Le Grand Port Maritime de la Martinique et le CNRS ont annoncé le lancement de Lab’o Coraux, un nouveau laboratoire de recherches dédié à la sauvegarde des récifs coralliens. Cette plateforme expérimentale est située sur le site portuaire de la Pointe des Carrières. Un sujet de notre partenaire RCI Martinique.
Un tout nouveau laboratoire de recherches dédié aux récifs coralliens a été lancé par le Grand Port Maritime de la Martinique et le CNRS. « Lab’o Coraux » est implanté sur le site portuaire de la Pointe des Carrières, et a pour mission de sauvegarder les coraux, en état d’urgence écologique en Martinique.
La couverture récifale est aujourd’hui inférieure à 5 %, contre 30 à 50 % il y a vingt ans. Le Lab O’Coraux va prélever les coraux, pour les restaurer grâce à des techniques de micro-bouturage. Ce procédé permet d’obtenir en un an des colonies qui mettent 10 à 20 ans à se former naturellement. Au-delà de la compensation environnementale, le laboratoire a pour objectif de devenir une plateforme de recherche de référence dans les Petites Antilles. Ce projet, financé à hauteur de 783 000 euros, s’inscrit dans un accord-cadre conclu en 2025, avec l’ambition de faire du port un modèle de transition socio-écologique.
Les travaux d’extension du port risquent de sévèrement endommager le récif corallien, le laboratoire doit empêcher leur anéantissement total, comme le précise Jean-Philippe Maréchal, responsable scientifique : « Les travaux ne les épargneront pas, donc l’idée c’est de sauvegarder une majorité de ces colonies, en les mettant en sécurité dans des bassins. Ensuite, nous allons procéder à des manipulations de micro-bouturages, c’est-à-dire les découper en petits fragments, afin qu’ils aient la capacité de grandir à nouveau ».
Les premiers prélèvements sont prévus en avril 2026. Et après huit mois de croissance, les colonies atteindront une taille suffisante pour être réimplantées sur un autre site de la baie de Fort-de-France, Jean-Philippe Maréchal : « Ces micro-colonies de cinq à six centimètres de diamètre, ont la capacité de fusionner, et de former une colonie un peu plus grande, de l’ordre de 20 cm. En procédant avec cette technique, on peut obtenir cette taille de colonies, en une année à peu près, alors qu’en milieu naturel, il aurait fallu une vingtaine d’années ».
Un plan de sauvegarde de l’écosystème
La réponse scientifique est apportée, mais ce projet ne se limite pas à compenser les travaux du port. Il s’inscrit dans une réflexion plus large sur la place de la nature dans un espace d’activité humaine intense, comme l’explique, Jean Raphael Gros Désormeaux, représentant CNRS Antilles : « Le port nous offre une opportunité de recherche dans le cas des coraux. Mais la question n’est pas seulement de replanter des coraux, mais de voir comment ce dispositif s’insère dans un socio-écosystème, y compris celui du port ».
LabO’Coraux a pour ambition d’étendre ses travaux de recherches et de travailler à une restauration écologique de la baie de Fort-de-France. Un choix stratégique, face à une réalité alarmante : aujourd’hui, les récifs coralliens couvrent moins de 5 % des fonds marins martiniquais.
RCI Martinique























