Saint-Pierre et Miquelon subit aussi les facteurs structurels de la vie chère en Outre-mer, selon une récente étude de l’IEDOM

Saint-Pierre et Miquelon subit aussi les facteurs structurels de la vie chère en Outre-mer, selon une récente étude de l’IEDOM

À l’image des autres territoires ultramarins, Saint‑Pierre et Miquelon est confrontée aux facteurs structurels qui alimentent la vie chère en Outre‑mer. L’insularité, l’éloignement, la taille réduite du marché local et la faible intensité concurrentielle y prennent une dimension particulièrement marquante, d’après une étude de l’Institut d'émission des départements d'Outre-mer (IEDOM). Située à près de 4000 kilomètres de l’Hexagone, cette collectivité ultramarine, la plus petite de France, se caractérise par son isolement géographique, un marché de moins de 6000 habitants et une production locale limitée, entraînant une dépendance très forte aux importations.

La première étude comparative des prix, menée en 2022 par l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) en partenariat avec la préfecture de Saint‑Pierre et Miquelon, a révélé des écarts tarifaires importants entre l’archipel et l’Hexagone dans plusieurs catégories de biens et de services. À l’exception du secteur immobilier, le territoire connaît par ailleurs un taux d’inflation annuel supérieur à celui observé en moyenne en France.

Entre 2012 et 2024, les prix dans leur ensemble ont augmenté de 34,7% dans l’archipel, contre 21,5% sur l’ensemble de la France. « Cet écart est particulièrement marqué sur les articles d’habillement et chaussants (+62,2% à Saint-Pierre et Miquelon contre +5,9% en France), la santé (+27,0% contre -9,0%), les loisirs et la culture (+32,6% contre +9,4%) et les loyers d’habitation (+28,9% contre 15,7%) », détaille l’IEDOM.

« Parmi les postes de dépenses structurellement élevés, l’énergie occupe une place prépondérante dans le budget des ménages », constate l’étude. Le climat froid et humide de Saint‑Pierre et Miquelon entraîne des besoins de chauffage nettement supérieurs à ceux observés en France hexagonale. Même si les ménages bénéficient de tarifs réglementés pour l’électricité (fixés par l’État et encadrés par la Commission de régulation de l’énergie) ainsi que pour le fioul domestique, dont les prix sont déterminés par la préfecture, leurs dépenses énergétiques restent plus importantes que celles des foyers de l’Hexagone.

La sévérité du climat, combinée à des sols peu adaptés à l’agriculture, limite fortement les capacités de production locales. Saint‑Pierre et Miquelon doit ainsi importer la quasi‑totalité de ses biens, principalement du Canada voisin et de la France hexagonale, qu’il s’agisse de produits alimentaires, de biens durables ou de biens non durables.

L’insularité et l’éloignement géographique limitent fortement les possibilités de déplacement des habitants de l’archipel. Le transport aérien est assuré par la compagnie Air Saint‑Pierre dans le cadre d’une délégation de service public (DSP), financée par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). « La DSP vise à assurer la continuité territoriale et à modérer les tarifs face aux coûts structurels élevés du transport aérien. L’offre aérienne reste néanmoins trop restreinte pour satisfaire à la fois les besoins de mobilité et les exigences de maîtrise des coûts », précise l’IEDOM.

Dans le domaine de la fiscalité, Saint‑Pierre et Miquelon relève de la compétence de la Collectivité territoriale. Elle est basée sur un régime de taxation spécifique à l'importation, qui remplace la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). « Les taxes principales appliquées aux produits importés incluent : le droit de douane, la taxe spéciale, le droit d'entrée ainsi qu’un droit de débarquement de 2% », rapporte l’étude.

PM

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