Depuis ce 1er janvier, les snacks, roulottes et autres restaurants sont obligés de proposer de la vaisselle réutilisable pour tous les plats consommés sur place. Les assiettes, couverts et verres en plastique et en alu, déjà interdits d’importation depuis juillet dernier, sont bien sûr visés mais aussi, cette fois, la vaisselle en carton. La Diren, qui a dressé 47 PV sur les lois antiplastique, promet de nouvelles salves de contrôle, et appelle les professionnels à commencer à s’organiser pour la suite : l’interdiction des barquettes en plastique pour les plats préparés dans six mois, la fin des emballages plastiques des fruits et légumes en 2027, et celle des films étirables l’année suivante. Un sujet de notre partenaire Radio 1 Tahiti.
Le calendrier est discuté depuis 2022, gravé dans le marbre de la loi depuis 2024, mais il ne manque pas de créer des accrocs à chaque étape. La loi antiplastique -ou plutôt la « loi sur la réduction de l’utilisation des produits à usage unique »- avait déjà contraint les restaurateurs à systématiquement proposer des carafes d’eau sur leur carte et dans leur salle, puis interdit les gobelets, verres, assiettes, pailles et autres couverts en plastique et en alu à usage unique, dans les magasins et les restaurants, depuis le 1er juillet dernier.
Ce 1er janvier c’est une marche encore un peu plus haute que les autorités demandent aux snacks, roulottes et autres établissements de restauration de franchir : servir les repas et boissons consommés sur place uniquement dans de la vaisselle ré-employable. Pas question, donc de se contenter d’un bol en carton et de couverts en bois : ces ustensiles ne doivent pas être jetables, mais être récupérés par les restaurateurs pour être lavés et réutilisés.
Des PV « pour aboutir rapidement à une mise en conformité »
À la direction de l’Environnement, on sait que l’application de cette nouvelle règle ne va pas se faire sans accrocs, surtout dans les roulottes, petits snacks et même stands alimentaires. Mais elle est jugée nécessaire pour réduire la quantité de déchets produits en Polynésie, et qui représente un poids important tant du point de vue environnemental que des finances publiques. C’est ce que précise Ryan Leou, chef de projet en gestion des déchets, qui défend cette « nouvelle étape » visant à « empêcher l’utilisation de la vaisselle jetable lorsque cela n’est pas nécessaire ».
Le responsable promet à la fois contrôles et accompagnements des professionnels dans cette nouvelle phase. Ce qui a déjà été le cas ces derniers mois, assure la Diren, qui comptabilise 90 établissements contrôlées « sur Tahiti, aux Marquises, aux Australes et aux îles Sous-le-Vent », et surtout 47 procès-verbaux dressés. Mais PV ne veut pas systématiquement dire sanction.
« Quand on se déplace pour réaliser un contrôle, et qu’un Procès-verbal est dressé, il y a une procédure contradictoire qui s’ouvre, mais aussi un accompagnement, pour aboutir rapidement à une mise en conformité », précise Ryan Leou, chef de projet en gestion des déchets. Quant aux infractions relevées, elles ont concerné à la fois des restaurateurs et des magasins, qui sont aussi visés par l’interdiction des sacs en plastique à la caisse depuis 2022.
Nouvelles étapes : « C’est maintenant qu’il faut réfléchir »
La loi plastique n’a pas fini d’être déroulée puisque dès le mois de juillet 2026 ce seront les « contenants ou récipients alimentaires en plastique ou aluminium à usage unique » qui seront interdits. Probablement l’étape la plus ambitieuse de l’application de cette réglementation votée en 2024, et qui prévoit aussi, début 2027, l’interdiction des emballages de fruits non transformés en magasin, puis, début 2028, l’interdiction des films plastiques étirables.
Fini les « barquettes », si nombreuses dans les magasins, les bords de route ou les snacks dans six mois ? Pas totalement, précise Ryan Leou. Seuls les plats créés pour être consommés dans la journée -avec une date limite de consommation de moins d’un jour- sont concernés, excluant par exemple, les boites de sushis et autres poissons crus, qui ont souvent des DLC de 48 ou 72 heures.
Plusieurs fois, ces derniers mois et ces dernières années, des représentants du secteur de la restauration ou de l’industrie ont tiré la sonnette d’alarme sur les coûts que représentaient ces nouvelles contraintes, sur les implications en termes d’hygiène et, surtout, sur le manque d’alternatives pour certains produits.
Industriels comme restaurateurs disent n’avoir « aucune solution » sur la question des films plastiques, qui doivent donc disparaitre dans deux ans, certains rechignent encore à s’équiper pour pouvoir laver et réutiliser la vaisselle dans leur snack ou roulotte, et les traiteurs font face à des produits beaucoup plus chers pour remplacer les barquettes en juillet.
Du côté de la Diren, on assure que l’application de ces règles est possible, à condition de s’investir dans la question. Et d’être ouverts à de nouveaux produits ou le retour de vieilles techniques, comme la consignation. On renvoie, entre autres, vers les travaux des associations Te mana o te moana et Nana Sac Plastique, auprès de quelques professionnels volontaires.
Surtout, la direction rappelle que cette marche pour la limitation des déchets, notamment plastique, ne va pas s’arrêter : un appel d’offres est en cours pour une étude d’impact sur l’interdiction des bouteilles en plastique de moins de 1,5L. « On invite chaque professionnel à faire l’analyse sur leur process, pour identifier lui-même des alternatives au plastique dans son activité », reprend Ryan Leou. « C’est maintenant qu’il faut réfléchir. »
L’évolution de la réglementation anti-plastique
Depuis 2022 : interdiction des sacs plastiques en caisse
Depuis le 1er janvier 2025 : Information obligatoire des clients de restaurants sur les carafes d’eau du robinet gratuites
Depuis le 1er juillet 2025 : Interdiction des gobelets, verres, assiettes, pailles, couvercles, couverts et touillettes en plastique ou en aluminium à usage unique.
Depuis le 1er janvier 2026 : Obligation de servir les repas et boissons consommés sur place dans de la vaisselle réemployable y compris en roulotte ou stand
À partir du 1er juillet 2026 : Interdiction des contenants ou récipients alimentaires en plastique ou aluminium à usage unique
À partir du 1er janvier 2027 : Fin des emballages plastiques pour fruits et légumes non transformés. Les élastiques pour bottes de légumes et herbes aromatiques restent autorisés
À partir du 1er janvier 2028 : Interdiction du film alimentaire plastique étirable
À l’étude : Interdiction des bouteilles en plastique de moins de 1,5L
Charlie René pour Radio 1 Tahiti























