Parentalité dans les Outre-mer : Un rapport sénatorial préconise la mise en place de politiques familliales adaptées aux réalités ultramarines et de favoriser un meilleur accompagnement des familles

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Parentalité dans les Outre-mer : Un rapport sénatorial préconise la mise en place de politiques familliales adaptées aux réalités ultramarines et de favoriser un meilleur accompagnement des familles

Pour soutenir la parentalité dans les outre-mer, un rapport sénatorial- émanant d'un travail conjoint entre la délégation sénatoriale aux outre-mer et la délégation aux droit des femmes-préconise ce mardi 11 juillet de faire de la prévention auprès des collèges et des lycées sur les séances obligatoires d’éducation à la vie affective et sexuelle et développer la prévention des grossesses précoces, de reconsidérer la place des pères dans les politiques familiales et mieux accompagner les jeunes familles.

 

« Apporter une meilleure connaissance des familles des outre-mer et de leurs besoins et de mieux accompagner les parents», tel est l'objectif poursuivi par le rapport présenté par les sénatrices Annick Billon, Victoire Jasmin, Elsa Schalck et le sénateur Stéphane Artano. Ils appellent à adapter les politiques de soutien à la parentalité aux défis et réalités des outre-mer. « En Guyane et à Mayotte, pourtant les deux départements les plus jeunes de France, les actions de soutien à la parentalité sont insuffisantes voire défaillantes», précisent les rapporteurs. « Il y a de multiples urgences dans ces territoires. Il y a beaucoup de familles précaires et en situation de vulnérabilités. Le taux de pauvreté est élevé, les difficultés sociales et économiques sont très nombreuses, l'illtetrisme et l'illectronisme sont très présents dans ces territoires. Il y a à la fois, répondre à toutes ses problématiques de politiques publiques qui doivent être adaptées. ll faut s'emparer de la question des grossesses précoces. La parentalité démarre avec la grossesse, avant l'accompagnement. Il faut accompagner ces femmes qui se tournent vers la  grossesse pour avoir un statut social»,souligne Annick Billon, présidente-rapporteure de la délégation aux droits des femmes.
"Il faut reconsidérer la place des pères dans les politiques familiales" en les associant davantage "aux dispositifs de soutien à la parentalité", car la "stratégie de survie économique en lien avec le versement des prestations familiales" peut avoir des "conséquences financières et éducatives", a indiqué Elsa Schalck, sénatrice LR du Bas-Rhin mardi lors d'une conférence de presse.

Les territoires ultramarins se distinguent par une forte prévalence de monoparentalité (59% en Martinique, 52% en Guadeloupe, 46% en Guyane et 38% à la Réunion contre 25% dans l'hexagone). Elle ne fait généralement pas suite à une séparation mais commence dès la naissance et se poursuit pendant la majorité de l'enfance, selon ce rapport issus des travaux de la délégation sénatoriale aux outre-mer et la délégation aux droits des femmes.
La part des naissances non reconnues par le père est également importante: 68% en Guyane, 63% en Guadeloupe, et 54% en Martinique contre 10% dans l'hexagone.
Lutter contre les grossesses précoces et/ou non désirées est également un "enjeu d'éducation et de prévention" qui nécessite de dispenser des "séances obligatoires d'éducation à la vie affective et sexuelle dans tous les collèges et lycées des outre-mer", soutient le rapport.
Par ailleurs, les sénateurs insistent sur l'importance "d'accompagner les parents le plus tôt possible, dans tous les moments de leur vie de parent, y compris les plus difficiles", et pour cela "renforcer les acteurs locaux de proximité et mieux coordonner les actions".
Les cinq dispositifs principaux de soutien à la parentalité (réseaux d'écoute et d'appui aux parents, lieux d'accueil enfants-parents, contrats locaux d'accompagnement à la scolarité, médiation familiale, espaces rencontres) et le programme des "1.000 premiers jours" sont inégalement déployés dans les outre-mer, ont constatés les sénateurs qui recommandent d'accélérer en l'adaptant, leur déploiement.

Ils préconisent aussi de "densifier les lieux d'accueil enfants-parents et les écoles des parents, en particulier en Guyane, à Mayotte et à Saint-Martin où des plans urgents de rattrapage sont nécessaires" et de "développer les mesures judiciaires d'aide éducative et d'aide à la gestion du budget familial".

« Nous avons des recommandations qui sont réalisables. Nous avons eu à discuter avec la Ministre déléguée à la petite enfance qui a pris une part active. Il y a une véritable politique gouvernementale car le 1er juin dernier, il y a des annonces visant à mettre des politiques publiques adaptées à la petite enfance. Nous voulons tout mettre en oeuvre pour la prise en compte de la parentalité soit une réalité et permettre aux familles de mieux prendre en charge leurs enfants», indique la sénatrice de la Guadeloupe Victoire Jasmin.

Outremers 360 avec  AFP