Ce dimanche 12 décembre aura lieu le troisième et dernier référendum d’autodétermination de l’accord de Nouméa. Pour l’occasion, Outremers360 vous propose cette semaine un décryptage des principaux enjeux de cette consultation, étape du processus de décolonisation de la Nouvelle-Calédonie.
Au total, 185 004 électeurs calédoniens seront appelés pour la troisième et dernière fois à répondre à la question : « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? ». Lors du premier référendum de 2018, ils étaient 174 165 puis 180 799 en 2020. Si les deux premières consultations ont été remarquables par le taux de participation, 81,01% puis 85,69%, le troisième devrait marquer une nette baisse de celui-ci.
En effet, les indépendantistes ont décidé de ne pas participer au vote dont ils souhaitaient le report à septembre 2022, invoquant l'impossibilité d'organiser « une campagne équitable » alors que l'archipel est touché depuis septembre par une épidémie de Covid-19, et que la population kanak est plongée dans le deuil. Restée longtemps exempt de Covid-19, l'archipel comptant 270 000 habitants, a été frappé par une vague de variant Delta, qui a fait 276 morts.
L'épidémie est depuis plusieurs semaines en repli, même si la circulation du virus reste active, avec un taux d'incidence oscillant ces derniers jours entre 80 et 100 cas pour 100 000 habitants, ce qui a incité le gouvernement à maintenir le scrutin. Face à cette décision, les indépendantistes ont prévenu qu'ils ne reconnaîtraient pas le résultat et le contesteraient devant les Nations unies.
Potentiellement, ce sont donc environ 71 000 électeurs (sur la base du nombre d’électeurs ayant voté oui à l’indépendance en 2020) qui, si les consignes de non-participation sont bien suivies, manqueront à l’appel ce dimanche. Le taux de participation devrait alors avoisiner les 50%, peut-être un peu moins, ou un peu plus. « La non-participation est un droit en démocratie », et « le fait de ne pas participer n'emportera pas de doute sur la sincérité » du scrutin, donc cela « n'empêche pas qu'il soit légitime au sens juridique du terme », a rappelé le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu.
Pour rappel, en Nouvelle-Calédonie, il y a trois listes électorales : la liste électorale générale (LEG) qui permet de voter aux nationales (municipales, législatives, présidentielles et européennes) ; la liste électorale spéciale provinciale (LESP) ; et la liste électorale spéciale pour la Consultation (LESC) permettant de s’exprimer lors du référendum.
Cette dernière, restreinte à plusieurs critères et mise en place par l’Accord de Nouméa, fait partie des sources de tensions politiques entre indépendantistes et non indépendantistes. Selon les termes de l’accord de Nouméa, il s’agit de poser « les bases d’une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie, permettant au peuple d’origine de constituer avec les hommes et les femmes qui y vivent une communauté humaine affirmant son destin commun ». Le corps électoral devrait naturellement être au cœur des discussions politiques post-référendum.























