Face à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, le Centre hospitalier de Mayotte se tient prêt

Face à l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, le Centre hospitalier de Mayotte se tient prêt

Alors que l’épidémie de virus Ebola qui circule actuellement en République démocratique du Congo suscite l’inquiétude des autorités sanitaires internationales, le directeur du Centre hospitalier de Mayotte (CHM) a pris la parole dans la matinale de nos partenaires de Kwezi TV afin de faire un point sur la situation sanitaire du territoire.

« Je peux comprendre cette peur, elle est normale. C’est un vrai risque. Pour autant, le CHM, dans la continuité de toutes les crises qu’on a connues et de toutes les épidémies, se prépare effectivement », explique Jean-Michel Beaumarchais, directeur du CHM.

Depuis plusieurs années, Mayotte a déjà dû faire face à plusieurs crises sanitaires majeures, entre l’épidémie de Covid-19 et, plus récemment, celle du choléra. Des épisodes qui ont conduit les équipes médicales locales à développer des protocoles spécifiques de prise en charge et d’isolement.

Le directeur du CHM insiste toutefois sur un point : aucun cas n’a été détecté sur le territoire. « Il n’y a pas de cas au CHM, et par définition à Mayotte », rappelle-t-il. Mais dans un contexte de circulation internationale du virus, l’établissement hospitalier affirme avoir déjà anticipé les procédures à appliquer en cas de suspicion.

Toute personne identifiée comme cas suspect ou cas contact ferait immédiatement l’objet d’une prise en charge spécifique. « Le patient accueilli sera immédiatement isolé et des prélèvements seront faits », détaille Jean-Michel Beaumarchais. Le protocole prévoit également l’intervention de personnels équipés de protections adaptées afin de limiter les risques de transmission.

Le CHM travaille en coordination avec l’Agence régionale de santé, les autorités nationales ainsi qu’avec les services hospitaliers réunionnais. « Les deux régions se préparent à cette éventualité », souligne le directeur, rappelant que Mayotte n’est pas isolée dans la gestion de ce type de menace sanitaire. Mardi à Paris, le Premier ministre a aussi annoncé une mise sous surveillance sanitaire renforcée de l'île. 

Cette vigilance s’explique aussi par la situation migratoire du territoire. Avec les arrivées régulières de migrants par kwassa et la présence de ressortissants originaires de plusieurs pays africains, certains habitants craignent une introduction du virus sur l’île. La République démocratique du Congo reste aujourd’hui l’épicentre de l’épidémie avec de nombreux morts déjà causés par le virus. Sans céder à l’alarmisme, les autorités sanitaires reconnaissent donc la nécessité d’anticiper.

Lors de l’épidémie de choléra, le CHM avait déjà démontré sa capacité à isoler rapidement des patients dans des espaces dédiés afin d’éviter la propagation de la maladie. Une organisation qui pourrait de nouveau être mobilisée si la situation venait à évoluer afin d’éviter une catastrophe sanitaire sur le territoire.

Anthony Maltret pour France Mayotte Matin