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Nouvelle-Calédonie : Le Congrès reporte l'examen du compte administratif

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Nouvelle-Calédonie : Le Congrès reporte l'examen du compte administratif
© Les Nouvelles Calédoniennes

Le vote du compte administratif, prévu ce mardi 28 juillet, au Congrès, a été ajourné en raison d’une erreur comptable. Les élus attendent une clarification de l’État. Une mission transpartisane est par ailleurs annoncée fin août, après l’élection du gouvernement, afin de discuter de la situation financière dégradée de la Nouvelle-Calédonie, qui pourrait rencontrer des difficultés pour terminer l’année. Explications avec notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes. 

Alcide Ponga participait à sa dernière séance au Congrès en tant que président du 18e gouvernement, ce mardi 28 juillet, le futur exécutif devant être élu vendredi. Et pas des moindres. À l’ordre du jour : l’examen du compte administratif 2025 de la Nouvelle-Calédonie, un document retraçant les recettes et dépenses réelles réalisées l’an passé (lire ci-dessous).

Un rendez-vous important, notamment en ces temps difficiles, qui permet de faire un état précis de la situation financière et de préparer le budget supplémentaire de l’année en cours. D’autant plus en cette période de changement de mandature. Lors de son examen en commission le 21 juillet au Congrès, Alcide Ponga déclarait même "que l’adoption du compte administratif revêt une importance particulière, dans la mesure où celui-ci traduit l’exécution du budget 2025, lequel relève de la responsabilité de l’exécutif actuellement en fonction jusqu’à la fin du mois. Il n’aurait pas été acceptable que le prochain gouvernement soit conduit à présenter ou à justifier les résultats de gestion de l’équipe sortante." C’est pourtant exactement ce qui va se passer.

Un simple jeu d’écriture comptable, mais pas sans conséquence

La majorité constituée autour du "pacte de gouvernance" (Les Loyalistes, Rassemblement et l’Éveil océanien) a en effet déposé une motion préjudicielle afin d’ajourner l’examen du texte, adoptée à 28 voix (l’UNI s’est abstenue et Kanaky NC a voté contre). En cause : une erreur d’écriture comptable dans le budget propre, qui fait apparaître un résultat cumulé "fictif" de 27,9 milliards de francs. De l’argent qui, en réalité, n’existe pas, du moins en grande partie, parce qu’il ne prend pas en compte le remboursement de 23,3 milliards d’avances de trésorerie octroyées par l’État en 2024, à la suite des émeutes.

Alcide Ponga l’expliquait, en commission. "Les difficultés rencontrées résultent des modalités particulières selon lesquelles certaines aides et certains financements ont été comptabilisés." En clair, les prêts ont été comptabilisés dans la section investissement, alors qu’ils ont servi à financer du fonctionnement, "ce qui est interdit normalement", indique Milakulo Tukumuli (EO), très probable futur président du gouvernement. Il s’agit, selon l’élu, "d’un problème de conformité". Et afin de le régler, les représentants attendent une réponse de l’État, "qui doit arriver dans les semaines qui viennent".

Pour Alcide Ponga, il faut désormais "clarifier les méthodes de traitement budgétaire et comptable des concours financiers apportés par l’État", et aboutir "à une doctrine claire et partagée concernant la comptabilisation de ces opérations".

Mission transpartisane

Une réponse de Paris nécessaire, considère Jordan Courtot, vice-président du groupe Rassemblement, afin de poursuivre les travaux. "D’une simple erreur comptable, on se retrouve avec des problématiques en cascade. On a peur d’être obligés de basculer plus tard des sommes d’un budget à l’autre, et on préfère ne pas avoir à le faire, parce que la situation économique et budgétaire est déjà assez problématique." L’objectif est donc bien que cela ne vienne pas affecter les budgets suivants. D’où la proposition de reporter l’examen du compte administratif au mois de septembre, avant de poursuivre avec le budget supplémentaire 2026.

Afin de remédier à cette discordance, une délégation transpartisane, représentant le 19e gouvernement et les formations politiques du Congrès, est prévue fin août, pour en discuter avec l’État. "L’idée est qu’à son retour, on puisse se positionner en ayant cette visibilité sur le compte administratif 2025, mais aussi sur les budgets à suivre", développe Naïa Wateou, cheffe du groupe Les Loyalistes.

Au-delà de cette question, c’est la situation financière globale de la Nouvelle-Calédonie qui sera abordée lors de ce déplacement, les réformes à engager, ainsi que l’argent à trouver pour terminer l’année. Il manquerait environ 12 milliards de francs.

Par Les Nouvelles Calédoniennes