Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna : la Banque des Territoires adapte son action face aux réalités de terrain

© Hervé Tonnaire

Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna : la Banque des Territoires adapte son action face aux réalités de terrain

Du 9 au 17 mars derniers, Hervé Tonnaire, directeur Outre-mer de la Banque des Territoires s'est rendu dans le Pacifique, pour une mission de travail et de rencontres avec les acteurs locaux. Entre accompagnement de la reconstruction en Nouvelle-Calédonie et volonté de rendre plus opérationnelle son action à Wallis-et-Futuna, cette mission s’inscrit dans une logique de dialogue et d’adaptation aux besoins exprimés localement. Pour Outremers360, il revient sur les enjeux de ce déplacement.

Nouvelle-Calédonie : accompagner la reconstruction

En Nouvelle-Calédonie, la Banque des Territoires s'inscrit pleinement dans les travaux conduits par la mission interministérielle de reconstruction et de refondation du pacte économique du territoire. Ce chantier, mené de manière partenariale, s'articule autour de trois volets principaux sur lesquels l'établissement entend peser concrètement.

Le premier concerne le modèle du logement social, fragilisé par la crise, et les enjeux liés à la rénovation urbaine. Le deuxième porte sur le soutien aux collectivités et à leurs projets d'investissement. Le troisième axe vise l'appui au monde économique, dans une période où la stabilisation du territoire reste l'objectif prioritaire.

Pour Hervé Tonnaire, la priorité est de rester « aux côtés de la Nouvelle-Calédonie, y compris dans les moments les plus complexes, notamment après les difficultés liées à la crise qui avaient rendu les déplacements sur place plus compliqués ces dernières années ».

Wallis-et-Futuna : entrer dans la phase opérationnelle

La seconde étape du voyage, à Wallis-et-Futuna, répondait à une logique différente. La Banque des Territoires entretient depuis quatre ans avec l'Assemblée territoriale de Wallis-et-Futuna une convention d'ingénierie de projet qui, de l'aveu de son directeur, « ne satisfaisait pas pleinement » et dont les effets manquaient jusqu'ici de lisibilité et de direction claire.

L'objectif de ce déplacement était donc d'interroger cette relation, de rencontrer sur le terrain l'ensemble des parties prenantes, et de réfléchir collectivement à la manière de rendre cette convention plus efficace et plus ancrée dans les réalités du territoire, comme le précise Hervé Tonnaire : « A Wallis-et-Futuna, l'enjeu était de voir concrètement comment renforcer l'opérationnalité de nos actions sur le territoire, en partant avant tout des besoins exprimés par ses acteurs. »

Deux axes d'action prioritaires se dégagent. D'une part, un appui financier aux projets structurants portés par l'Assemblée territoriale, notamment en matière d'infrastructures, à l'image de la rénovation des quais. D'autre part, l'identification, en lien avec les partenaires locaux, de projets prioritaires sur lesquels la Banque des Territoires pourrait apporter un accompagnement ciblé : « On a demandé à nos partenaires d’identifier un ou deux axes d’appui particuliers sur le volet économique », précise-t-il.

Parmi les pistes évoquées figurent notamment le développement de filières locales ou de circuits courts. Mais la Banque des Territoires insiste sur une approche ascendante : « C’est à eux de nous dire, comment on peut les aider ».

Une méthode : écouter pour mieux agir

Au-delà des projets, ce déplacement illustre une méthode revendiquée, partir des besoins du terrain pour adapter les interventions. À Wallis-et-Futuna comme en Nouvelle-Calédonie, la Banque des Territoires cherche à affiner son rôle, entre accompagnement stratégique et soutien opérationnel. « On a rencontré pratiquement tout le monde », indique Hervé Tonnaire, soulignant l’importance de cette phase d’écoute.

Avec cette tournée dans le Pacifique, l’établissement public confirme ainsi sa volonté de rester un partenaire de long terme, capable d’ajuster ses outils aux réalités locales. Entre consolidation des modèles existants et émergence de nouveaux projets, l’enjeu est désormais de réussir à transformer le dialogue engagé en actions concrètes sur le terrain.