Quelques heures après avoir été élus au Congrès, les onze membres du 19e gouvernement se sont réunis ce 31 juillet pour désigner le président et vice-président de l’exécutif. Sans surprise, Milakulo Tukumuli a été nommé président. La vice-présidence sera assurée par Christopher Gygès, porte-parole du précédent gouvernement. Détails avec notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.
Les quatre listes ont été déposées hier, jeudi 30 juillet. Et les onze membres du 19ème gouvernement, qui remplace le 18ème, présidé par Alcide Ponga depuis janvier 2025, ont été élus par les 54 représentants du boulevard Vauban ce vendredi 31 juillet aux alentours de 10 heures. La liste présentée par les Loyalistes a recueilli 18 voix, obtenant ainsi quatre sièges au gouvernement, celle du Rassemblement avec l’Éveil océanien, dix voix, soit deux sièges, Kanaky NC, 19 voix, soit quatre places au sein de l’exécutif, et enfin l’UNI, sept voix, soit une représentation.
Aucun suspense quant à sa composition, connue depuis plusieurs jours déjà. Le nom de son président, Milakulo Tukumuli, était déjà annoncé depuis le 9 juillet, jour ou l’Éveil océanien, Les Loyalistes et Le Rassemblement, ont déclaré avoir noué un pacte de gouvernance, la veille de l’élection de celle qui était de fait promise à la présidence du Congrès, Virginie Ruffenach. Les autres noms ont circulé ces dernières semaines.
À ses côtés de Milakulo Tukumuli, son prédécesseur à la tête de l’exécutif, Alcide Ponga pour le Rassemblement a décroché un siège. Mais aussi, pour le compte des Loyalistes, Christopher Gygès, membre depuis bientôt neuf ans, notamment en charge de l’économie et porte-parole, Nina Julié, maire du Mont-Dore Générations NC, Laurent Bonnefond, ancien adjoint à la mairie de Nouméa, et Philippe Blaise, qui n’était pourtant pas candidat aux provinciales, pressenti pour le portefeuille du budget et peut-être de l’agriculture.
Chez les indépendantistes, Gilbert Tyuienon, le plus ancien de l’équipe, en place depuis 2011, soit quinze ans de présence au sein du gouvernement collégial, souvent en charge des transports, mais aussi Johanito Wamytan, tête de liste Kanaky pour tous aux provinciales, Ernest Déméné, sur la liste de Nouméa aux municipales, et Meryl Marlier, du groupe Kanaky NC. Enfin, Billy Forest, ancien secrétaire général de la province Nord, seul représentant de l’UNI.
Plus indécis, le poste de vice-président, resté inoccupé sous le 18e gouvernement, revient finalement à Christopher Gygès. Porte-parole du précédent exécutif, pour lequel il était aussi chargé d’animer les secteurs de l’économie, du budget, des comptes, du numérique ou encore de l’attractivité de la Nouvelle-Calédonie, il se voit de nouveau attribuer une place importante au sein du nouveau gouvernement.
Deux femmes
Au Congrès, Johanito Wamytan laisse son fauteuil à Joe Atinoua dans l’hémicycle et Amandine Darras à l’assemblée de la province Sud, Milakulo Tukumuli sera remplacé par Vaimu’a Muliava au Congrès et Laëtitia Cronsteadt à la province Sud, Nina Julié et Christopher Gygès par Muriel Malfar-Pauga et Nicolas Yamamoto au Congrès, et Lute Barbou et Jonas Taofifenua à la province Sud.
Au sein du nouveau exécutif, les femmes peinent toujours autant à se faire une place. Si elles sont deux, Nina Julié et Meryl Marlier contre une dans le précédent, Isabelle Champmoreau (qui a décidé de quitter la vie politique) – lorsqu’il a été constitué, il y en a eu deux par la suite, avec l’arrivée de Naïa Wateou en novembre -, elles n’en restent pas moins largement minoritaires, avec neuf représentants de la gent masculine. Un phénomène qui se répète et concerne plusieurs institutions comme le Sénat coutumier et le Cese, où les femmes ne sont que six à participer aux travaux pour 35 hommes. Lors des élections, la loi impose la parité, mais aux provinciales, seules quatre listes sur vingt-trois étaient conduites par une candidate.
Les portefeuilles toujours en discussion
Reste désormais à savoir comment seront répartis les différents portefeuilles. Le gouvernement dispose d’un délai de dix jours pour se mettre d’accord sur le sujet. Quelques secteurs seraient encore en discussion, comme l’agriculture.
Le discours de politique général, qui acte le lancement des travaux du nouvel exécutif, devrait également être prononcé dans les prochains jours par Milakulo Tukumuli devant les élus du Congrès.
Par Les Nouvelles Calédoniennes

