Nouvelle-Calédonie : Déficit structurel et dépendance à l’investissement extérieur toujours marqué 2020 selon l’IEOM

©DR / Charles Baudry

Nouvelle-Calédonie : Déficit structurel et dépendance à l’investissement extérieur toujours marqué 2020 selon l’IEOM

L’Institut d’Émission d’Outre-Mer (IEOM) a publié son rapport sur la balance des paiements en Nouvelle-Calédonie en 2020. Très technique, le document met en exergue un habituel déficit structurel du territoire, impacté par la crise sanitaire et les problèmes liés à la production de nickel de l’Usine du Sud dans le cadre de sa vente, ainsi qu’une dépendance importante aux investissements étrangers, comme en témoigne le prêt contracté auprès de l’AFD en 2020.

La balance des paiements mesure les transactions entre les résidents et les non-résidents, c’est-à-dire entre les acteurs économiques qui exercent leur activité sur le territoire national et ceux qui exercent leur activité à l’étranger. 

Première observation, en 2020, le solde de la balance des transactions courantes s’est réduit pour s’établir à 25 milliards de Francs CFP (208 millions d’euros) de déficit, soit une amélioration de 39 milliards de Francs CFP (325 M€) par rapport à 2019. Une légère embellie principalement due à une amélioration du déficit commercial, qui se constate notamment par une baisse des importations plus importante que celle des exportations. 

Pour les transports aériens, naturellement impactés par la crise sanitaire qui a généré la fermeture des frontières, le déficit s’établit à 4,7 milliards de Francs CFP (39M€). L’absence de tourisme depuis le début de la crise sanitaire provoque également et logiquement une contraction des recettes des commerces calédoniens. 

Les versements publics brut sont stables, à 147,4 milliards de Francs CFP (1,2 milliards d’euros) en 2020, contre 148,5 milliards en 2019. Ces entrées de capitaux couvrent principalement le versement des salaires nets, cotisations sociales versées aux organismes calédoniens tels que la CAFAT, mais aussi les dépenses de fonctionnement, d’investissements et d’intervention des collectivités publiques et des forces armées. 

À ces flux entrants, s’ajoutent en 2020 les 28 Milliards de Francs CFP (233 M€) liés au prêt contracté auprès de l’Agence Française pour le Développement (AFD). 

Les entrées de capitaux étrangers, principalement liés à l’industrie du nickel, enregistrent un recul de 17,8 milliards de Francs CFP (148 M€) par rapport à 2019, pour s’établir à 60,2 milliards FCFP (501 M€). Des entrées de capitaux plus modestes qui s’expliquent notamment par des résultats nets des métallurgiste moins déficitaire en 2020 qu’en 2019. 

Contraction également des investissements sortants, principalement liés aux achats immobiliers des Calédoniens à l’étranger, qui représentent un total de 5,7 milliards de Francs CFP (47,6 M€), soit un recul de 2,4 Milliards (20 M€) par rapport à 2019. 

En cette période économique difficile marquée par la crise sanitaire, l’amélioration du déficit des transaction courantes est une indicateur global rassurant, mais qui se doit d’être considéré dans son contexte plus large et l’appel renouvelé du territoire aux capitaux étrangers, notamment français, qui ont été nécessaire à l’équilibre de sa balance budgétaire. 

Damien Chaillot