« Nous avons créé toute une panoplie d’outils pour accompagner les jeunes entrepreneurs », détaille Philippe Blaise, 1er vice-président de la province Sud pour notre partenaire Actu.NC. Des outils encore largement méconnus...
«Ce n’est pas en saupoudrant des subventions qu’on fait avancer les choses, soutient Philippe Blaise, 1er vice-président de la collectivité. L’idée pour les pays insulaires comme le nôtre est de miser sur l’accompagnement du capital humain, comme le fait déjà la Polynésie française ». C’est ainsi que la Maison bleue a mis en place un éventail d’aides pour faire revenir de jeunes Calédoniens diplômés dans les entreprises locales ou les inciter à se lancer dans la création de leur propre activité.
Les aides en faveur des jeunes diplômés calédoniens
Ce dispositif, instauré en 2020, vise à faire revenir en Nouvelle-Calédonie de jeunes Calédoniens de moins de 35 ans, ayant obtenu des diplômes de l’enseignement supérieur (BAC+5) sur le territoire, en métropole ou à l’étranger. « Par Calédoniens, il faut entendre les personnes ayant été scolarisées au moins 10 années en Nouvelle-Calédonie avant leurs études supérieures », précise Philippe Blaise. La première aide vise à encourager ces jeunes à réaliser une première expérience professionnelle sur le Territoire.
L’émanation provinciale subventionne les entreprises calédoniennes qui optent pour ces profils dans le cadre d’une création d’emploi supplémentaire. Ainsi, lors de l’embauche d’un jeune diplômé calédonien en contrat à durée indéterminée (CDI) ou en contrat à durée déterminée (CDD) d’une durée de 12 mois ou plus, l’employeur est exonéré des charges sociales relatives à cet emploi pendant une durée de 18 mois. « On croit fort à ce dispositif car il a un gros effet de levier sur le tissu économique », soutient le 1er vice-président
La collectivité entend aussi attirer les jeunes Calédoniens porteurs d’un projet entrepreneurial en province Sud par une aide à l’investissement pouvant atteindre jusqu’à 5 millions de francs. Deux projets de création dans l’informatique ont déjà bénéficié de ce soutien. Les jeunes entrepreneurs peuvent aussi compter sur le Bureau des Investisseurs, pour développer leurs projets de business en province Sud. Un guichet d’accueil provincial, piloté par Isabelle Laran depuis avril 2020, qui accompagne les entrepreneurs désireux de s’établir en Calédonie dans la jungle administrative (institutions, administrations, banques, chambres consulaires, organisations syndicales et patronales) et les met en relation avec d’éventuels partenaires locaux à la recherche de soutiens extérieurs pour développer de nouveaux marchés ou produits. De quoi faire gagner un temps précieux aux porteurs de projet.

Des prêts aidés aux jeunes artisans
Suite à l’instauration de ces aides, la province Sud a été approchée par la Caisse de Crédit Agricole Mutuel de Nouvelle-Calédonie (CAM-NC) pour créer un dispositif similaire dédié à l’installation des jeunes artisans qualifiés. « Il y a un vieillissement de la population des artisans, alors qu’ils sont très représentés dans l’économie calédonienne, et la Chambre des métiers et de l’artisanat est demandeuse d’outils pour encourager la transmission d’entreprises et l’installation de jeunes jusqu’à 45 ans qui soient qualifiés », détaille Philippe Blaise.
La province Sud a ainsi signé une convention tripartite entre la CAM-NC et la CMA-NC par laquelle l’émanation provinciale subventionne les intérêts des prêts à l’installation de ces jeunes artisans de moins de 45 ans, certifiés qualifiés par la Chambre. « Ce qui va permettre à la fois de rajeunir la population et de garantir la compétence de ceux qu’on aidera ».
Un fonds pour les jeunes agriculteurs
« Les jeunes agriculteurs n’ont pas le droit à la défiscalisation pendant leurs deux premières années d’activité », explique le 1er vice-président. Pour compenser ce « handicap », la province Sud a validé le 17 novembre la création d’un nouveau fonds dédié. Dénommé « AGRI’EQUIP-PSUD », et établi en partenariat avec la CAM-NC, ce fonds vise à soutenir les jeunes agriculteurs de moins de 45 ans dans leurs projets d’installation ou de développement, via des prêts. L’émanation provinciale a apporté 100 millions de francs au fonds sur les 300 millions qu’elle entend lui consacrer. Si les prêts sont instruits par la CAM, la destination et les conditions d’octroi sont fixées par la province Sud. S’ajoute à cela le fait que la collectivité majore les subventions accordées aux jeunes agriculteurs de 10 %.

Un fonds dédié aux start-up
Dernier outil que la province Sud entend instaurer en 2022 : la création d’un fonds de capital-risque dédié aux start-up. Dans un premier temps, 50 millions vont être injectés dans ce dispositif via Promosud. Philippe Blaise dresse le constat suivant : « Il y a un accompagnement des start-up dans la phase d’incubation et d’accélération. Mais dès qu’il s’agit d’aller prospecter des marchés et de passer en phase industrielle, il manque des business angels pour leur permettre de passer un cap ».
Ce fonds spéculatif pour les investisseurs privés sera une réelle « pompe à start-up, où l’on accepte de prendre des risques sur des projets sachant que certains vont perdre de l’argent ». De quoi permettre à la Nouvelle-Calédonie de révéler pleinement ses « pépites technologiques qui intéressent le monde entier ».
En résumé, « tout un panel d’outils dédiés à accompagner l’entrepreneur. Des instruments, aujourd’hui naissants, pour miser sur le capital humain et l’entrepreneur en Nouvelle-Calédonie ». Philippe Blaise en est convaincu : « Si on veut sortir du piège du tout nickel, il faut créer les conditions pour faire émerger de nouvelles filières. Ces outils en font partie ».
B.Z pour Actu.NC























