Nouvelle-Calédonie : Des partis non-indépendantistes présentent leur projet de statut

Nouvelle-Calédonie : Des partis non-indépendantistes présentent leur projet de statut

Trois partis non-indépendantistes calédoniens ont présenté à la presse locale leur projet de société post-accord de Nouméa, basé sur une révision des compétences de l’État, de la fiscalité et de la citoyenneté.

Thierry Santa du Rassemblement-LR, Pascal Vittori de Tous calédoniens, et Alain Descombels et Pascal Lafleur du Rassemblement national, assurent mettre de côté leurs étiquettes politiques pour la présentation d’un « projet de société librement consenti autour des valeurs républicaines, océaniennes, chrétiennes et humanistes ». 

Un projet qu’ils auraient commencé à ébaucher au lendemain des législatives et qu’ils entendent naturellement présenter à la « Convention des partenaires » qui aura lieu les 27 et 28 octobre prochain autour de la Première ministre à Matignon. Après des mois de statuquo et de cristallisation des positions politiques, il est « désormais nécessaire d’engager les discussions tripartites sur l’avenir de la Nouvelle-Calédonie » a déclaré Élisabeth Borne. 

Thierry Santa, Pascar Vittori, Alain Descombels et Pascal Lafleur ont plus précisément présenté un préambule à la sortie de l’accord de Nouméa, balayant à la fois les questions de compétences, de fiscalité et de citoyenneté. Une ébauche qui, après sa présentation à Paris, devra être abondée dans les six prochains mois avant sa présentation finale. Et pour se faire, les quatre responsables politiques appellent à une large contribution.

« On va partager notre projet (…) au sein des non-indépendantistes mais aussi au-delà avec les indépendantistes » assure Pascal Vittori. « On espère bien avoir cet effet d’entraînement qui est souhaité par l’État puisqu’il a élargi ses réunions » a-t-il ajouté, défendant « une volonté d’aller au-delà des clivages politiques ».

Parmi les points saillants : le (dé)gel du corps électoral et la citoyenneté. Les partis non-indépendantistes sont unanimes sur leur souhait de dégel du corps électoral. « C’est un principe de base de notre démarche. On considère qu’un corps électoral figé, c’est la pire des choses pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie » explique Thierry Santa qui propose une « citoyenneté ouverte et inclusive ». Sur la fiscalité, jugée « pas pertinente » et « pas efficace », Thierry Santa plaide pour une refonte. 

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Autre point, qui pourrait rassurer les indépendantistes : le respect du droit inaliénable à l’autodétermination, « enprécisant les modalités selon lesquelles le principe de la libre détermination pourrait s'appliquer à l'avenir, sans fixer d'échéance ». « Nous devons nous interroger pour savoir dans quelle société souhaitent vivre les Calédoniens, au-delà du clivage indépendantiste et non-indépendantiste » a martelé Pascal Lafleur.

« Notre groupe de travail va offrir une contribution destinée à faire avancer la Calédonie » renchérit Thierry Santa. « Il y aura forcément des interrogations, des points à discuter. Mais il faut avant toute chose que le projet quel qu'il soit, convienne aux Calédoniens » ajoute l’ancien président du gouvernement. Pour ce qui est des deux autres grandes formations non-indépendantistes, Calédonie ensemble de Philippe Gomès et les Loyalistes de Sonia Backès, « nous attendons leurs propositions et, de notre côté, nous devons travailler notre projet » explique Thierry Santa.