Plan de convergence-Mayotte : Un avenant au contrat a été signé pour réajuster certains crédits sur des projets « mûrs »

© Préfet de Mayotte

Plan de convergence-Mayotte : Un avenant au contrat a été signé pour réajuster certains crédits sur des projets « mûrs »

Hier, le préfet et le président du Conseil départemental ont signé un avenant au contrat de convergence et de transformation 2019-2022. L’occasion de faire un point d’étape mais aussi et surtout de réajuster certains crédits sur des projets arrivés à maturité. Détails avec notre partenaire France Mayotte Matin

 

Ce jeudi 2 décembre, le Président du Conseil départemental Ben Issa Ousseni et le Préfet de Mayotte ont procédé à la signature d’un avenant au contrat de convergence. Le document initial avait été signé par le préfet Dominique Sorain en juillet 2019 à Paris. Pour rappel, ce contrat de 1 milliard 600 millions implique le Conseil Départemental, les intercommunalités et l’État qui ont tous apporté leur pierre à l’édifice pour constituer cette enveloppe. 

À un an de la fin du contrat, 576 millions d’euros ont été engagés en trois ans. Cela représente 53% des crédits totaux. 30% ont déjà été payés pour des projets en cours de réalisation. Il reste donc de gros efforts à fournir pour éviter que des centaines de millions d’euros ne soient perdus. À ce titre, l’avenant signé hier fait office de correctif. Certaines sommes ont été réaffectées à des domaines particuliers. En effet, des projets identifiés dans un premier temps ne sont pas prêts et pourraient ne pas l’être fin 2022. 

Engager, c’est payer 

Les réajustements portent donc principalement sur les projets « mûrs », prêts à démarrer si les financements sont au rendez-vous. C’est le cas par exemple des travaux du Quai n°1 en vue du projet gazier au Mozambique. Idem pour certains projets d’équipements sportifs liés à l’accueil des jeux des îles en 2027. Le président du Conseil départemental a rappelé que les sommes engagées ont déjà permis d’avancer sur les investissements routiers, les équipements sportifs, l’électrification rurale, les aides aux investissements des entreprises… 

Des travaux qui permettent « d’améliorer la vie quotidienne des mahorais. » De son côté, Thierry Suquet considère que ce point d’étape est « satisfaisant notamment face à la crise sanitaire qui n’a pas trop entamé la dynamique de programmation. » Le préfet a également annoncé que si la fin des engagements est actée en 2022, les paiements pourront intervenir après. En clair, engager, c’est payer. 

Par ailleurs, un nouveau dispositif sera sans doute négocié dans le cas où les crédits ne seraient pas tous utilisés. Dans le cas aussi où le nouveau gouvernement donnerait son aval, même s’il s’agit là d’une toute autre histoire. « L’objectif n’est pas seulement de faire des engagements de dépenses, mais de réaliser les projets, de les concrétiser. », conclut le délégué du gouvernement. 

Le compte n’y est pas dans certains domaines clés

© Préfet de Mayotte

Ce point d’étape a également permis de pointer les domaines dans lesquels le compte est encore loin d’y être. C’est le préfet qui a lui-même fait le constat des efforts à fournir dans certains secteurs clés. « Je me félicite des engagements qui ont été réalisés en matière de logements et de constructions scolaires dans le premier ou le second degré, confiait hier le délégué du gouvernement. Ça représente un soutien important de l’État qui sont prioritaires. À l’inverse, les 200 millions d’euros prévus pour la santé n’ont pas pu être engagés. C’est vrai en raison du covid mais on a des projets importants qui sont à venir et ces crédits ne sont pas perdus, au contraire. Le SEGUR de la santé est d’ailleurs venu renforcer l’engagement de l’État dans ce domaine. 65 millions d’euros supplémentaires ont été alloués à Mayotte. » 

Autre motif de frustration : le contrat de progrès qui concerne l’eau et l’assainissement. Selon Thierry Suquet, « nous n’avons également pas pu l’engager à hauteur des crédits qui étaient prévus. J’appelle de mes vœux une accélération pour l’année prochaine compte tenu des immenses besoins du territoire et nous y sommes confrontés tous les jours. Nous signerons un nouveau contrat de projets début 2022. » Il est effectivement très dommageable que les investissements dans ces domaines n’aient pas été engagés alors même que nous manquons cruellement d’eau depuis maintenant 5 ans. Enfin, des retards sont aussi à signaler concernant les projets de rénovation urbaine, même si le préfet assure que des reports de crédits sont d’ores et déjà prévus. 

Pierre Bellusci pour France Mayotte Matin