuyé le secteur bancaire des Outre-mer à hauteur de 62 millions, par une ligne de crédit climat octroyée à la Banque polynésienne du développement durable (Socredo) dans ce territoire et de financements de programmes d’hôtellerie durable en Martinique et à Mayotte.
« L’activité de garanties a atteint un niveau record avec 154 M € accordés à la Société de gestion de fonds de garantie d'Outre-mer (SOGEFOM, 84 M € en 2024) dans le cadre du dispositif « Reconstruction » pour la Nouvelle-Calédonie. Au total, plus de 2100 garanties ont été octroyées en 2025, pour un montant moyen de 80 000 €, bénéficiant principalement aux TPE (très petites entreprises, 87% des opérations) et contribuant au maintien de plus de 8700 emplois », rapporte également l’AFD.
Pour revenir à la coopération régionale, elle constitue un pivot majeur de la vision stratégique de l’AFD, avec un soutien à 14 projets liant certaines régions des Outre-mer à leurs pays voisins. Le projet Caribsan (Coopération inter-caraïbe pour la valorisation des Filtres Plantés de Végétaux (FPV) pour le traitement des eaux usées, ndlr) ainsi est entré en phase 2 pour un montant de 3 millions d’euros à Sainte-Lucie, à la Dominique et à Cuba, avec l’appui de l’Office de l’Eau de la Martinique. L’année 2025 a vu aussi le démarrage de la phase pilote du Coréom, doté d’un million de financements pour 16 projets comprenant cinq territoires (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte) et leurs homologues régionaux. La deuxième phase sera lancée avant fin 2026, suite au succès de la phase pilote.
PM

